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Potiron Distin-Gay


Sexe:  Inscrit le: 24 Juil 2005
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Posté le: Dim Avr 09, 2006 12:30 Sujet du message: |
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Je pense que jamais dans l’Histoire on a été dans l’ensemble plus spiritualiste que matérialiste. Penser, se détacher des contingences matérielles, est un luxe. Les mystiques n’ont jamais représenté une grande partie de la population. Il n’y a qu’à observer la religion populaire des ruraux de France : fortement teintée de matérialisme, ils priaient les saints pour améliorer leur quotidien matériel : plus de rendement, moins de maladies, un bon mariage, une conjoncture naturelle clémente, et j’en passe… Chaque saint était un spécialiste guérisseur de maux particuliers. Ce n’est pas le recul de la religion ou de la spiritualité qui signe un retour au matérialisme, au contraire. D’ailleurs, j’observe que de nos jours, il y a un fort retour à la spiritualité individuelle, comme Arbor le dit, qui à mon sens ne signe pas un hiatus entre le matérialisme de la société et les aspirations individuelles plus métaphysiques, mais au contraire une façon de lier les deux un peu différemment de ce que la tradition a appris. Avant, il y avait une religion commune, sur laquelle chacun pouvait projeter ses aspirations à la fois matérialistes et spirituelles, avec un dosage différent suivant l’attachement de chacun aux bien matériels dans une perspective de survie (ce qui aboutit à un clivage riche-pauvre néanmoins nuancé selon les paramètres individuels). Maintenant, on a le choix : plusieurs religions sont sur le marché : on choisit celle qui convient le mieux. Pourtant, la perspective, si elle semble plus consumériste et individualiste, est la même : on cherche à adapter la spiritualité à la vie quotidienne.
Or, les « intellectuels » du spirituel ne sont pas dans ce cas. Ils cherchent une réponse qui dépasse les envies quotidiennes, qui explique pourquoi ils sont là et de quelle nature est la cause première de leur existence et de l’existence de toute chose. Dans ce cas-là, je pense que tu ne peux pas dire que la pensée actuelle est matérialiste. Elle est tellement diverse qu’elle n’entre pas du tout dans le schéma que tu dresses rapidement. Si je comprends la nature de tes observations, et que j’en partage certaines parties, je ne suis pas d’accord sur l’interprétation : d’abord, il faut dissocier l’élite intellectuelle du reste de la population ; ensuite, il faut bien remarquer qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil. Et d’ailleurs, peut-on vraiment penser en-dehors de la matière ? La philosophie matérialiste, bien loin d’être éloignée du spirituel, cherche à comprendre l’articulation entre les deux. Donc, forcément, le terme de « matérialiste » est très polysémique et difficile à utiliser dans une perspective de stigmatisation de la société « occidentale » contemporaine. Le matérialisme est aussi, une façon de comprendre la réalité du monde, qui n’est pas spécialement totalitaire : dire que l’homme est aussi un amas de cellules bien organisées, ce n’est pas nier l’existence de l’âme –qui reste indémontrable.
Alors si les gens d’aujourd’hui, particulièrement ceux des classes qu’on nomme moyennes, sont particulièrement consommateurs de tout, c’est parce qu’ils en ont les moyens et qu’ils ne cherchent pas nécessairement à avoir plus : pourquoi s’interroger sur ce qui ne sera jamais expliqué ? Contentons-nous de vivre bien, de vivre au mieux. Je ne suis pas loin de penser la même chose, parfois. En effet, comment mieux rendre grâce à la Cause première qu’apprécier ce qu’elle a mis à notre disposition ? Mais il faut remarquer que la consommation n’est pas incompatible avec une vie intellectuelle riche. La pensée n’est pas nécessairement ascétique.
Il faut remarquer certes que les sciences humaines et la réflexion philosophique ne sont pas nécessairement aussi bien considérées que les sciences dures. Mais là encore, il faut s’interroger et nuancer. Je crois profondément que l’atrophie de la pensée critique individuelle n’est pas due à l’importance accordée aux sciences dites dures –par opposition à quelles sciences molles, on se le demande. Mais c’est plutôt le contraire. On ne pense pas par paresse ; les sciences dures offrent ceci de très alléchant qu’elles permettent, lorsqu’elles ne sont pas maîtrisées, de renforcer et légitimer l’argumentation d’autorité qui peuple le discours politique, alors même qu’en réalité, pour ceux qui la pratiquent, il n’y a rien de vraiment sûr en statistique et en mathématique. Ainsi, les médias utilisent-ils souvent comme premier et seul recours les termes de « mathématiquement », « scientifiquement », « statistiquement », etc… Alors même qu’ils ignorent totalement la réalité des termes qu’ils emploient, ce à quoi ils font référence. Dire qu’un écart de deux points sur un sondage n’est pas significatif, c’est trop dur, ce serait avouer qu’on ne sait pas. Donc on dit que c’est mathématiquement significatif, et que le chiffre prouve ce qu’on raconte. La paresse de penser est aussi une façon de se protéger contre l’inconnu. Une façon de réagir à une conjoncture instable. C’est aussi encouragé par le Pouvoir, pas au sens où les gouvernements successifs font en sorte de décerveler les citoyens afin de les mieux mener à la baguette, c’est juste un mécanisme inhérent à tout pouvoir qui ne veut pas reconnaître que finalement, il a peut-être tort. Et l’Église en a autant usé que le pouvoir politique : l’argument classique du « nous on sait », de la convocation des experts qui n’en sont pas vraiment, c’est une manière d’affirmer sa supériorité intellectuelle sur le reste du monde, pas parce qu’on veut le dominer, mais parce qu’on veut perdurer et rester au pouvoir –fine nuance, très signifiante.
D’où cette déprise de la philosophie, couplée à cette déprise littéraire qui est due aussi à cette façon de placer au centre des évolutions le rendement, parce que la conjoncture mondiale a évolué vers le tout économique. On n’y peut pas grand-chose, je pense. Mais il faut se garder de tout noircir : des dynamiques contraires ont toujours lieu, qui s’affirment bien souvent. D’autant plus que les Arts et la philosophie n’ont jamais vraiment eu une place supérieure dans les sociétés occidentales : ils ont toujours été soit stigmatisés lorsqu’ils remettaient en cause le Pouvoir et utilisés à des fins d’ostentation ou de propagande dans le cas contraire. Donc… Le Pouvoir a toujours haï la pensée autre, question de survie.
Et, par conséquent, je ne pense pas que le scepticisme, le relativisme, blessent profondément la pensée, au contraire, ils l’enrichissent, lorsqu’ils sont bien appliqués. En ce sens, il est difficile d’admettre que la pensée trouve son aboutissement dans la réception d’un système idéologique préconstruit. On n’est pas à Ikéa : penser, c’est douter. C’est déconstruire, jauger, reconstruire ; juger de la solidité d’un système de pensée. C’est bien plutôt le dogmatisme qui blesse et détruit la pensée. Quoi qu’en dise Benoît XVI, l’interrogation relativiste est une des dynamiques les plus efficaces de la pensée, qui ne doit cependant pas être exempte de critique sur elle-même. Relativiser, c’est voir qu’il existe autre chose, et que cet autre chose peut aussi être bon, en tout cas aussi légitime que ce que l’on connaît.
Cette façon d’affirmer que « tout a été dit », ce n’est qu’une façon de ne pas s’apercevoir de ses limites. Lorsque Lord Kelvin affirme au XIXè siècle qu’il ne reste que trois problèmes à résoudre en physique, il ne sait pas encore que ces trois problèmes, qu’il considère mineurs, vont déboucher sur la théorie du chaos, la relativité et la physique quantique… C’est parce qu’il avait une vision monolithique de la connaissance, parce qu’il croyait en effet tout connaître. Donc, vive le scepticisme et le relativisme, ça aère la pensée !
Édit :
Oups, j'ai oublié un truc important : l'économie de pensée est aussi due de nos jours à la concomittance de deux faits. D'une part, la nécessité du rendement et de la compétitivité, qui font qu'on n'a pas forcément le temps de penser à d'autres choses que ce que l'on connaît, et que l'on se repose sur "ceux qui savent" pour se faire une opinion, sans chercher à plus s'interroger dessus lorsque leurs dires rejoignent peu ou prou ce que l'on pense déjà (phénomène de confirmation bien classique). D'où le recours aux experts de deux minutes lors des informations : la complexité des situations est telle que l'on donne une explication rapide et compréhensible par la plupart, qui ne laisse pas tellement la place à l'interrogation. S'informer réellement représente en effet un investissement considérable en temps, ce que tout le monde n'est pas prêt à faire, ni en a la possibilité. D'autre part, la compexification et la spécialistation des savoirs et des connaissances fait qu'il n'est tout simplement pas possible de penser objectivement tout. Donc, on essaie de penser sur ce qu'on sait, sur ce qu'on connaît, mais on ne sait pas nécessairement si ce que dit l'expert est vrai, ni s'il est l'expression d'une majorité consensuelle et raisonnable ou s'il est en-dehors de ce que la communauté scientifique pense. Donc, paf, voilà des arguments pour nuancer un peu cet argument de l'articulation entre pouvoir et Savoir dans les sociétés "occidentales".
Dernière édition par Potiron le Dim Avr 09, 2006 13:48; édité 1 fois |
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MilkInMyCup Like a Virgin


Sexe:  Inscrit le: 03 Mar 2006
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Posté le: Dim Avr 09, 2006 12:57 Sujet du message: |
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Pas le temps, ni forcément le courage, d'étayer le débat, mais j'apprécie néanmoins le tour que Potiron a su donner à la discussion.
En tant que littéraire moi aussi (Arbor, nous sommes de la même secte... je veux parler de la khâgne bien sûr ), je trouve inquiétante la désertion des sciences humaines, dans les discours qu'on me tient au quotidien, et dans le manque d'intérêt que les gens y accordent, peut-être parce qu'en effet, notre monde est trop "matérialiste". Cependant, je ne pense pas que cette désertion soit un effet particulier de notre époque : comme l'a dit Potiron, la philosophie, tout comme les arts, n'a jamais été l'appanage que d'une minorité de "privilégiés"... Je pense aussi que les problématiques changent, et qu'il ne faut pas juger notre société dite "matérialiste" comme un gouffre de perdition pour les humanités... elle ne l'est pas plus ni moins qu'une autre, malheureusement d'ailleurs.
(Et puis, heureusement qu'il existe des intellectuels chrétiens ! (quoique perso, Péguy et Claudel me sortent par les trous de nez ). )
Voilà, je ne fais peut-être pas avancer le débat, mais en tout cas je prends plaisir à vous lire, particulièrement toi, Potiron  _________________ "Are you such a dreamer ?
To put the world to rights ?
I'll stay home forever
Where two & two always makes up five..."
Membre du CVAC. |
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lulu galipette Khîpequipique


Inscrit le: 30 Juin 2005
Localisation: bruxelles - montpellier - strasbourg - auvergne
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Posté le: Lun Avr 10, 2006 7:00 Sujet du message: |
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soupir, je suis sous médocs, et je suis incapable de me concentrer sur la totalité des réponses : pourtant :
vous avez mis longtemps à écrire vos réponses ou vous pensez toujours comme ça????
| Citation: | | Contentons-nous de vivre bien, de vivre au mieux. |
pour moi c'est comme pour toi potiron, vivre bien, c'est avoir l'aisance materielle et ne pas s'en priver. et je pense pareil, sauf qu'il ne me suffit pas d'avoir chaud d'être repue, et de posséder un ordinateur avec l'adsl pour être satisfaite. je ne peux pas vivre sans penser le mond equi m'entoure, sans explorer la pensée d'ailleurs, dautres hommes d'autres temps sans arrêt. Malheureusement, cette démarche est rendue extrêmement ardue. Bon vous ne vous en rendez peut-être pas compte là en khagne, mais personnellement je travaille parcequ'il faut bien, et je suis arrivée en doctorat. Si vous y arrivez aussi vous serez surpris alors, de voir le nombre impressionnant d'émbuches délibérées qui sont posées sur le parcours. Non content la recherche est dans un état pitoyable, côté sciences "dures" quand je vais à des doctoriales, j'ai l'impression que biologistes, matémathiciens, et physiciens, pour géniaux qu'ils soient n'ont aucun libre arbitre et ne font qu'accèter de travailler dans la voie qui leur a été dictée par X grand ponte. Côté littréature et philosoohie, d'abord en littérature la démarche est nécessairement totalement personnelle, propose souvent de nouvelles techniques d'investigation, etc. mais ceci ,n'est absolument pas reconnu. Nous nous heurtons alors à des questions du type : "ha? mais qu'est-ce que ça aporte"? de la part des scientifiques responsables de la communication et de la vulgarisation de la chose, oua des "ha? mais pourquoi n'avez vous pas mordu sur tel et tel autre domaine au bout de tant d'années?' sans s'aperçevoir qu'ils parlent anthropo, socia psycho quand nous avons fait de la littérature. La philosophie est absente à 100/100 de ce type de conférence...et tous les thésard en philo que j'ai croisé (bon y en a d'autres je n'ai pas le monopole!) bossent sur platon. haem.
quand je dis culte du vieux je dis ceci : après plus de 8 ans de littérature force m'est de constater que la modernité pour eux s'arrête à proust. parfois si on a du bol on va jusqu'à sarraute et le nouveau roman, si on lit les gommes on a de la chance. et puis comme son nom l'indique à ce roman, là on s'arrête et on ose pas trop en parler. Je bosse sur un auteur qui n'a aucune notoriété. (enfin ça change) et j'ai ouvert les portes de trois facultés avant de trouver un prof qui ne me réponde pas "bossez plutôt sur hugo."
en philo, il n'y a qu'à ouvrir n'importe quel manuel de présentation pour lire "histoire de ..." " histoire de...." et en revanche on a beau feuilleuter longtemps on ne trouve jamais " penser tel et tel problème" ou " réfléchir sur..."
d'ou mon désespoir. Mais y a pas de problème avec le reste je suis d'accord et je ne pense pas du tout qu'il faille êtres ascétique pour penser correctement...je suis la première à me gaver de cochonneries quand je bosse!  |
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Potiron Distin-Gay


Sexe:  Inscrit le: 24 Juil 2005
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Posté le: Lun Avr 10, 2006 11:27 Sujet du message: |
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Argh, je crains bien écrire un post indécemment long... Tant pis
Arbor --> Ici se précise donc ce que je subodorais de notre différend. Je considère le scepticisme et le relativisme comme un moyen, et non une fin (ce que tu présentes, sur le modèle de ce que l’Église fait). L’Église a d’ailleurs trop tendance à taxer de relativiste toute proposition qui induirait un questionnement épistémologique sur le système de représentations et de pensée catholique, de matérialiste tout ce qui veut prendre en compte les situations particulières, tout ce qui dit que le divin n’est pas tout.
Je ne connais pas les discussion sur l’encyclique Humanae Vitae, mais je suis certaine que plusieurs personnes avaient des arguments raisonnés et réfléchis, parfaitement légitimes, pour contrer la position du pape. Mais bien sûr, c’est les autres que l’on retient. Je te donne un exemple, qui m’est venu en tête à la lecture de l’encyclique : l’Église part du principe que Dieu gouverne toute procréation, ce qui induit un problème avec la contraception, parce qu’elle bloque de façon humaine l’œuvre de Dieu. En gros, c’est l’argument principal. Bon. Mais ne peut-on pas plutôt penser (et là, je ne dis pas tant ce que je pense que ce que je pourrais penser en tant que chrétienne, ie adhérant à des postulats définis sur la procréation et la complémentarité homme-femme etc…) que Dieu, en créant l’homme et la femme, a initié un processus de reproduction, qu’il maîtrise dans sa totalité mais non dans le détail. En clair : Il a donné la possibilité aux êtres humains de se reproduire, a ordonné à Abraham de croître et se multiplier, mais n’intervient plus dans ce processus a posteriori. Ce qui fait que là, la contraception serait tout à fait acceptable d’un point de vue chrétien et théologique : elle ne remet pas en cause la procréation, mais la diffère, et ne menace en rien l’intervention de Dieu, puisque celle-ci n’a pas lieu. Une objection cependant à mon observation : c’est dissocier dès le départ exercice de la sexualité et procréation. Mais là encore, ça peut se justifier sans contrevenir aux préceptes divins. Comme ce n’est pas le sujet, je pourrai y revenir plus tard ; ce développement sert juste à montrer qu’on peut avoir de bons arguments théologiques contre la vision vaticane.
Pour en revenir à notre débat, tu trouveras toujours des exemples radicaux pour illustrer tes propos. Je te demande donc de les mettre en perspective : il y a toujours eu, il y aura toujours, des imbéciles qui, par économie de pensée, t’affirmeront que Dieu existe, c’est sûr, et qu’il faut le prier à cloche-pied, sinon ça ne compte pas, ou que tous les systèmes de pensée sont valables ou du moins de même valeur, du nazisme au hippisme en passant par l’adoration du dieu brin d’herbe. Il faut donc faire la part des choses. Je peux te sortir l’exemple d’une bigote extrémiste qui pétitionne pour les commandos anti-avortement (et en fait partie), contre les homos –incarnation du Mal, suppôts de Satan, et qui vit entourée d’images pieuses (ce qui lui vaut plusieurs enfants dans les ordres, à son grand regret). Ne crois-tu pas que cet exemple aussi illustre la mort de l’âme ?
Les soirées mondaines n’illustrent, à mon sens, pas nécessairement l’emprise du matérialisme chez les personnes qui y participent : il faut tenir compte des situations individuelles. Mais dans le cas que tu présentes, qui est assez radical, sans doute peut-on y discerner un attachement trop grand au paraître social. Et, oui, c’est assez inquiétant pour ces gens qui se sentent obligés d’aller quelque part pour ne pas perdre une richesse qui n’est qu’illusion. Par contre, ce que je souligne avec force, c’est que ce n’est pas du tout un fait nouveau. Matérialisme des riches, attaché au capital économique et au capital social, matérialisme des pauvres attaché à la problématique vitale de la subsistance. On n’est pas à une époque plus matérialiste que les autres : on est juste victime d’une très mauvaise mémoire et d’un effet-loupe. D’autant plus que les médias jouent un rôle de catalyseur et de miroir déformant à cette réalité. D’autre part, soulignons qu’il ne faut absolument pas confondre le matérialisme philosophique ou scientifique avec un matérialisme qu’on peut appeler consumériste (les soirées mondaines sont dans ce cas). D’un côté, on dit que tout est matière pour penser le monde –et, bizarrement, ce n’est pas nécessairement incompatible avec la présence du spirituel, qui ne serait que la conséquence de mécanismes matériels et physiques–, d’un autre, on cherche à accumuler le plus possible de « choses brillantes » (argent, relations sociales, etc…). Si le second peut découler du premier, il ne l’a pas attendu pour apparaître, et n’en est que l’application radicale. En sus, le premier n’est certainement pas la théorisation du second.
Peut-on alors interroger la doctrine de l’Église sans encourir l’accusation de relativisme ? Je ne veux pas paraître moins ouverte que je ne l’ai été jusqu’ici, mais j’aimerais que l’Église réfléchisse à une chose : l’accusation de relativisme a caractérisé tous les systèmes politiques et idéologiques à vocation totalitaire… Cf. le stalinisme et le maoïsme. Je ne dis pas que l’Église catholique romaine est de ceux-ci aujourd’hui, ou qu’elle l’a été avant : en effet, elle ne s’adresse qu’à ses membres. Si d’autres ne veulent pas adhérer à sa doctrine, ils peuvent sortir. Il n’y a pas de danger, autre que cette « mort de l’âme » que tu observes. Toutefois, elle devrait s’interroger sur cette dynamique récurrente qui la pousse à éviter de se confronter à un véritable problème en le disqualifiant d’office. L’intransigeance dont fait preuve l’Église est peut-être source de fidélité à la Parole. Mais elle comporte aussi intrinsèquement le danger d’un aveuglement. Le relativisme, tout comme le scepticisme, ne sont pas ces réalités monolithiques que tu décris dans leur version la plus radicale. J’avais bien compris que tu ne parlais que de la mise en pratique presque totalitaire de ces deux mécanismes de pensée. Je voudrais juste noter que ce n’est ni nouveau, ni majoritaire, ni homogène. Il y a des distinctions à opérer, que, je le regrette, l’Église n’opère pas souvent.
| Citation: | | il me semble qu'il y a des questions qui engagent trop la vie et son sens pour que l'on accepte de ne pas se les poser sérieusement. Je crois que l'existence de Dieu en fait partie. | Certes, mais si on conclut à une indétermination (agnosticisme) ou à une négation (athéisme), deux positions aussi légitimes que l’affirmation de son existence et la façon dont on le qualifie, qu’en est-il ? On devient matérialiste, relativiste, plus-que-pécheur ? La question est de savoir s’il peut y avoir une morale sans Dieu, et pour ma part, je pense que oui.
Pour les experts, le père Tony Anatrella, s’il ne faut en citer qu’un, contemporain. Sinon, le pape, les cardinaux, les prêtres, jouent ce rôle à des échelles diverses, selon leur fonction, leur contexte, les époques. Le « nous on sait », c’est ce qui découle de cette fonction d’expert. Nous, on a lu, nous, on a été appelés, nous, on peut comprendre –qui se transforme en on a compris, etc… Si tous sont bien loin d’y avoir recours de façon autoritaire, ils n’en ont pas moins une autorité reconnue de guide, de pasteur, chez leurs ouailles. Rien que dans Humanae Vitae, on le voit clairement : « nous avons convoqué ces experts », dit le pape, afin de légitimer sa décision. Elle ne provient pas de sa réflexion personnelle, que l’on pourrait croire trop partisane, non, elle vient de différents « spécialistes » et « experts ». Je ne condamne pas, je constate. S’il est vrai qu’on ne peut se faire une opinion sans s’être bien informé, il est révélateur que ces termes viennent appuyer un discours dont les principaux arguments sont des arguments d’autorité.
| Citation: | | Mais, consommation ne contient-il pas dans sa racine l'idée de destruction ? | Oui, mais destruction de ce que l’on consomme, pas de soi-même dans le processus de consommation.
| Citation: | | La raison peut-elle s'auto-fonder ? | Peux-tu expliciter, et dans la foulée dire en quoi la religion s’auto-fonde ? Car je suppose que telle est ta pensée.
| Citation: | | "Pourquoi s'interroger sur ce qui ne sera jamais expliqué ?" Pourrais-tu préciser le sens d'expliquer ici. | Eh bien, cet « expliqué », c’est donner une réponse qui paraisse assez satisfaisante pour que l’on cesse de s’interroger. Pour toi, Dieu est cette explication suffisante, pour moi, elle en est très loin, tout simplement parce qu’il faut y croire.
| Citation: | | Peut-être que notre problème est d'être sans cesse comme Saint Thomas. | C’est-à-dire, dans le doute ? Mais peut-être le doute est-il bon ? Ce qui m’agace le plus chez les catholiques, et j’en connais des pelles, c’est cette sorte de naïveté béate devant le principe divin. Il faut avoir confiance, se laisser aller dans les bras du Père qui est là pour nous, etc… D’accord, ça peut marcher pour certains. Mais, j’insiste là-dessus, si les religions se targuent d’expliquer le « pourquoi », elles ne souffrent pas la mise en question de ce pourquoi particulier qu’elles ont érigé en système de pensée. Moi, je me demande pourquoi on pense que c’est Dieu qui a créé le monde, pourquoi on pense que les hommes et les femmes sont différents et complémentaires, pourquoi il faut suivre un être humain sous prétexte qu’il a été nommé pape et que l’Esprit saint par conséquent l’inspire. Pourquoi il faut tellement croire à la Genèse qu’on en fait un récit métaphorique lorsque la théorie darwinienne apparaît… Pourquoi suivre des hommes qui s’auto proclament successeurs du Fils de Dieu. Pourquoi s’attacher à la Tradition alors qu’elle n’est que le fait d’humains.
Qu’est-ce qui me prouve qu’ils ont raison ? Ah, on en revient à cette question de preuve, oui. Je réclame des preuves parce que je pense que ce système auquel je suis confrontée n’est pas juste, et a tort. Parce que j’existe et que je ne suis pas entièrement compatible avec lui. Parce que oui, quand on te dit que tu es anormale, que tu es dans l’erreur, qu’on te considère dans ta propre famille comme un échec alors que tu as toujours été quelqu’un de bon, de serviable et que tu as eu un parcours scolaire presque irréprochable, que tu es bien sous tout rapport, que tu as confiance en l’Homme et en l’avenir. Juste parce que tu as l’audace de vouloir aimer une personne du même sexe. Ça, ça fait énormément souffrir, et ça fait aussi se poser beaucoup de questions. Lorsqu’on te dit « ma religion m’interdit » ou « je dis ça parce que ma religion le dit », n’es-tu pas atterré de la formulation, qui manifeste un arrêt total de la pensée ? Ma religion me dit (Mat. x, y), j’aimerais peut-être dire le contraire pour te faire plaisir, mais elle me dit… Et alors, on ne peut pas se poser des questions sur l’infaillibilité de la religion ?
D’ailleurs, je suis très loin d’être la seule dans ce cas. Et il n’est pas nécessaire d’être complètement en-dehors des modèles catholiques pour sentir le hiatus. Suffit d'ouvrir les yeux. Mais c'est vrai, ce n'est pas la religion qui doit s'adapter aux hommes, ce sont eux qui doivent s'adapter à la religion.
Oups, je m’emporte un peu. Je hais pourtant le misérabilisme…
Pour ce qui est des preuves de l’existence de Dieu, elles ont pu connaître un certain succès, mais ont été assez vivement critiquées par Kant. D’autre part, je me suis récemment intéressée aux « voies » de Thomas d’Aquuin, et je puis dire que 1 – Maritain ne les explique pas mieux que Thomas, et 2 – les mécanismes de nécessité entre les observations et la conclusion qui aboutit à l’existence de la cause première ne répondent pas à un principe de nécessité. Enfin, à mon sens. Mais bon, je ne suis pas non plus à la hauteur de Kant…
Enfin, tu as trouvé une certaine sérénité de l’âme en trouvant ce qui te convenait, même si ça n’empêche pas le doute. C’est bien pour toi. Moi, je ne l’ai pas trouvée dans la religion catholique, et j’ai acquis la conviction raisonnée qu’on peut penser bien et autrement. Ce que j’aimerais, c’est que les catholiques ne pensent pas toujours « en catholiques », c’est-à-dire ne reviennent pas sans arrêt au dogme pour expliquer leur position sur telle ou telle chose. Qu’ils se disent deux minutes : « Et si c’était autre chose ? », et qu’ils y réfléchissent sérieusement. Qu’ils puissent répondre à une question d’ordre philosophique, ou même théologique, sans y inclure leur croyance. Il y en a très peu qui font cet effort. Mais c’est peut-être tout bonnement impossible pour la plupart : adhérant à leur religion, les catholiques, comme tout religieux, adhèrent aussi à un système philosophique particulier, bien construit et expliquent à peu près tout à partir de postulats simples.
Lulu --> Je suis assez d’accord avec toi. J’ai aussi un besoin viscéral de comprendre le monde qui m’entoure –sinon, je n’écrirais pas des tonnes de pages à un inconnu dont je suis certaine de ne jamais partager les positions, du moins sur certains sujets :wink :.
Ça fait deux ans que je ne suis plus en khâgne et je vois bien qu’en effet, on met énormément de bâtons dans les roues des travailleurs des sciences humaines. Et encore, je suis en Histoire, ça doit être bien pire en Lettres, d’autant plus que c’est une destination-poubelle, comme la Psycho… Les diminutions des postes au CAPES et à l’agreg en sont les témoins pour la fonction publique d’enseignement. Les sucrages de moyens financiers en sont d’autres pour la recherche. C’est tellement vrai que l’histoire des chevaliers-paysans est inutile, que l’étude de la littérature est improductive, que la philo est une arnaque… Je me demande bien comment je vais faire pour financer mes recherches autrement qu'en travaillant à côté (vive l'enseignement).
Mais bon, il y a des dynamismes microstructurels qui encouragent la recherche dans ces domaines. Groupes spécialisés, colloques, ce genre de choses. Tout n’est pas perdu. Et puis, ma prof de Lettres en khâgne était une fan inconditionnelle de Mallarmé et de Duras. Ma prof de philo était une fan de psychanalyse et de Kant, élève de Deleuze –si je me souviens bien : je confonds toujours avec Derrida… Elle a d’ailleurs écrit un bouquin sur lui. Et puis, Platon est encore intéressant à étudier. Faut pas tout voir en noir
(et j'ai mis une bonne heure à écrire tout ça... ) |
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lulu galipette Khîpequipique


Inscrit le: 30 Juin 2005
Localisation: bruxelles - montpellier - strasbourg - auvergne
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Posté le: Lun Avr 10, 2006 15:19 Sujet du message: |
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| Citation: | | Lulu --> Je suis assez d’accord avec toi. J’ai aussi un besoin viscéral de comprendre le monde qui m’entoure –sinon, je n’écrirais pas des tonnes de pages à un inconnu dont je suis certaine de ne jamais partager les positions, du moins sur certains sujets :wink :. |
...peut-être mais c'est un débat génial entre deux personnes qui se respectent et s'estiment. Donc c'est un débat génial.
| Citation: |
C’est tellement vrai que l’histoire des chevaliers-paysans est inutile, que l’étude de la littérature est improductive, que la philo est une arnaque… Je me demande bien comment je vais faire pour financer mes recherches autrement qu'en travaillant à côté (vive l'enseignement). |
...*soupir* bah. pareil. fatiguant quoi.
| Citation: | Et puis, ma prof de Lettres en khâgne était une fan inconditionnelle de Mallarmé et de Duras. Ma prof de philo était une fan de psychanalyse et de Kant, élève de Deleuze –si je me souviens bien : je confonds toujours avec Derrida… Elle a d’ailleurs écrit un bouquin sur lui. Et puis, Platon est encore intéressant à étudier. Faut pas tout voir en noir
(et j'ai mis une bonne heure à écrire tout ça... ) |
dingue! pile poil mes amours de toujours!!! la folie, je regroupe à moi toute seule ta prof de lettre et celle de philo! je note au passage qu'il est très mal vu d'un côté comme de l'autre de piocher des outils chez le voisin...bande de nouilles! et aujourd'hui à votre avis comment faire autrement???
bon sur ce je vais poursuivre dans la voie du cookies, je suis en train de mettre au point la recette révolutionnaire du cookies moelleux! [/quote] |
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fredouille Khîpe rieuse


Sexe:  Inscrit le: 29 Juin 2005
Localisation: gnaaaark, planete mars
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Posté le: Lun Avr 10, 2006 20:14 Sujet du message: |
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salut
tu vas dans la section accueil te presenter SVP
d'autre part ce site n'est pas un site de propagande. _________________ "Si tu offres ce qui est en toi, ce que tu offriras te sauvera. Si tu n'offres pas ce qui est en toi, ce que tu n'offriras pas te detruira" Apocryphe de St Thomas
=> il y a loin du fond à la porte |
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tribiout Khîpe coule


Sexe:  Inscrit le: 29 Juin 2005 Age : 25
Localisation: il est passé par ici, il repassera par là
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Posté le: Lun Avr 10, 2006 20:30 Sujet du message: |
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juste... pour les gens qui y comprennent rien à tout ca...
y'a pas une sorte d'algorythme des religions, un arbre qui explique de quelle religion découle telle religion, ce qui les oppose et tout et tout...
Non parce que la théologie c'est bien mais quand on connait pas la différence entre christianisme, catho, juif, protestants.. etc etc etc... bah on galère ^^ |
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captain Khîpe on movin'


Sexe:  Inscrit le: 30 Juin 2005
Localisation: Rendez-vous dans l'espace !
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Posté le: Lun Avr 10, 2006 20:34 Sujet du message: |
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je me fais cette réflexion en lisant le long post de charles...
ce garçon ne parle que de politique, et pas une seule fois de Foi...
bizarre. je pensais qu'être chretien était une religion, pas un parti... _________________ tous les chemins mènent à Carla Bruni. Sauf le train.(Justine Levy) |
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fredouille Khîpe rieuse


Sexe:  Inscrit le: 29 Juin 2005
Localisation: gnaaaark, planete mars
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Posté le: Lun Avr 10, 2006 20:37 Sujet du message: |
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tu as un bouquin pas mal d tout qui explique les differentes notions entre les systemes religieux occidentaux et orientaux qui s'appelle
l'aube appelle l'aurore (je crois)
ce dont je me rappelle surtout c'est la couverture:
les yeux d'un autoportrait de van gogh quisont accollés a ceux de Bouddha
Pour le titre je suis moins sur _________________ "Si tu offres ce qui est en toi, ce que tu offriras te sauvera. Si tu n'offres pas ce qui est en toi, ce que tu n'offriras pas te detruira" Apocryphe de St Thomas
=> il y a loin du fond à la porte |
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Miss Hada Queer-Master


Sexe:  Inscrit le: 29 Jan 2006
Localisation: Paris
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Posté le: Lun Avr 10, 2006 20:38 Sujet du message: |
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| captain a écrit: | | bizarre. je pensais qu'être chretien était une religion, pas un parti... | ben c'est exactement ça le problème de cette religion, la manie de se méler de la vie politique et de dicter ce qui est bien et mal de façon "infaillible"...  _________________ Hada
Être homo n'est qu'une de ces évidences qu'on se prend un jour dans la figure
Coté face: une fée asiatique aux longs cheveux noirs et à l'air doux et charmant... Coté pile: perverse officielle d'Et-ALors? © mapetitesoeur Membre du CDG, du CDI, du CLEC... 1er certifié validé sur le forum insémination? |
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fredouille Khîpe rieuse


Sexe:  Inscrit le: 29 Juin 2005
Localisation: gnaaaark, planete mars
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Posté le: Lun Avr 10, 2006 21:09 Sujet du message: |
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moderation:
Arbor, je te rappelle que les attaques ne sont pas tolérées ici, que ce soit nommément ou par des ous entendus
à bon entendeur...
tribiout, en gros plus les religions sont proches plus leurs fideles se mettent sur la gueule.
Tu risque le bucher en deplacant une virgule, pas grand chose lorsque tu est completement different. _________________ "Si tu offres ce qui est en toi, ce que tu offriras te sauvera. Si tu n'offres pas ce qui est en toi, ce que tu n'offriras pas te detruira" Apocryphe de St Thomas
=> il y a loin du fond à la porte |
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Coraline Timide


Inscrit le: 25 Juil 2005
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Posté le: Lun Avr 10, 2006 21:51 Sujet du message: |
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| charles a écrit: |
| Potiron a écrit: | | Je considère le scepticisme et le relativisme comme un moyen, et non une fin (ce que tu présentes, sur le modèle de ce que l’Église fait). |
Moyen de quoi ? De ne pas se tromper ? Si c'est le cas, avec une telle audace intellectuelle, on en serait encore à l'âge de pierre. |
de la part de quelqu'un dont la religion refuse la théorie de l'évolution des espèces, le droit à la contraception,et le fait que les femmes ont une âme, je trouve que c'est un peut l'hopital qui se fout de la charité !...
| charles a écrit: |
| Potiron a écrit: | | Ce qui fait que là, la contraception serait tout à fait acceptable d’un point de vue chrétien et théologique : elle ne remet pas en cause la procréation, mais la diffère, et ne menace en rien l’intervention de Dieu, puisque celle-ci n’a pas lieu. Une objection cependant à mon observation : c’est dissocier dès le départ exercice de la sexualité et procréation. Mais là encore, ça peut se justifier sans contrevenir aux préceptes divins. Comme ce n’est pas le sujet, je pourrai y revenir plus tard ; ce développement sert juste à montrer qu’on peut avoir de bons arguments théologiques contre la vision vaticane. |
Sauf que vous omettez de considérer que si Dieu a donné une "possibilité" (comme vous le relevez) cela n'implique pas que tout ce que l'homme en fait soit voulu par Dieu. La position catholique est que Dieu ne veut pas notre bien sans nous, mais avec nous. |
Le problème, c'est les gens qui veulent notre bien MALGRE nous !!!
la notion de libre arbitre, tu connais ? je préfère être responsable de mes choix et faire face à mes erreurs , plutôt que d'être une zombie lobotomisée qui ne vit que par procuration selon des préceptes établis par je ne sais qui, dans le seul but de mater les foules moutonnantes de bêleurs convaincus...
| charles a écrit: | | Potiron a écrit: | | Peut-on alors interroger la doctrine de l’Église sans encourir l’accusation de relativisme ? |
Oui, si vous n'êtes pas relativiste. Si vous êtes marxiste, ou autre, on vous reconnaîtra comme telle. |
je t'adore, charles. si on n'est pas catho on est forcément marxiste !!! tu serais pas un peu de droite,toi, par hasard ???
| charles a écrit: | | Potiron a écrit: | | Je ne veux pas paraître moins ouverte que je ne l’ai été jusqu’ici, mais j’aimerais que l’Église réfléchisse à une chose : l’accusation de relativisme a caractérisé tous les systèmes politiques et idéologiques à vocation totalitaire… Cf. le stalinisme et le maoïsme. |
C'est très possible mais je n'en ai pas entendu parler. Il y a les accusations d'ennemi du peuple, bourgeois, saboteur, trostkyste, capitaliste, koulak, traître, parasite, déviant, fasciste, malade mental... Peut-être comme vous le dites de relativisme. |
Ouais, ben justement, quand on sait pas on évite de faire une tirade de 48 lignes. T'as copié le dictionnaire?
ou mieux, Wikipédia ?
| charles a écrit: | | Potiron a écrit: | | Toutefois, elle devrait s’interroger sur cette dynamique récurrente qui la pousse à éviter de se confronter à un véritable problème en le disqualifiant d’office. |
Il est difficile de comprendre la notion de "disqualifier un problème", pouvez-vous préciser ? |
ben moi j'ai compris. bizarre. ça y'est pas dans wikipédia ?
| charles a écrit: |
Un morale sans Dieu, oui, mais avant le christianisme. Après lui, ce n'est plus possible, tout simplement parce que le christianisme à dénudé et raffiné suprêmement la liberté humaine, et sans lui elle est désormais perdue. |
et c'est qui qui dit ça ? laisse moi deviner : un auteur catholique !...
J'ai un peu de mal à ne pas trouver ça péremptoire...ou alors à peine spécieux...
(à part ça, j'ai déjà entendu la même chose concernant le zen.)
| Potiron a écrit: | | Moi, je me demande pourquoi on pense que c’est Dieu qui a créé le monde, pourquoi on pense que les hommes et les femmes sont différents et complémentaires, pourquoi il faut suivre un être humain sous prétexte qu’il a été nommé pape et que l’Esprit saint par conséquent l’inspire. Pourquoi il faut tellement croire à la Genèse qu’on en fait un récit métaphorique lorsque la théorie darwinienne apparaît… Pourquoi suivre des hommes qui s’auto proclament successeurs du Fils de Dieu. Pourquoi s’attacher à la Tradition alors qu’elle n’est que le fait d’humains. |
tout pareil que potiron : sauf que moi je me demande également POURQUOI il faut TOUJOURS que vous vouliez nous convertir ??? j'essaye pas de convertir les nonnes au lesbianisme, moi !!!! alors de quoi je me mêle ?
cf : notre bonheur malgré nous, etc...
d'ailleurs c'est ça le vrai fond du problème, il n'existe pas UN bonheur, mais un bonheur POUR CHACUN et ça ne coincide pas forcément pour tout le monde !
donc la seule VRAIE rêgle, ça serait de limiter sa propre liberté là ou commence celle d'autrui (air connu...)
| charles a écrit: |
| Potiron a écrit: | | Pour ce qui est des preuves de l’existence de Dieu, elles ont pu connaître un certain succès, mais ont été assez vivement critiquées par Kant. D’autre part, je me suis récemment intéressée aux « voies » de Thomas d’Aquuin, et je puis dire que 1 – Maritain ne les explique pas mieux que Thomas, et 2 – les mécanismes de nécessité entre les observations et la conclusion qui aboutit à l’existence de la cause première ne répondent pas à un principe de nécessité. Enfin, à mon sens. Mais bon, je ne suis pas non plus à la hauteur de Kant… |
Kant n'est pas un dieu... |
Mon dieu, chaaaarles !!! tu dis UN dieu ??? et sans majuscule en pluuuus ??
ça sous entend que tu penses qu'il en existe plusieurs ???? C'est horrible !!! tu es PANTHEISTE !!!!!!!
on en a brûlé pour moins que ça...
(à part ça, c'est pas du tout ce qu'elle disait la dame. tu ferais bien de lire un peu mieux et d'éviter de faire des bons mots juste pour le fun : tu dirais moins de bétises)
| charles a écrit: | | Potiron a écrit: | | Mais c’est peut-être tout bonnement impossible pour la plupart : adhérant à leur religion, les catholiques, comme tout religieux, adhèrent aussi à un système philosophique particulier, bien construit et expliquent à peu près tout à partir de postulats simples. |
C'est presque un compliment que vous nous faites, car c'est ce à quoi les physiciens d'aujourd'hui tentent d'arriver dans leur domaine - le premier qui y arrivera sera aussi important que Newton et Einstein, puisqu'il les dépassera en les réconciliant... |
la différence, c'est que Newton et Einstein n'ont jamais demandé qu'on sacrifie des veaux gras sur des buchers,qu'on brûle des cierges et n'ont jamais lapidé de femmes adultères...!
Et puis avant de sortir une connerie, ils argumentaient un minimum, je sais pas, genre une théorie, les lois de la physique...un truc qui se mesure ou qui se prouve...
| charles a écrit: |
Mais le christianisme n'est ni un système philosophique, ni une religion au sens commun (mythique et sacrificiel). |
ciel ! on nous aurait menti ?? le christianisme n'est pas une religion ?? c'est quoi, alors ? la danse de l'été ??? et moi qui ne connait même pas la chorégraphie !! _________________ la nuit je dors. |
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Coraline Timide


Inscrit le: 25 Juil 2005
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Posté le: Mar Avr 11, 2006 6:30 Sujet du message: |
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merci Charles-mon-amour d'avoir ainsi éclairé ma lanterne...
je trouve juste significatif que tu aies amputé l'une de mes citations...
| coraline a écrit: |
je t'adore, charles. si on n'est pas catho on est forcément marxiste !!! tu serais pas un peu de droite,toi, par hasard ???
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touchééééé !!!!
et je préfère avoir appris à lire avec la méthode Globale qu'avec la méthode Total(itaire...)...
"Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle
(...)
Et que de l'horizon embrassant tout le cercle
Il nous verse un jour noir plus triste que les nuits;
Quand ton corps sur mon corps...lourd comme un cheval mort...(air connu)"
(le copier-coller de citations, surtout sur internet, ne présage en rien de la culture de celui qui cite...c'est juste qu'il connait le lien de poesie.webnet.fr ! de là a avoir compris ce qu'on cite...des arguments, que diable !!! sinon, tout n'est que flood...) _________________ la nuit je dors. |
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lulu galipette Khîpequipique


Inscrit le: 30 Juin 2005
Localisation: bruxelles - montpellier - strasbourg - auvergne
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Posté le: Mar Avr 11, 2006 7:55 Sujet du message: |
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heu, non, charles adore fabriquer des messages courts. ça permet aux gens de répondre.... et il aime aussi les citations courtes. ça permet de toujours cibler sa réflexion sur une chose précise sans qu'on te ballance derrière que tu en a oublié un bout.
bref, charles aimes les messages clairs, accessibles et légers. |
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cici Queer-Master


Sexe:  Inscrit le: 30 Juin 2005 Age : 28
Localisation: Loiiiiiin !!
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Posté le: Mar Avr 11, 2006 8:54 Sujet du message: |
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euhhhh...
je vais chercher mon oreiller, ma couette....
vous me réveillez le jour où les tentatives de reconversion et de guérison seront terminées ?
merci ! |
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