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Le goût des hommes dans la fleur de l'âge.
par N.S. le 19 Novembre 2012 dans Ta vie / Expériences vécues
25 commentaires


Comment on est conditionné à chercher quelqu'un de son âge.

Je vais pas vous raconter ici de choses dramatiques ou poignantes comme certains autres articles. C'est même plutôt une histoire sympa.

Je me suis rendu compte autour de 14/15 ans que j'étais attiré par les hommes. Je savais ce que c'était depuis longtemps mais sans me sentir concerné pour un sou. Ce furent mes premières attirances physiques pour des camarades de classe qui en furent le révélateur.

Je dis bien « physique » parce que je me sentais pas à l'époque (ça n'a pas totalement changé mais ça s'est amélioré) en phase, du tout, avec mes camarades de classe en général, et garçons en particulier. Je ne vais pas développer pourquoi, c'est pas trop le sujet. Mais le fait est que j'avais pas forcément grand chose à leur dire, et encore moins à faire avec eux. Et déjà, je me sentais peu à l'aise en groupe, et uniquement dans des groupes de filles ou à dominante féminine (pas des groupes de mecs). Ça, ça a pas changé.

Je pouvais fantasmer un peu sur eux, tout en me disant qu'ils étaient hétéros (ce qui était le cas pour la plupart au moins, même si il devait bien y en avoir un ou deux qui ne l'étaient pas dans le tas). Donc, je pensais impossible qu'il se passe un truc, et de toute façon j'avais pas d'attirance amoureuse (ni même d'amitié) pour eux. Je les aimais bien (sans plus) et les trouvais plutôt baisables. Surtout en seconde et première.

Et puis, j'étais parfaitement conditionné à l'idée qu'on ne sort qu'avec quelqu'un de son âge. Bien sûr, j'avais déjà vu à la télé (ou entendu parler) d'hommes vieux (et riches ou célèbres, ou les deux) sortant avec des jeunettes, et de temps en temps, des femmes « cougars » (hétéros). Mais justement, je n'en avais qu'une image stéréotypée : ces gens-là sont une exception, et le plus vieux ou la plus vieille cherche à se rassurer ou à se sentir jeune, alors que le ou la plus jeune est un gigolo/une femme vénale. Même si je me disais « ils font ce qu'ils veulent » après tout. Et j'avais jamais pensé au même cas pour les couples homos.

Donc, je n'envisageais pas les mecs plus vieux pour moi. C'est même pas que je trouvais ça « sale » ou « pas bien », mais que ça m'était pas venu à l'idée, du tout. Et pourtant, j'avais déjà commencé à regarder les mecs plus vieux d'un œil intéressé, à les détailler, et les écouter parler. Et, leur trouver du charme (pour leur physique mais aussi pour leur attitude). Un bel infirmier qui faisait un voyage en groupe avec ma mère et moi, un autre guide en groupe, ou le plombier venu travailler chez nous par exemple. J'allais leur parler dès que possible, et les prenais en photo ni vu ni connu (pendant le voyage). Mais malgré tout ça, je pensais toujours (sans aucun doute) que je sortirais avec un gars de mon âge.

Et je l'ai fait. Je suis sorti avec un gars présenté par un ami, qui était plutôt mignon au premier abord (pas canon, mignon), et qui avait l'air gentil. Spontanément je l'aurais pas trouvé attirant. Mais il m'a proposé, j'étais célibataire, alors je me suis dit « pourquoi pas ». Et puis, au final ça s'est révélé une super mauvaise idée.

Ensuite, je suis resté célibataire (malgré des rencontres concluantes occasionnelles), et je suis resté dans mon conditionnement. Forcément, au quotidien je rencontrais que des gars autour de mon âge donc, du coup, j'avais pas l'occasion (sauf parfois en voyage, mais pas pendant l'année) de craquer sur de beaux mecs dans la fleur de l'âge.

En première année de fac, j'ai eu aucune histoire (même pas un plan cul). En partie à cause d'un truc violent arrivé juste avant le BAC (mais pas que). Par ailleurs j'avais un besoin immodéré de compagnie et d'attention. Mais un de mes camarades d'amphi, qui avait l'air pas mal et sympa, a commencé à me montrer des signes d'intérêt. Je me suis senti flatté. Et puis, j'étais beaucoup avec un mec et une fille qui me prenaient pour la cinquième roue du carrosse. Alors ça rendait mes journées de fac plus sympas qu'on s'intéresse à moi. Sauf qu'il savait pas ce qu'il voulait, et donc après plusieurs mois à jouer à « fuis moi je te suis, suis moi je te fuis », il a choisi de pas donner suite, et moi, dès que les vacances sont arrivées, je me suis rendu compte que ça me faisait presque rien. D'ailleurs avec le recul, en l'entendant parler avec ses potes, on aurait pas eu grand chose à se dire ou à faire ensemble.

Et puis j'ai discuté avec un ami virtuel (de 19 ans lui aussi), qui lui, assumait franchement son attirance pour les mecs dans la trentaine. Et ça m'a permis de me rendre compte que ce genre d'attirances et de relations là, elles aussi, existaient et étaient possibles. Et j'ai pas tardé à soupçonner que c'était mon cas. Après quelques tours sur les sites de rencontres, et des rencontres (dont une plus concluante), ça s'est confirmé. C'est pas seulement le physique que je préfère. C'est aussi une question d'expérience (dans la vie comme au pieu) et de maturité (je sais, certains sont encore immatures mais en ce cas, je les trouverais pas attirants). Bien sûr, ce n'est pas automatique (tous les trentenaires m'attirent pas), mais le fait est que c'est à des mecs de cet âge que je trouve du charme 99,9% des cas.

La prise de conscience a été instantanée. Dommage qu'elle soit pas arrivée deux ou trois ans avant, j'aurais pu vivre une belle histoire plus tôt. Et je regrette pas du tout. Même si c'est plus compliqué de trouver (puisque évidemment je peux pas trouver à la fac, ou dans mon entourage normal). Et même si avouer qu'on préfère les hommes plus vieux (et le cas échéant, une relation avec l'un d'eux) est un second coming-out qui se rajoute au premier. Ainsi, mes parents sont ouverts sur mon orientation sexuelle (qu'ils connaissent plus ou moins), mais sur la différence d'âge, ça passera plus mal avec ma mère le jour de lui présenter quelqu'un, je pense. Enfin, reste à trouver ce quelqu'un bien sûr.

Et, outre ma life (qui est très intéressante j'en conviens), la chose intéressante à retirer de tout ça est la force du conditionnement, qui a fait que, tout en n'ayant qu'une attirance superficielle, ou nulle, envers mes camarades de lycée puis de fac, j'étais convaincu que je trouverais, comme tout le monde, quelqu'un du même âge que moi, étudiant lui aussi. L'idée m'avait tellement été inculquée (subtilement) de tous les côtés que je l'ai intégrée.




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