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crise de la vingtaine et remise en question

 
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Pirlouit
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MessagePosté le: Jeu Juil 17, 2008 12:47    Sujet du message: crise de la vingtaine et remise en question Répondre en citant

Salut vous!

Attention, le message qui suit promet d'être long et ennuyeux.
Et égocentrique, cela va de soi.
Il se peut en outre que vous estimiez que je me prends la tête pour pas grand-chose et que je ferais mieux d'agir au lieu de réfléchir. C'est possible!

Par où commencer?
Décrire un ressenti n'est pas évident. Surtout lorsque l'on arrive pas à identifier clairement ce qu'il recouvre, d'où il vient et ce qui le cause.

Je vais essayer de dire le plus fidèlement possible ce que je ressens. Je crois que ça pourrait assez aisément se résumer en: qu'ai-je envie de faire de ma vie? Ma vie actuelle me convient-elle et ai-je envie de la changer? Quels sont mes rêves et suis-je prêt à me donner les moyens concrets de les réaliser?

Ca ressemble bien à un gros problème de motivation. Celui-ci touche à peu près tous les aspects de ma vie mais au premier chef mon avenir "scolaire" et professionnel. Bien évidemment. Je suis jeune. Mais plus tant que ça. Par conséquent, ça commence à me travailler.
Jusqu'à présent, je ne me suis jamais vraiment posé de question. L'orientation jusqu'au bac n'a pas posé problème. Elle n'a pas non plus posé de problème ensuite. J'ai toujours pu choisir la voie qui me tentait. Mais, justement, cette chance que j'ai eue, j'ai un peu l'impression que ça n'en a pas été une si grande que ça. J'ai l'impression, du coup, de ne pas m'être suffisamment posé de question et je me dis que me prendre quelques claques (échecs) dans la gueule m'aurait peut-être obligées à me forger une motivation ou tout au moins à réfléchir à mes objectifs. Oh, ouiiiii faites-moi mal!
Smile
Du coup, aujourd'hui, et ce sentiment dure depuis quelques temps, je remets en cause tout ça et j'en viens à me poser des tonnes de questions. Sur mes motivations profondes, que sont mes choix en réalité?
Se poser des questions et traverser une période de doute n'a rien de bien surprenant; il paraît.

Ce qui me gêne un peu plus et ce qui m'inquiète carrément pour le coup, c'est que cette crise se traduit par une démotivation s'exprimant par exemple par le fait de laisser traîner telle ou telle décision, par le fait de ne pas faire telle ou telle démarche indispensable à mon avenir ou encore par le fait de laisser passer une opportunité. Bref, comme si je voulais gaspiller la chance que j'ai ou que je voulais anéantir les efforts que j'ai pu faire jusque là.

J'ai beau me dire: mon grand, donne toi un bon coup de pied au cul et avance! Ou encore: ce que tu as fait ou pas fait jusqu'à présent, tu t'en fiches, à présent évite de louper ce qui est devant toi!
Je n'arrive pas vraiment à retrouver le courage d'avancer.

En parler avec mes amis, c'est une piste que j'ai déjà explorée. Ils sont de bons conseils; ils me soutiennent. Mais, je n'arrive pas à leur décrire l'ampleur de mon désarroi. J'avoue ne pas l'avoir fait lorsque ma crise existentielles a débuté; alors le faire maintenant n'est pas chose aisée. Lorsqu'on s'est caché derrière une façade d'optimisme pendant un moment, il est dur d'expliquer à quel point les questions qu'on se posait étaient importantes.
J'ai peur qu'ils soient déçus. Sentiment tout à fait ridicule, nous sommes bien d'accord. Ca n'enlèvera rien à mes qualités humaines de savoir que je fais telles ou telles études ou bien que je suis parti élever des chèvres dans les Cévennes.
Du coup, j'en viens à me dire aussi que finalement, celui qui a peur d'être déçu, c'est moi. Je me fixe une pression certaine; je me refuse à parler de mes échecs parce que dans le fond je pense que ce que je crains c'est de m'apercevoir que je suis pas aussi bien que j'aimerais l'être. Et là, on touche un de mes paradoxes, habituellement, je suis le premier, face à autrui, à dire que la valeur d'une personne ne se mesure pas à l'aulne de sa réussite mais plutôt à celle de son caractère, de ses qualités humaines, etc Pourtant, quand il s'agit de moi, j'ai l'impression que parler de mes échecs me rendrait moins intéressant, moins bien en somme.

Que faire donc?

Je me dis que la solution est avant tout en moi et que je suis le seul à pouvoir me sortir de là. De fait, même si ces derniers temps, j'ai plus abordé la question avec mes amis, je me suis mis tout seul dans cette solution de solitude. Le plus rationnel serait de se dire: oublie ce qui s'est passé, évite de te dire "j'aurais dû faire ceci ou cela et reprends tout du début". Mais, en fait je n'ai pas l'impression que ça marche dans mon cas. Comme s'il était plus simple d'attendre et de s'autodétruire à petit feu.

Arf, si certains sont passés par des crises plus ou moins similaires, je serais curieux de savoir comment vous vous en êtes sortis. Seuls ou pas. Avec ou sans aide. Avec ou sans méthode. Tout ça tout ça.

Et je suis aussi bien conscient que ce message est tout de même très confus!
Wink
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iorini
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MessagePosté le: Jeu Juil 17, 2008 13:31    Sujet du message: Répondre en citant

pirlouit : tu as été très clair.
tu as tellement participé à ce forum que nous discuterons très volontiers avec toi, à ton sujet, pour une fois.

je voudrais réagir très rapidement, en disant l'essentiel : non, ce que tu ressens n'est pas inhabituel, oui, il est extrêmement important que puisses exprimer ce qui te tracasse, pour mieux cerner ce qui te tracasse réellement au-delà des symptômes que tu décris.
Ou plutôt, tu cernes bien ce qui te tracasse réellement, c'est d'avoir l'impression de ne pas savoir où tu vas, et c'est cela que tu dois résoudre, et pour moi, la solution viendra petit à petit, il faut que tu puisses exprimer ce qui te convient dans ta vie actuelle, dans les possibilités qu'elle t'offre, ce qui te fait peur, et ce que tu peux rejeter, peut-être.
Il se pourrait que tu rejettes une certaine idée de conformité ou de normalisation, ou encore de superficiel, dans le mileu de tes études (si je me plante, ce n'est pas grave, ce n'est pas l'important, mais il y a surement quelque chose qui fait que tu ne t'y sens pas complètement à l'aise )
Je pense qu'il est important que tu exprimes ce qui ne te convient pas (dans tous les domaines, études, mode de vie, qualité des relations familiales, vie amicale et sentimentale), que tu n'hésites pas à te l'exprimer et à en parler à ceux qui sont capables de t'écouter.
Parce que j'ai la conviction qu'une fois cette phase de "rejet" digérée, exprimée, posée sur la table, tu pourras reconstruire ce que toi, tu veux.

Surout si en parallèle tu as travaillé sur les choses auxquelles tu tiens, sur lesquelles tu ne veux pas de compromis ni de petits arrangements, sur tes valeurs et tes idéaux, quoi.

en travaillant ainsi parallèlement sur les deux aspects, tu trouveras si tu peux continuer dans ta voie actuelle, qui doit pouvoir t'offrir des choses motivantes, ou si dois forcément aller vers autre chose.
et aussi si cet autre chose est de l'ordre d'une inflexion dans ta voie, ou d'un changement radical.
j'ai l'air de ne parler que des études, mais c'est plus à titre d'exemple, il s'agit d'agir, de réfléchir, sur ce que tu es dans ta totalité.

jusqu'à nouvel ordre, tu pourrais considérer que ce que tu vis est assez classique, mais je te demande d'être très attentif à ce qui se passe en toi, je ne voudrais pas que mes paroles qui se veulent rassurantes masquent un mal-être qui irait en s'accentuant, par exemple.

je t'embrasse bien fort pirlouit
iorini
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Yuhe
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MessagePosté le: Jeu Juil 17, 2008 14:14    Sujet du message: Répondre en citant

Tu sais Pirlouit, si tu as une prise de conscience c'est sans doute parce que tu as cumulé assez d'expériences pour pouvoir prendre un peu de recul et comme le dis Iorini ça n'a rien d'inhabituel, je pense que l'on passe tous par là.

Tout d'abord, désolé mais étant encore en plein de dedans, je n'ai pas de solution à te donner, quand bien même j'en aurais trouvé une, je pense
que nous avons en chacun de nous "notre vérité".

Ceci dit je peux peut être te donner un conseil. Avant tout de chose, poses toi et réfléchis à la situation de la manière la plus posée et la plus calme qui soit, mais cette fois ci sans penser à qui que ce soit d'autre, sans te soucier du regard "des autres", focalises toi uniquement sur le tien, sur ce que "tu" veux.

C'est vrai que ça peux paraitre bateau comme conseil, mais au final nous avons tous tellement pris l'habitude d'agir en fonction "des autres", du regard que ces personnes peuvent avoir sur nous, de ce que l'on souhaite rendre...

Penses uniquement à ton propre souhait, parce qu'il s'agit de ta vie, soit purement égoïste et si d'aventure tu souhaites changer certaines choses parce que tu ressens le besoin de le faire, même si c'est dur, alors fait le Very Happy !

J'espère t'avoir été un peu utile et sache en tout cas que nous sommes là, bon courage Wink
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Brutaldeath
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MessagePosté le: Jeu Juil 17, 2008 14:44    Sujet du message: Répondre en citant

Une fois n'est pas coutûme, je peux me reconnaître entièrement ( et je pèse mes mots, ça doit être du 95% de points communs ) dans ta description.

Pour ma part, j'ai fait ce qu'il ne fallait pas faire, je pense: j'ai ignoré ces questionnements et j'ai continué dans une voie qui n'est pas celle que j'attendais, comme un lâche. Je me suis menti à moi-même, par peur de gâcher ma vie, et finalement, je l'ai quand même fait.

Je m'en suis toujours pas sorti, enfin pas comme je le voulais. Ok, je termine des études d'ingénieur dans un domaine intéressant, avec des débouchés, etc. Mais au fond de moi, je sais parfaitement qu'à part si par miracle je me mets à me passionner pour ce que je fais, je ne resterai pas "longtemps" dans ce domaine. Pas parceque j'y comprends rien, mais parceque j'aimerai trouver ma voie à moi, celle qui fait que le matin je me lêverai heureux et motivé, et que celle-ci n'est pas la mienne, en tout cas pas pour l'instant.

Pour être honnête, tout cela a une répercussion énorme sur moi, et je ne compte plus les jours où je me sens carrément comme un "loser". Comme un débile, j'ai écouté les autres qui me disaient de faire des études parcequ'ils sont au chomage-etc, j'ai écouté mes parents qui me disaient "N'arrête pas maintenant, ça serait dommage de perdre 3 années d'études précédentes", bref, j'ai été lâche, j'ai plus fait confiance aux autres qu'à mon propre ressenti, et j'en passe.

La seule solution: suis tes impressions, tes sensations, car elles seules te diront quoi faire comme tu en as envie au fond de toi. Et assume-les.

Si t'es démotivé par rapport à faire ceci ou cela, c'est peut-être tout simplement qu'au fond de toi, t'en as strictement rien à foutre. Quand une chose nous tient personnellement à coeur, la motivation est là, il suffit d'avoir le courage de surmonter les obstacles et les difficultés mais je crois que c'est aisé si on a la volonté et l'envie.

Mes deux dernières années d'études ont été dures. Pas dures parce que les études étaient compliquées... Elles étaient compliquées ( j'suis dans un domaine spécial ), ça c'est sûr, mais ce n'est rien par rapport au nombre de fois où j'ai du me forcer à aller en cours, où j'ai du me forcer à me mettre au boulot pour telle ou telle chose qui ne m'intéressait pas forcément, où j'avais l'impression de perdre mon temps. Je devais relire 50 fois un paragraphe de 10 lignes pour le retenir l'espace de 2 semaines, alors que j'ai une très bonne mémoire jusqu'à retenir des détails anodins et des chiffres débiles pendant plusieurs années quand cela m'intéresse. Une de mes envies les plus récurrentes a été de tout envoyer valser d'un coup de tête et m'inscrire dans une agence d'Interim pour faire tout un tas de boulots débiles mais variés, jusqu'à peut-être trouver un domaine qui me plaise.

Heuresement, il n'y a que dans le côté études-professionnel où j'ai été con comme ça. Et j'ai de la chance, car ce que je fais me permettra de changer de voie ( domaine pluridisciplinaire au carrefour de la chimie, génétique, informatique et des statistiques).

Si tu ne te sens pas bien dans le carcan que la société essaie d'imposer, n'y rentre pas, ce n'est pas la peine. Ce n'est pas immature ou débile, c'est suivre sa propre voie. Moi, je m'y sens pas bien, en tout cas pas dans le modèle que je suis actuellement, et je suis sûr à 99,9999% que dans un futur plus ou moins proche, je vais carrément tout envoyer chier comme un rebel de supermarché et ça sera parfait ainsi. Seulement là, je suis à 2 doigts d'avoir un diplôme qui pourra toujours me servir de bouée de sauvetage, alors je le termine.

Bref comme j'ai dit, fait confiance à ce que te dictent tes impressions, tes sensations, tes envies, ta motivation. Je peux t'assurer qu'il vaut mieux être un maçon heureux de faire son boulot qu'un chercheur complêtement saoulé par son taf. J'en fais l'expérience. Et puis, un type malin et intelligent qui aime son boulot, quel que soit le boulot, je crois qu'il a la capacité à réussir socialement, devenir riche et j'en passe.
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Balthazar
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MessagePosté le: Jeu Juil 17, 2008 15:25    Sujet du message: Répondre en citant

Bon, une rémonse rapide parce que je suis au taf. Pirlouit, je peux d'autant mieux comprendre ton soucis que je suis passé par les mêmes doutes... C'est un peu le soucis des gens qui ont trop de veine au niveau scolaire : ça devient très facile de ne pas prendre de décision et de se laisser orienter sur une activité où on est bon, à défaut d'une activité qu'on aime.

Je ne peux parler que de mon exemple personnel... J'ai du refaire ma deuxième année (chose rarissime et honteuse à l'IEP, très peu de gens redoublent...) et à cette occasion j'ai commencé à douter et à envoyer balader pas mal de choses. Comme tous bon petit élève de l'IEP, je pensais vouloir devenir journaliste en arrivant parce que j'écrivais pas trop mal. Sauf que non, ça ne me plaisait pas, c'était uniquement une solution de facilité. Je faisais du chinois parce que j'avais commencé au lycée et que ça épatait tout le monde, etc...
Et quand je suis parti faire mon année Erasmus, j'ai tout passé à la chaux vive : j'ai arrêté le chinois, j'ai arrêté faire semblant de m'intéresser à la culture chinoise qui m'avait toujours ennuyé au possible, j'ai laissé tombé le journalisme et je me suis demandé ce que j'aimais faire dans la vie... Réponse : lire des mangas. Les mangas m'ont ramené dans l'univers de la BD franco-belge, puis des comics. J'ai retrouvé le plaisir que j'avais à lire de la BD quand j'étais gamin. J'ai commencé à re-dessiner, à re-lire des romans. Aujourd'hui, je bosse dans le milieu de la littérature fantasy, je suis entouré de geek et de gens qui étaient mes idoles pendant mes études (raaaah, on a reçu un mail de Boulet, cay la classe américaine Razz)...

Donc le conseil que je peux te donner, c'est vraiment de revenir à tes fondamentaux et te poser la question "qu'est-ce que j'aime ? qu'est-ce qui me fait triper dans la vie ? Qu'est-ce qui me fascine ? Dans quoi, depuis que je suis gamin, vais-je trouver du réconfort quand j'ai un coup de blues ?" La réponse sera pas forcément évidente, elle ne l'est jamais... mais les pistes devraient être bonnes. L'IEP a de nombreux défauts, mais c'est une école qui te laisse un maximum de portes ouvertes... profites-en Wink
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Brutaldeath
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MessagePosté le: Jeu Juil 17, 2008 15:36    Sujet du message: Répondre en citant

Et ça t'es arrivé à quel âge Balthazard, de tout envoyer bouler?

En tout cas, c'est vraiment la classe de faire ça. J'ai hâte de terminer enfin ces putains d'études, afin de me débarasser déjà d'un carcan.
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MessagePosté le: Jeu Juil 17, 2008 16:04    Sujet du message: Répondre en citant

Je comprends très bien tes interrogations.
J'ai eu une grave crise tous les dix ans.
Le jour de mes 10 ans, ma tante se jette par la fenêtre, c'est le début de pas mal de décès rapprochés dans ma famille, j'ai compris qu'on est peu de choses sur terre, alors que j'avais vécu très protégé auparavant.
À 20 ans, j'intègre une école assez prestigieuse, mais je m'aperçois qu'elle me correspond mal. Je vais quand même au bout des études, j'en tire un boulot qui me fera vivre un bout de temps (suite à 40 ans)
À 30 ans, je quitte le mec avec qui j'étais depuis presque 8 ans, le jour de l'An (j'aime bien les dates facile à retenir), je change de vie, moi qui passait le week-end à l'autre bout de la France pour m'occuper de mon homme, me revoilà libre, ce n'est pas si facile à gérer.
À 40 ans, j'envoie bouler mon boulot et mes diplômes durement acquis, je décide de partir au Canada avec mon mec, mes parents s'inquiètent pour ma retraite, je veux vivre comme j'en ai envie depuis si longtemps.
C'est en cours, les choses évoluent comme elle peuvent, mais les remises en cause, je connais.
Prochain rendez-vous : la crise de la 50aine !!
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MessagePosté le: Jeu Juil 17, 2008 16:40    Sujet du message: Répondre en citant

Je comprends très bien ce que tu ressens, Pirlouit, d'autant que je commence à peine à me sortir d'une remise en question en tous points semblable à la tienne.

Quand j'ai eu mon bac, je croyais déjà savoir qu'elle serait ma voie. J'avais déjà tout tracé : prépa, IEP, diplôme en évaluation. J'étais persuadé que c'était ce qu'il fallait que je fasse, à tout prix. Enorme déception : la prépa m'a fait chier à mourir et l'IEP, cette école que j'avais portée aux nues pendant toute ma scolarité, ne correspondait pas à l'image que j'en avais et donc, par conséquent, à ce que j'en attendais. Les cours que j'avais choisi sur le conseil et l'évaluation m'ennuyaient profondément et pendant toute ma seconde année, je suis allé en cours parce qu'il le fallait bien. Mais rien ne me passionnait vraiment. Même si extérieurement, je sais que je donnais l'impression de m'intéresser à ce que je faisait, intérieurement, c'était tout le contraire.

Il a fallu une sorte de "révélation" pour que je me sorte de cet état semi-végétatif : une conférence à laquelle j'avais assisté tout à fait par hasard. Restropectivement, je me suis aperçu que le sujet traité par le conférencier (les relations internationales et la sécurité internationale) m'avait en fait toujours intéressé. J'ai donc (au grand désarroi de mes parents) envoyé boulé les projets que j'avais tracé pour complètement changer mes objectifs. Et je rejoins Balthazar : la polyvalence des formations proposées par l'IEP est telle que je n'ai pas besoin de changer le type même de mes études. Dans ce genre d'école, on trouve toujours quelque chose qui nous intéresse.

C'est donc mon conseil : intéresse-toi à tout et n'importe quoi, même aux matières qui a priori te semblent farflues, absconses, inutiles ou ennuyantes. En fouinant dans tous les coins, tu trouveras bien quelque chose qui t'intéressera. Moi, j'ai eu un peu de chance car ça m'est un peu "tombé" dessus, totalement par hasard. Peut-être que pour toi, ça mettra plus de temps, je n'en sais rien. Mais je suis persuadé que tu trouveras ce qui te convients. Et quand on fait quelque chose qui nous intéresse, on a toujours l'impression d'être "utile" et que sa vie à un sens. Very Happy
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Pirlouit
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MessagePosté le: Jeu Juil 17, 2008 20:58    Sujet du message: Répondre en citant

Je n'ai pas encore le courage de vous répondre dans le détails. Mais je vous le dis dores et déjà je vous aime!
Very Happy
P******, ce que ça fait du bien d'être un minimum compris!

Merci encore!
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MessagePosté le: Jeu Juil 17, 2008 21:11    Sujet du message: Répondre en citant

Salut !

Je n'ai pas trouvé ton message confus, je m'y suis même reconnu ! J'ai vécu une situation similaire et j'avais ce même sentiment de me prendre la tête pour des futilités. Ceci au point que j'avais -autant que possible- caché ce passage à vide. Dans ce sens, tu ne réagis pas de la même façon et je trouve ta démarche très intéressante Wink

Pour ma petite histoire (en bref), j'avais 19 ans et je venais de passer une bonne première année de fac, dans la suite logique de mon bac ES. Je n'étais pas un étudiant excellent mais la filière me plaisait et je rigolais bien, le tout sans bosser de trop ! Les choses ont changées en deuxième année. La filière a été écrémée de 50% de ses effectifs dès le départ, puis d'autres ont suivi en cours d'année, dont une très bonne amie qui est allé se mettre au vert en province après une tentative de suicide. Je me suis retrouvé assez seul dans ma vie de tous les jours, mes résultats sont devenus insuffisants et -cercle vicieux oblige- je ne me plaisait plus à la fac. J'ai commencé à me poser beaucoup de questions sur moi-même et sur mon avenir. Le cap des vingt ans approchait et avec lui le sentiment de ne pas avoir fait grand chose de ma vie, de ne pas me connaître faute de ne m'être jamais véritablement posé de questions et d'avoir toujours pris le chemin par défaut. Parmi les nombreuses questions auxquelles je ne m'était jamais répondu figurait celle de mon homosexualité. Je ne l'avais jamais refoulée mais je ne l'avais pas acceptée pour autant. C'était en quelque sorte en suspens. J'étais provisoirement asexuel, car c'est particulièrement bête à dire, mais ce n'est pas forcément évident de se forger une identité homosexuelle sans avoir "testé".

Mais bon, quelles qu'en soient les causes, le point commun de nos histoires est bel et bien une remise en cause personnelle avec pour conséquence une démotivation totale. En ce qui me concerne, ça c'est traduit par un redoublement de ma L2, même si j'étais à deux doigts de l'avoir au rattrapage.

Qu'est-ce qui a fait évolué la situation ? C'est un évènement extérieur ! [Attention, ça deviens Bisounours... Very Happy]

J'ai rencontré mon premier copain via internet, mais de manière complêtement fortuite puisque le motif de notre mise en relation n'avait strictement rien à voir avec l'homosexualité mais relevait d'une passion commune. Tout s'est enchaîné très vite, c'était euphorique, je connaissais l'amour pour la première fois ! Mais surtout, j'ai repris confiance en moi, et même si j'ai eu de grosses désillusions par la suite, je savais un peu plus qui j'étais.

Depuis, je n'ai toujours pas encore toutes les réponses à mes questions mais j'ai repris le goût des études et de la vie en général.

Voilà, je n'ai pas de solution clé en main à te proposer, du moins pas plus que les pistes déjà données par les autres intervenants, mais je pense qu'une telle phase de remise en cause reste somme toute normale dans notre construction individuelle. Wink

Courage ! Gentil
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michka
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MessagePosté le: Sam Juil 19, 2008 16:41    Sujet du message: Répondre en citant

Salut Pirlouit !

Finalement je pense que pas mal de gens ont été confrontés à cette situation. Souvent au cours d'études supérieures ou à la fin de celles-ci.

Pour ma part j'ai fini par "décider" d'arrêter de me prendre la tête, c'est à dire de faire comme ça venait, avec les envies du moment et ce un peu dans tous les domaines : boulot, amis, etc.
L'énorme incovénient de cette solution, c'est que je me retrouve régulièrement avec des périodes de remise en question (ben oui, on a beau décider de passer outre, ca suffit pas...) auxquelles s'ajoutent le sentiment d'être faible, ou lâche, parce que justement je ne veux pas me poser ces questions. L'impression d'être engluée dans la routine.

Mais je peux aussi trouver des justifcations à ce comportement : il s'agit de profiter de ce que l'on a, sans chercher toujours autre chose. D'ailleurs je pense sincérement qu'il y a des choses à apprendre ou à découvrir, des gens à rencontrer, dans toutes les situations, même si on n'a pas l'impression de vivre "sa" vie pleinement.

Tu peux aussi te dire qu'on ne fait pas un choix une fois pour toutes. Il y aura toujours des occasions de changer de voie professionnelle, par exemple. Malheureusement, même passée la crise de la vingtaine, j'imagine qu'on aura longtemps des occasions de se demander si ça n'aurait pas été mieux si on avait fait autrement ... Confused

Bon courage !
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zphyr
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MessagePosté le: Dim Juil 20, 2008 17:43    Sujet du message: Répondre en citant

Salut, Pirlouit !
J'ai tardé à te répondre parce que je ne savais pas par quel bout commencer. Alors compte-tenu de ce qu'on dit les autres, je commence par la fin.
Ce qui est sûr, c'est que ton orientation générale me semble très bien te convenir : tu manies très bien les concepts politiques (au sens noble du mot) et les idées, tu analyses, synthétises pour rendre intéressants tout ce que tu appréhendes. Donc, tes études ont un sens : elles te correspondent plutôt bien.
Toutefois, il faut passer la porte du monde concret, du boulot de tous les jours qui va te faire gagner de l'argent. Ben, c'est dur pour tout le monde ! Et on a tous commencé (sauf les profs qui ont eu leur concours en sortant de la fac) par un petit boulot qui se rapprochait plus ou moins des Belles Etudes qu'on avait fait.
Ne t'en fait pas trop, donc, jette-toi à l'eau et à l'expérience tu ajusteras le tir, jusqu'à trouver le boulot qui t'épanouira (du moins je te le souhaites) mais si ce n'est pas tout de suite, ça sera dans un an, dix ans peut-être, mais ces années te feront l'expérience qui te manque tant !
Cherche suivant tes intuitions, en sachant que l'erreur est une composante de la vie et que quoiqu'il arrive, tu te connaîtras de mieux en mieux !

Bonnes vacances et courage. Wink
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Moonagedaydream
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MessagePosté le: Lun Juil 21, 2008 10:07    Sujet du message: Répondre en citant

Moi aussi, je me suis beaucoup retrouvée dans ton post.

Cette année a été très dure. Perte de motivation générale, perte d'intérêt pour absolument tout... Tout ce sur quoi mon intérêt était incontestable jusqu'alors me laisse à présent indifférente. Mes études semblaient vraiment intéressantes, sur le papier, et finalement, ce doit être moi, mais... pas vraiment.
J'étais passionnée de musique, j'apprenais en autodidacte plusieurs instruments, puis... je n'ai plus eu envie de jouer.
Je m'investissais dans beaucoup de thèmes de sciences humaines, puis... ça m'a lassé.

Petit à petit, je me suis repliée sur moi même. Je n'ai plus eu envie de voir mes amis, je ne voulais plus sortir. Je restais tout le temps devant la télé à regarder des séries, etc.

Surtout, je ne voyais pas vers quoi ma vie allait, de quoi allait etre fait mon avenir, puisque plus rien ne me plaisait.
Et j'étais une vraie éponge, qui dégorgeait en permanence.

Poussée par ma copine, je suis allée voir mon médecin, qui m'a prescrit, à très faible dose, un antidépresseur. Puis il a un peu augmenté la dose.
Poussée par le forum, je suis allée voir une psychologue. Ca me soulageait sur le coup, mais finalement, ça n'a rien donné.
Alors, mon médecin a encore augmenté la dose d'antiD.

Là, j'ai rendez vous cher un psychiatre demain Confused

En me prenant en charge, j'ai décidé de m'en sortir, de ne plus boire la tasse comme ça. Et petit à petit, et malgré ce que tu dois penser à la vue de mon parcours médical qui va en s'empirant, je me sens mieux qu'il y a quelques mois.
Je retrouve petit à petit de l'intérêt pour certaines choses, je me remet à lire, je me suis forcée à sortir, et je me suis fait de nouveaux amis.
Tout ça parce que je me suis laissée du temps pour faire le point avec moi-même.

Tout ça pour te dire qu'il ne faut pas que tu perdes confiance en toi, et en la vie. Tout comme le dit Zphyr, tout porte à croire (de ce que je peux lire ici) que ce que tu fais te correspond bien, et que par conséquent, tu trouveras d'une façon ou d'une autre ce qui te plaît. Et si ce n'est pas tout de suite, ça viendra, incontestablement.
Prends le temps, pendant ces vacances, de voir ce que tu attends vraiment de ta vie, et surtout, de prendre du temps pour toi.
Qu'est ce qui, en dehors des études et de l'avenir professionnel, te plaît et t'intéresse assez pour te redonner confiance en l'avenir ?

Pour ce qui est de tes amis, continue à te confier à eux, mais surtout, enlève toi cette vilaine pression que tu te mets ! Ce n'est pas parce que tu parles de ce qui ne va pas que tu perds de l'intérêt, pour tes amis.

Bon, je n'arrive pas du tout à te dire ce que je voudrais. Je ne t'ai donné aucun conseil utile, mais ce que je peux te dire, c'est que d'expérience, en parler sur le forum est le premier pas vers la remontée !

Bon courage ! Gentil
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