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Auteur:  Laird [ Lun Jan 14, 2019 17:35 ]
Sujet du message:  Re: Vivre au RSA

Je te comprends Sevenken. J'ai été comme toi à un moment. J'ai plusieurs diplômes dans différents parce que j'ai changé de nombreuses fois de métiers entre coupé de périodes de chômage. J'ai pas un haut niveau scolaire (Bac +1). Je trouvais le monde du travail horrible, irrespectueux, etc.
Aujourd'hui, je suis AVS (j'aide les enfants en difficulté scolaire avec ou non un handicap) dans une école primaire. J'adore le métier que je fais. Je suis même tombé amoureux de mon métier. Ne perd pas espoir de trouver ta voie et un métier que tu aimes. Oui, tu vas croiser de nombreux c** dans ton parcours professionnel. Ça ne sera pas facile tous les jours. Mais si tu as un rêve , fais tout ce que tu peux pour l'atteindre. Je te souhaite de le trouver.

Auteur:  sevenken [ Lun Jan 14, 2019 17:38 ]
Sujet du message:  Re: Vivre au RSA

Je n'ai pas vraiment perdu espoir non plus ne t'en fais pas.
En tout cas merci du soutien.

Auteur:  Laird [ Lun Jan 14, 2019 18:14 ]
Sujet du message:  Re: Vivre au RSA

SI cela peut t'aider. J'ai effectué un bilan de compétence qui m'a beaucoup aidé :)

Auteur:  Eustache [ Lun Jan 14, 2019 22:03 ]
Sujet du message:  Re: Vivre au RSA

Gé a écrit:
Donc oui, je sais ce que c'est le système qui t'écrase, les patrons qui te virent sans aucune raison valable... mais qu'on soit aussi pessimiste quand on a 20 ans, je trouve ça bien triste...

C'est surtout symptomatique de notre monde actuel. Et malheureusement, ça risque pas d'aller en s'arrangeant, avec la bonne petite crise économique de derrière les fagots qu'on va se taper, la lente mais sûre dérive autoritaire du pays, la décroissance, le dérèglement climatique, le futur épuisement d'un certain nombre de ressources et les invasions de réfugiés climatiques. Sans parler du Grand Débat qui va nous déboucher sur du beau, vu comme c'est parti.

Bonne année à tous :ninja:

Auteur:  Caïn Marchenoir [ Mar Jan 15, 2019 8:34 ]
Sujet du message:  Re: Vivre au RSA

Bon pour continuer sur la lancée pessimiste en relançant égoïstement sur mon cas personnel : je ne m'obstine plus : je me fais arrêter par une psychiatre de la MGEN dès que possible, je vais téléphoner aujourd'hui (c'est une dame connue pour prendre en compte la souffrance des enseignants).

Hier il y a eu un devoir commun, je me suis fait provoquer et insulter (de manière subreptice) par un élève (de fdp si vous voulez savoir l'insulte...quel charmant jeune homme surtout que ce n'est pas la première fois qu'il me fait des coups bas) que j'avais dû déplacer une énième fois et je ressens le mépris d'au moins 70% d'entre eux à mon égard, je ne les supporte plus même si dans le lot il y en a aussi qui sont intéressants. Mais le groupe rend tout impersonnel.

Durant un temps ce que je faisais c'était passer beaucoup de films en classe et ça marchait pas si mal du moins au début, c'était un compromis pour rester tout en touchant un salaire mais en ce moment je n'ai même plus envie car ils en profitent pour faire autre chose et sortent, par exemple, des cartes à jouer pendant mes cours ou autres jeux.

Aucun soutien de la part des collègues : une prof de maths qui devait prendre le relais de surveillance du ds arrive et me reproche devant les élèves d'avoir autorisé à sortir ceux qui avaient fini alors que "Monsieur le Proviseur" dixit n'avait selon elle pas donné son accord explicite et que les élèves étaient sous notre responsabilité.

Jamais vu ça : quand les élèves ont fini et qu'on est aux 2/3 du temps de l'épreuve on les laisse sortir, point final.C'est du bon sens. Surtout quand c'est un bac blanc. Ils sont fous dans ce lycée.

Tout cela est vraiment dommage car j'aurais pu tenir dans de meilleures conditions, d'autant plus que la période d'ici aux vacances d'hiver était extrêmement courte dans mon académie. Mais vu le peu de soutien, aucune chance. Et puis c'est une question de dignité humaine à un moment donné.

Entre l'indifférence et le mépris général, un collègue m'a quand même conseillé de m'arrêter hier quand j'ai craqué lors du déjeuner.

Auteur:  Norma [ Mar Jan 15, 2019 9:02 ]
Sujet du message:  Re: Vivre au RSA

Ceci est une parenthèse qui ne concerne pas directement le message de Caïn mais qui répond au micro-débat Gé/Sevenken/Eustache.

"Nya nya nya on va tous crever"
Sauf mon respect, vous faites chier un peu avec ce discours.

Oui il y a des batailles politiques à mener, oui y a des choses qu'on pensait à tord acquis mais qui sont remis en cause par d'autres camps politiques.
Oui, la montée de l'extrême droite et ses soutiens Russes m'inquiètent, et va falloir être sacrément pas con pour gérer l'intensification des flux migratoires liés au climat et sauver ce qu'on peut du réchauffement climatique.

Mais on est pas en train de passer dans un état autoritaire, sérieux.
On est dans une démocratie dans laquelle quelqu'un qu'on aime pas a gagné, et on est dans un cas très pourris où des gens inexpérimentés manifestent sans savoir faire correctement leur sécu (et en acceptant à leur cortège des identitaires puis en s'étonnant ensuite qu'ils soient violents), qui savent pas quitter une manif à temps, qui refusent de faire un cortège comme tout le monde alors que c'est plus facile ainsi pour éviter les dérives, et face à des CRS qui ne savent réagir à ces violences inhabituelle qu'à ça qu'en fonçant dans le tas.
Quand dans une manif t'as des gens qui balancent des pavés dans la gueule des CRS, montent des barricades et incendient des voitures c'est pas méga surprenant qu'en face y'ait une réaction non plus.
La réaction violente n'est clairement pas le bon choix, ça fait plus de mal que de bien, mais ce n'est pas le signe d'une dérive autoritaire, c'est le signe de manifs mal organisés et complaisantes avec ses éléments violents qui se heurtent à des agents de l'ordre mal formés.

Ca fait de belles situations de merde aevc de la violence policière (et de manifestants) mais on est pas dans un "régime autoritaire" qui réprimerait ses manifestants sciemment, non plus. Faut arrêter le délire.

Les accros aux droits qu'on voit (interdictions de manifester abusives, fichiers S) y'en avait tout autant sous Chirac, sous Sarko, sous Hollande, on a déjà gueulé à l'époque, plusieurs fois, à croire qu'on a la mémoire courte ...

La "crise économique" qui se prépare ?
Pire ou moins bien que 2007, 93, 78 ? On a l'habitude.
On est la sixième économie mondiale.
Au pire du pire, pendant une crise, on se retrouvera avec le niveau de vie du Danemark ou de la Belgique.
Allez, du Portugal en cas de grosse grosse crise.

Alors certes ça va faire dissonance avec cette image de plein emploi et d'opulence que se sont (et nous ont) mis en tête les baby boomers, on pourra pas tous se manger se côte de boeuf plaqué or chez salt bae, mais n'est-ce pas indécent quand on vit déjà mieux que 90% de la population mondiale de se plaindre d'avoir peur de vivre un peu plus comme tout le monde ?

L'épuisement d'un certain nombre de ressources : bin oui, c'est prévu, y'aura plus de pétrole. Et c'est anticipé, ça fait des années que les ingés bossent sur le renouvelable pour être au point attend, et on a encore assez d'uranium pour faire la transition.
Plus de pétrole = plus de plastique, vue comment on en fout partout ce sera pas plus mal.
Les terres rares utilisées dans les smartphones qui risquent de manquer ? Ce ne sera un problème que pour les pays où les smartphones sont vraiment nécessaire, comme en Afrique sub-saharienne. Les autres on s'en remettra.

Y'a actuellement dans le monde + d'égalité H:F que jamais, + de pays ne discriminant pas les LGBT que jamais, des mouvements en cours sur quasiment toutes les minorité de libération et de fierté, la fin du tabou sur les maladies mentales est amorcé, à côté de ça, partout dans le monde, le plus bas taux ever de mort en couche, de mort des enfants en bas âge, de mort prématurée de manière générale. De plus de plus d'accès à l'eau potable, de moins en moins d'illétrisme, de moins en moins de pauvreté extrême.

C'est une question de points de vues, on ne peut raisonnablement pas justifier son pessimisme globale par des évènements extérieur alors qu'autant si ce n'est plus pourraient nous faire tendre vers l'optimisme !

Pour en revenir au travail, il y a des problèmes sérieux de burn out causés par certaines techniques de management généralement tout droit importé des USA ou du Japon et qui sont très très en vogue dans les grands groupes, surtout ceux côtés en bourse. Et il faut d'urgence agir là dessus !

Mais cela ne résume pas tout le monde du travail !

L'ambiance est TRÈS différente que tu sois dans un grand groupe, fonctionnaire régie par le Ministère A ou le ministère B, dans une PME, dans une TPE, à ton compte, etc, etc.

Et bien sur, quand on voit un problème, on peut s'allier pour le résoudre, plutôt que fuir le milieu concerné !

Auteur:  Norma [ Mar Jan 15, 2019 9:07 ]
Sujet du message:  Re: Vivre au RSA

Caïn Marchenoir a écrit:
Bon pour continuer sur la lancée pessimiste en relançant égoïstement sur mon cas personnel : je ne m'obstine plus : je me fais arrêter par une psychiatre de la MGEN dès que possible, je vais téléphoner aujourd'hui (c'est une dame connue pour prendre en compte la souffrance des enseignants).

Hier il y a eu un devoir commun, je me suis fait provoquer et insulter (de manière subreptice) par un élève (de fdp si vous voulez savoir l'insulte...quel charmant jeune homme surtout que ce n'est pas la première fois qu'il me fait des coups bas) que j'avais dû déplacer une énième fois et je ressens le mépris d'au moins 70% d'entre eux à mon égard, je ne les supporte plus même si dans le lot il y en a aussi qui sont intéressants. Mais le groupe rend tout impersonnel.

Durant un temps ce que je faisais c'était passer beaucoup de films en classe et ça marchait pas si mal du moins au début, c'était un compromis pour rester tout en touchant un salaire mais en ce moment je n'ai même plus envie car ils en profitent pour faire autre chose et sortent, par exemple, des cartes à jouer pendant mes cours ou autres jeux.

Aucun soutien de la part des collègues : une prof de maths qui devait prendre le relais de surveillance du ds arrive et me reproche devant les élèves d'avoir autorisé à sortir ceux qui avaient fini alors que "Monsieur le Proviseur" dixit n'avait selon elle pas donné son accord explicite et que les élèves étaient sous notre responsabilité.

Jamais vu ça : quand les élèves ont fini et qu'on est aux 2/3 du temps de l'épreuve on les laisse sortir, point final.C'est du bon sens. Surtout quand c'est un bac blanc. Ils sont fous dans ce lycée.

Tout cela est vraiment dommage car j'aurais pu tenir dans de meilleures conditions, d'autant plus que la période d'ici aux vacances d'hiver était extrêmement courte dans mon académie. Mais vu le peu de soutien, aucune chance. Et puis c'est une question de dignité humaine à un moment donné.

Entre l'indifférence et le mépris général, un collègue m'a quand même conseillé de m'arrêter hier quand j'ai craqué lors du déjeuner.


Tu as bien fait de t'arrêter, tu n'es plus en état de continuer.
Profites de voir un psychiatre pour l'arrêt pour vraiment voir un psychiatre : ils peuvent t'aider dans ce cas de dépression.

Auteur:  Caïn Marchenoir [ Mar Jan 15, 2019 9:17 ]
Sujet du message:  Re: Vivre au RSA

Je ne suis pas encore arrêté et ça va pas se faire non plus du jour au lendemain et je risque de devoir y retourner cette semaine et même dès aujourd'hui pour rencontrer une quinzaine de parents d'élèves et dois corriger une centaine de copies de bac blanc pour des mioches qui me méprisent.

Je suis peut-être parano mais ton message semble nier les avanies effectivement vécues pour dire que tout est dans ma tête et vient de moi et de mon état dépressif, alors que quand je me consacre à mes passions je vais bien et c'est bien la mesquinerie de ce système qui me rend dépressif.

Mais bon, ça doit être moi qui délire : se faire mépriser à longueur de journée et traiter de fdp ou autres et les entendre parler ainsi entre eux est sans doute parfaitement normal.

Par ailleurs, je ne suis absolument pas d'accord avec ce que tu as écris sur l'artiste, ou plutôt cela m'a confirmé que nous n'entendions absolument pas la même chose par artiste mais je ne suis pas en état de débattre. C'est pour ça que je n'ai pas répondu.

Alala quel monde déshumanisé et déshumanisant (ou humain trop humain justement).

Auteur:  Norma [ Mar Jan 15, 2019 9:24 ]
Sujet du message:  Re: Vivre au RSA

Caïn Marchenoir a écrit:
Je ne suis pas encore arrêté et ça va pas se faire non plus du jour au lendemain et je risque de devoir y retourner cette semaine et même dès aujourd'hui pour rencontrer une quinzaine de parents d'élèves et dois corriger une centaine de copies de bac blanc pour des mioches qu me méprisent.

Je suis peut-être parano mais ton message semble nier les avanies effectivement vécues pour dire que tout est dans ma tête et vient de moi et de mon état dépressif, alors que quand je me consacre à mes passions je vais bien et c'est bien la mesquinerie de ce système qui me rend dépressif.

Mais bon, ça doit être moi qui délire : se faire mépriser à longueur de journée et traiter de fdp ou autres et les entendre parler ainsi entre eux est sans doute parfaitement normal.

Par ailleurs, je ne suis absolument pas d'accord avec ce que tu as écris sur l'artiste, ou plutôt cela m'a confirmé que nous n'entendions absolument pas la même chose par artiste mais je ne suis pas en état de débattre. C'est pour ça que je n'ai pas répondu.

Alala quel monde déshumanisé et déshumanisant.


Tu es parano.

Je ne nie pas que t'es face à une classe difficile et que tes collègues ne t'aident pas vraiment, ce que je dis, c'est que tu es clairement en dépression.
Ca ressort de tous tes messages.
T'as avant tout besoin d'aide et de soutien là dessus, d'un vrai arrêt de travail.
Un arrêt de travail ça peut venir très vite, les derniers amis en date ayant fait un burn out ont été arrêté par leur généraliste avec une ordonnance pour aller chez le psy, l'arrêt a été immédiat à partir du moment où ils ont eu le courage d'aller voir un médecin et de lui en parler.

Vas y, parles, en, prend ton arrêt, ne repousse pas ce moment.
Tu en as besoin.

Quant à la question des artistes, j'en côtoie, des artistes pro, que ce soit dans le boulot ou mes potes (voir même amis intimes) et genre pas "exceptionnellement" mais "au quotidien", donc j'en parle pas gratuitement, de nulle part, c'est fondé ce que je dis. Donc on pourra en discuter quand tu veux, quand t'iras mieux. Je parle de discuter, d'échanger des points de vue, pas de "débattre", car il ne s'agit pas ici de s'affronter.

Je suis pas là pour te casser, Caïn.
Je ne suis pas ton ennemie.
Je suis là pour t'encourager à prendre soin de toi, et à t'encourager encore plus à le faire dans le bon ordre des priorités.

Or, d'abord, c'est ta santé qui prime. Physique et mentale.
Ensuite, ce sera tes plans d'avenir pour assurer ta sécurité financière, le minimum vital.
Et enfin, ton épanouissement.

Tu peux pas faire la dernière étape tant que t'as pas repris des forces.

Auteur:  Norma [ Mar Jan 15, 2019 9:49 ]
Sujet du message:  Re: Vivre au RSA

Oh pis tu sais quoi ?
Merde des précautions.
Je te dis tout brut et tant pis si tu le prends mal ou si tu comprends rien à ce que je te dis.

Oui, le fait de prendre personnellement le fait qu'un ado t'insulte de fils de pute, de t'imaginer qu'ils te méprisent tous particulièrement, que les gens t'en veulent personnellement alors que ce sont juste des adolescents qui ne voient en toi qu'une figure d'autorité et d'adulte contre lequel ils réagissent sans chercher plus loin, c'est fonction de ta santé mentale, pas de la situation.

Des ados en rupture avec l'autorité traitent des enseignants ou des flics ou leurs parents de F de P ? Mais ce n'est pas une "avanie" contre toi, voyons ! Ca traduit le malaise et le problème de construction sociale de ces gosses mais t'es parfaitement interchangeable à leurs yeux avec "autre prof d'histoire" qui les fait chier juste parce qu'ils sont contraints d'être là et qu'ils préféreraient jouer à la play avec leur potes.
SCOOP : tu a choisis une voie professionnelle dans laquelle ton travail consiste à être au contact d'adolescents.
Je te présente l'adolescence. Enchanté.

Tu n'es pas malheureux quand tu fais tes passions ? C'est normal, ça veut pas dire que t'es pas en dépression juste que dans une situation où tu n'as aucune obligation, aucun danger, aucune interaction social tu te sens en sécurité. Ca s'appelle un loisir.

Mais à partir du moment où tu rajouterais des contraintes à tes passions pour en faire un vrai métier, tu ressentirais la même chose sauf que dans ta tête tu traduirais ça par "le milieu de l'art est pourris à cause de tous ces requins qui salissent la pureté de mes création par l'argent", alors que c'est juste "je suis incapable de faire quelque chose qui implique d'autres personnes que moi et des contraintes parce que chaque contrainte extérieur et chaque interaction sociale est une blessure étant donné que j'ai probablement un TSA et une dépression non soignée".

Mais continue à te tromper d'ennemie et à envoyer chier ceux qui veulent t'aider, hein, te gènes pas et surtout va pas chez le médecin : ça risquerait de régler tes problèmes et t'aurais plus de raison de te lamenter sur la société.

Auteur:  Eustache [ Mar Jan 15, 2019 12:04 ]
Sujet du message:  Re: Vivre au RSA

OFF-Topic :
En fait moi je suis content que le système actuel aille mal, y a des chances que ça change en profondeur, c'est cool. Après, malheureusement, ça va pas se faire dans les papillons et les licornes, hein.

Puis le glissement vers le régime autoritaire je disais pas ça pour les violences policières, plutôt pour l'absence de séparation - enfin j'exagère un peu, plutôt les séparations très très ambigües - entre les pouvoirs, la surreprésentations des intérêts privés en politique (via le lobbying ou les pots-de-vin notamment) ou les médias (qui en France appartiennent en grande partie à des grands groupes industriels), la fracture énorme entre la vision des choses de la classe dirigeante et le reste des gens (y a qu'à voir les réponses à côté de la plaque que fournissent Philippe ou Macron aux Gilets Jaunes)... plus le fait évidemment que l'Etat contrôle toutes les forces armées, ce qui arrange pas forcément les choses dans ce contexte. Mais ça fait des années et des années que ça augmente, c'est pas le monopole du dernier président.

Enfin bon, je vais arrêter avec ça parce que ça n'a absolument rien à voir avec le sujet du thread. Désolé. :ninja:

Auteur:  Caïn Marchenoir [ Mar Jan 15, 2019 15:54 ]
Sujet du message:  Re: Vivre au RSA

Bon, Norma, je sais me remettre en question pense qu'il y a une grande une part de vrai dans ton second message (même s'il est cash).

Je dis ça après avoir fait quelques trucs qui m'ont permis de prendre du recul (dont boire du vin :) ).

Ce matin j'ai fait une sortie avec mes élèves, évidemment vu mon état d'esprit j'appréhendais énormément et bien ils sont très différents en extérieur, c'était sympa et certains m'ont beaucoup surpris de manière favorable. Et le côté personnel revient dans ces situations, vraiment il faut libérer du budget pour l'éducation nationale pour qu'on emmène plus souvent nos élèves en sortie et qu'ils ne conçoivent pas le lycée comme une prison mais comme un lieu de transition ouvert sur le monde.
Je crois que le fond du problème ce ne sont pas les élèves en tant que personne, c'est l'école comme institution qui les rend agressifs et blasés et ils se "vengent" en faisant le bordel dans les cours des profs les moins sévères.

Pour mon état dépressif, oui sûrement et depuis longtemps mais pour moi c'est complètement confondu avec un tempérament artistique justement, c'est ce que j'essayais d'expliquer.

Pour moi artiste, c'est plus un état d'esprit qu'un métier, c'est une faculté (et d'un certain point de vue une malédiction) à voir le monde et à ressentir les phénomènes sous un certain aspect qui n'est pas celui du commun des mortels. Et pour moi ça ce n'est pas juste avoir des idées ; comme tu disais, tout le monde a des idées.
La question de la production et de gagner sa vie est très secondaire. Beaucoup d'artistes très connus n'ont été reconnus que posthume et ne vivaient pas de leur art. J'avais vu l'exposition Henry Darger qui m'avait beaucoup touché il y a deux ou trois ans, bouleversante, et pourtant, de son vivant, il créait dans le secret.
Beaucoup d'écrivains vivaient aussi dans la misère.

Auteur:  [ Mar Jan 15, 2019 18:09 ]
Sujet du message:  Re: Vivre au RSA

Norma a écrit:
Ceci est une parenthèse qui ne concerne pas directement le message de Caïn mais qui répond au micro-débat Gé/Sevenken/Eustache.

"Nya nya nya on va tous crever"
Sauf mon respect, vous faites chier un peu avec ce discours.

Oui il y a des batailles politiques à mener, oui y a des choses qu'on pensait à tord acquis mais qui sont remis en cause par d'autres camps politiques.
Oui, la montée de l'extrême droite et ses soutiens Russes m'inquiètent, et va falloir être sacrément pas con pour gérer l'intensification des flux migratoires liés au climat et sauver ce qu'on peut du réchauffement climatique.

Mais on est pas en train de passer dans un état autoritaire, sérieux.
On est dans une démocratie dans laquelle quelqu'un qu'on aime pas a gagné, et on est dans un cas très pourris où des gens inexpérimentés manifestent sans savoir faire correctement leur sécu (et en acceptant à leur cortège des identitaires puis en s'étonnant ensuite qu'ils soient violents), qui savent pas quitter une manif à temps, qui refusent de faire un cortège comme tout le monde alors que c'est plus facile ainsi pour éviter les dérives, et face à des CRS qui ne savent réagir à ces violences inhabituelle qu'à ça qu'en fonçant dans le tas.
Quand dans une manif t'as des gens qui balancent des pavés dans la gueule des CRS, montent des barricades et incendient des voitures c'est pas méga surprenant qu'en face y'ait une réaction non plus.
La réaction violente n'est clairement pas le bon choix, ça fait plus de mal que de bien, mais ce n'est pas le signe d'une dérive autoritaire, c'est le signe de manifs mal organisés et complaisantes avec ses éléments violents qui se heurtent à des agents de l'ordre mal formés.

Ca fait de belles situations de merde aevc de la violence policière (et de manifestants) mais on est pas dans un "régime autoritaire" qui réprimerait ses manifestants sciemment, non plus. Faut arrêter le délire.

Les accros aux droits qu'on voit (interdictions de manifester abusives, fichiers S) y'en avait tout autant sous Chirac, sous Sarko, sous Hollande, on a déjà gueulé à l'époque, plusieurs fois, à croire qu'on a la mémoire courte ...

La "crise économique" qui se prépare ?
Pire ou moins bien que 2007, 93, 78 ? On a l'habitude.
On est la sixième économie mondiale.
Au pire du pire, pendant une crise, on se retrouvera avec le niveau de vie du Danemark ou de la Belgique.
Allez, du Portugal en cas de grosse grosse crise.

Alors certes ça va faire dissonance avec cette image de plein emploi et d'opulence que se sont (et nous ont) mis en tête les baby boomers, on pourra pas tous se manger se côte de boeuf plaqué or chez salt bae, mais n'est-ce pas indécent quand on vit déjà mieux que 90% de la population mondiale de se plaindre d'avoir peur de vivre un peu plus comme tout le monde ?

L'épuisement d'un certain nombre de ressources : bin oui, c'est prévu, y'aura plus de pétrole. Et c'est anticipé, ça fait des années que les ingés bossent sur le renouvelable pour être au point attend, et on a encore assez d'uranium pour faire la transition.
Plus de pétrole = plus de plastique, vue comment on en fout partout ce sera pas plus mal.
Les terres rares utilisées dans les smartphones qui risquent de manquer ? Ce ne sera un problème que pour les pays où les smartphones sont vraiment nécessaire, comme en Afrique sub-saharienne. Les autres on s'en remettra.

Y'a actuellement dans le monde + d'égalité H:F que jamais, + de pays ne discriminant pas les LGBT que jamais, des mouvements en cours sur quasiment toutes les minorité de libération et de fierté, la fin du tabou sur les maladies mentales est amorcé, à côté de ça, partout dans le monde, le plus bas taux ever de mort en couche, de mort des enfants en bas âge, de mort prématurée de manière générale. De plus de plus d'accès à l'eau potable, de moins en moins d'illétrisme, de moins en moins de pauvreté extrême.

C'est une question de points de vues, on ne peut raisonnablement pas justifier son pessimisme globale par des évènements extérieur alors qu'autant si ce n'est plus pourraient nous faire tendre vers l'optimisme !

Pour en revenir au travail, il y a des problèmes sérieux de burn out causés par certaines techniques de management généralement tout droit importé des USA ou du Japon et qui sont très très en vogue dans les grands groupes, surtout ceux côtés en bourse. Et il faut d'urgence agir là dessus !

Mais cela ne résume pas tout le monde du travail !

L'ambiance est TRÈS différente que tu sois dans un grand groupe, fonctionnaire régie par le Ministère A ou le ministère B, dans une PME, dans une TPE, à ton compte, etc, etc.

Et bien sur, quand on voit un problème, on peut s'allier pour le résoudre, plutôt que fuir le milieu concerné !


:amour: :amour:

Auteur:  Caïn Marchenoir [ Mar Jan 15, 2019 20:30 ]
Sujet du message:  Re: Vivre au RSA

Je viens de voir le message de Faucon Pélerin et je me demande si AVS ne me correspondrait pas mieux qu'enseignant car j'adorais les cours particuliers et j'ai eu des dizaines et des dizaines d'élèves différents avec tous leurs spécificités, j'aimais tisser des relations particulières, ça me faisait du bien, c'était bien moins invasif et bien moins difficile à gérer que le groupe, par contre j'imagine que le salaire est assez maigre non?

Auteur:  Sarablue [ Mar Avr 30, 2019 13:37 ]
Sujet du message:  Re: Vivre au RSA

Je reviens d'entre les morts pour répondre à un sujet d'il y a 3 mois mais c'est pas grave.
Alors, AVS c'est quand même le bas de la chaine alimentaire, les très bas étant les AED (les assistants d'éducation).
Un AVS (Auxilliaire de vie scolaire) est payé à temps plein moins que le smic.
Par exemple, celles qui bossent dans mon école sont payées 24h à un peu plus de 500€.
Là où leur statut est plus enviable que celui des AED, c'est que l'an dernier, les AVS ont eu enfin le droit d'être CDisés au bout de 6 ans de CDD là où les AED font 6 CDD et bye bye (toujours pas de pérennisation du statut à l'horizon...)
Les AVS peuvent être amenés à agir dans 2 cas différents :
1 : avec un seul enfant dont ils sont l'AVS majeur ou qu'ils partagent avec un autre AVS (un temps plein est de 24h en école primaire par ex...)
2 : en classe ULIS, c'est à dire qu'ils assistent l'enseignant auprès de tous les élèves (une classe ULIS comporte en moyenne 10/12 enfants).
Dans tous les cas, c'est un métier difficile car ce ne sont pas uniquement des élèves en en difficulté scolaire mais des élèves ayant des pathologie pouvant aller de la plus légère (dyslexie, dysprasie) à la plus lourde (trisomie, maladie mentale...)
Il faut avoir beaucoup de patience, beaucoup d'endurance mais ça peut être un métier intéressant.
Mais pas rémunérateur. Clairement pas. Et sans évolution de salaire jamais (à part le point d'index du smic).
Les seules personnes que je connais qui font ce métier sont soit des étudiants, soit des femmes mariées qui veulent un complément de salaire ou des personnes très peu diplômées ne pouvant aspirer à mieux.
Tout ça pour dire que des AVS il en faut, clairement, ça manque terriblement, mais il ne faut pas se lancer dans ce métier sans avoir bien pris en compte tous les tenants et les aboutissants car ça reste un métier moralement et physiquement éprouvant à la longue.

Bon courage en tout cas pour la recherche d'un nouvel équilibre.

Bon dans la foulée, j'ai lu tout le fil (hein tant qu'à faire) et alors voilà ce que j'ai à en dire (pour ceux que ça intéresse :D)
Jusqu'à récemment, mon expérience du boulot était hyper négative. J'avais eu des boulot qui me plaisaient mais qui ne payaient pas, des boulots qui payaient mais dont l'ambiance était horrible, des collègues à la noix ... Et puis la fatigue, le trajet ... Bref quand je me suis retrouvée au chômage en août 2016 (fin de CDD non renouvelable) j'étais vraiment prise le cul entre deux chaises.
D'un côté le besoin économique de me maintenir, d'un autre mes principes de vie qui ne cadraient clairement pas avec la société qui nous veut absolument productif.
J'ai vivoté aux assedics pendant 1 an, j'ai passé quelques entretiens, répondu à quelques annonces, pour le principe. Je postulais en priant pour ne pas trouver :lol:
Et un jour, une copine m'a dit qu'un poste se libérait dans son boulot. Qu'elle pouvait mettre mon cv dans la pile avant même que l'annonce ne paraisse (et après à moi de jouer...)
Je n'ai pas osé refuser parce que quand on est au chômage, on n'a surtout pas le droit de refuser du boulot, malheureuse !!
J'ai été appelée.
J'ai passé l'entretien.
J'ai été rappelée.
J'ai repassé un second entretien.

J'ai eu le poste.

Je démarrait le mois suivant (vacances scolaires obligent).
J'étais vraiment mal. A la fois soulagée et en même temps inquiète (ne pas être à la hauteur car il y avait plein de tâches qui m'étais inconnues (c'était un poste que je n'avais jamais occupé auparavant, pas du tout ma formation...), beaucoup de responsabilités, de polyvalence... et puis ce manque de motivation (39h/semaine !! mais je vais être crevée, je vais pas tenir blablablabla).

Bon.
Bientôt 2 ans plus tard : j'adore mon boulot. Je suis brillante à ce que je fais. Je n'ai que des éloges.
J'ai une équipe absolument adorable. Une cheffe vraiment géniale.
Je suis souvent crevée car le rythme peut être soutenu mais je crois que c'est un peu pareil pour tous les gens qui ont des boulot comme le mien.
J'ai démarré une dépression en début d'année 2019.
Je vais toujours mal. C'est très dur.
On a dû m'arrêter 1 semaine. J'ai pleuré car je voulais continuer d'aller bosser.
Je pense que je peux vraiment dire que mon boulot me sauve la peau en ce moment.
Je n'aurais JAMAIS cru dire ça et pourtant c'est vrai. Là, je suis en congés et j'en chie des barres.
Il me faut continuer à travailler avec mes médecins et avec moi-même pour retrouver mon équilibre personnel. Mais si je n'avais pas eu mon boulot comme dérivatif, mon équipe pour me soutenir, je ne sais pas ce que j'aurais fait.
Du coup, j'ai balayé certains de mes principes.
Oui, on est dans une société qui nous presse comme des citrons, les burn out sont légion et de plus en plus.
Mais, il y a encore, quand même des oasis, des lieux de travail qui échappent à ça et qui restent humains.
J'ai la chance énorme d'avoir trouvé ça. Mais je pense que ça doit exister (alors après c'est peut être rare, je dis pas) mais je pense qu'il ne faut pas hésiter à chercher, à postuler ici et là, parce que mon boulot ne doit pas être unique et qu'on peut réussir à aller bosser sans avoir envie de se pendre (bon après j'ai un salaire un peu nase mais j'ai une partie des vacances scolaires donc c'est mon choix d'avoir d'avoir accepté).

Bon courage donc.

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