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Ce besoin d'attachement au delà de l'amour ?
par Erual le 3 Juillet 2012 dans Ta vie / Expériences vécues
14 commentaires


Une envie d'écrire pour mettre à plat des pensées, et de les partager.

Quel que soit la famille dans laquelle on a grandit, ou plus largement, le milieu dans lequel on a grandit, l'on ressent chacun ce besoin d'attachement auquel on répond de manières plus ou moins différentes. Certains s'attacheront à des valeurs qu'ils défendront coûte que coûte, d'autres à un logement dont ils acquièrent la propriété, ou encore d'autres à des personnes. Ce besoin de sécurité ressenti par les sujets d'un monde qui bouge sans cesse, en mouvement ; ce besoin qu'ils ont de se rassurer que certaines choses resteront stables. Cette stabilité dans l'instabilité.

J'aime être un être psychiquement en évolution dans un monde en évolution, et pourtant, je ressens ce besoin de m'attacher à des personnes en qui je peux avoir confiance, et qui me seront un soutien, autant que moi je leur serai un soutien. Une confiance qui naît d'une écoute réciproque, d'une compréhension, et de cette marge de liberté qui laisse chacun et chacune évoluer différemment tout en étant unis.

J'ai la sensation que facebook, en tant que réseau social, détruit ce lien d'attachement pour en faire une sorte de dépendance paranoïaque. Vu que c'est un terme que j'invente là tout de suite, je vais peut-être développer plus. Je parle de facebook, mais je pourrais tout aussi bien dire de même avec les portables par exemple. Avec facebook, nous sommes chacun et chacune connecté non stop à notre réseau, notre entourage ; les portables d'ailleurs qui acquiert cette connexion à facebook augmente encore plus cette dépendance. Par ce biais, nous exigeons de nos amis, nos figures d'attachements en quelques sortes, qu'ils soient en écoute perpétuel à nos besoins, qu'ils nous répondent très vite, qu'ils rient avec nous même lorsqu'ils ne sont pas avec nous, qu'ils voient ce qu'on voit et que eux ne peuvent pas voir dans l'instant... Réfléchissez un moment, ne vous rapprochez vous pas plus des personnes qui vous répondent le plus souvent, et réciproquement, ne cherchez vous pas plus le contact avec ces personnes, et le besoin de leur répondre tout autant ?
A vrai dire, c'est pas forcément un problème ça. Non, le problème vient après.

Lorsque des personnes ne nous répondent pas dans l'immédiateté, l'on a tendance à s'en défaire, comme un enfant égoïste qui n'aurait pas eu sa satisfaction instantanée. Au final, facebook nous fait plus haïr l'autre que l'aimer, car l'on attend trop de lui, ce trop qu'il ne pourra pas atteindre. L'on ne se contente au final pas des instants que l'on vit avec lui, que l'on vivra encore au fil du temps. Non, on profite d'un instant présent avec lui, puis on le jette lorsqu'il ne nous est plus d'aucune utilité, lorsqu'il ne nous procure plus suffisamment de satisfaction. Il m'a fallu quelques mois de réflexions, et de pensées en vrac, pour me rendre compte qu'un attachement pouvait nous procurer autant de plaisirs que de déplaisirs ; du plaisir quand l'on obtient une satisfaction dans l'instant, mais du possible déplaisir lorsque l'on doit attendre que l'autre soit disponible, quand l'on doit accepter que l'autre ne soit pas là uniquement pour nous, mais qu'il a du plaisir ailleurs, autant que nous avons du plaisir ailleurs. C'est en ce sens qu'il est intéressant de pouvoir diversifier différents attachements, autant des personnes que des valeurs, ou je ne sais quoi d'autres ; autant à nous même, notre propre personne (j'invente encore un autre terme : l'attachement à nous-même) qu'aux autres. Pour ne pas dépendre d'un autre et lui donner un poids, une responsabilité, qu'il ne pourra peut-être pas supporter.

Il ne me semble donc pas, pour le coup, que l'amour soit cet attachement. Un attachement, sans doute, mais un autre. Cela revient à la question, peut-on réellement aimer toute une vie ? Lorsque l'attachement se crée dans l'amour, n'y a t-il pas cette peur de perdre l'autre, et donc cette possessivité, cet enfermement, qui détruit tous liens de confiance, et qui pourrait détruire un sentiment amoureux ? L'amour ne serait-il pas justement cet instant éphémère dont on va jouir, quelques jours, quelques mois, quelques années, où rien est sûr, mais pour lequel on se bat coûte que coûte pour en jouir jusqu'au bout ?

Ces interrogations sur le lien entre attachement et amour resteront ici sans réponse...




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