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Relation co-dépendante, ou Comment je suis devenue monstre
par Bob91 le 26 Mars 2011 dans Ta vie / Expériences vécues
2 commentaires


Explication de ce qu'est une relation co-dépendante, et mon témoignage de cette expérience, de manière plus personnelle.

On entend souvent le mot "relation fusionnelle". Ce qu'on n'entend pas, par contre, c'est le terme de "relation co-dépendante". J'ai d'ailleurs l'impression de parler chinois quand je dis ça, les gens me regardent de travers quand j'essaye de leur en parler.
La relation co-dépendante, c'est une relation dans laquelle, comme le nom l'indique, les personnes concernées sont entièrement dépendantes l'une de l'autre. Et je ne parle pas de la jolie dépendance comme dans les films d'amour, je ne parle pas non plus de la relation fusionnelle, déjà assez compliquée comme ça à gérer. Non, cette dépendance-là, c'est un truc à comparer à la toxicomanie. On en veut plus, toujours plus, on ne peut s'en passer, mais, plus on en a, plus ça nous rend malade, alors on essaye de se soigner par le mal, en se disant, j'ai mal parce que je n'ai pas ma "dose", mais voilà, vous comprenez ce que j'veux dire, et le tout finit dans un cercle vicieux auto-destructif et de mal généralisé entraînant dépression, troubles comportementaux.

J'ai voulu faire un témoignage de ce genre de relation, car, comme j'ai dit, on n'en entend pas parler, et peu de personnes se donnent la peine de comprendre la nuance.
Mon explication, particulièrement optimiste, vous l'aurez remarqué, montre déjà la direction que prendra mon témoignage.
Mais, faut avouer, que toute dépendance, ou presque, est nuisible...
En l'occurence, moi, je l'ai vécu d'une manière... oui, il n'y a pas d'autre mot. Toxique.
Soyons clairs, j'aimais ... *mon ex* (je n'arrive pas encore à me faire à l'idée). Depuis le début, et pendant nos deux ans et trois mois de relation, nous nous aimions, comme des dingues, même. Mais on s'intoxiquait, l'une l'autre. Littéralement. On se faisait du bien, mais la plupart du temps, on se faisait du mal. Une espèce de relation destructrice dont on en redemandait. Mais on n'a, en réalité, jamais été heureuses.
Elle, n'avait jamais connu l'amour avant ça. Elle ne s'est donc pas posée la question, ne comprenait pas que j'essayais de changer la nature de ce que nous entretenions. Ne comprenait pas pourquoi. Encore aujourd'hui, deux mois après notre rupture, elle me répète, que l'amour, c'est être dépendant de l'autre. Je n'arrive pas à la faire comprendre, que oui, mais pas de la manière dont nous l'avons vécues, nous.

Tout ce bordel n'a pas été arrangé par le fait qu'elle était encore au placard. Et elle y est restée. Pendant les deux ans et trois mois.
Je ne suis pas comme ça, je n'ai jamais été du genre à cacher qui je suis, or elle m'y obligeait, ne permettait ni même que je lui tienne la main, devant ses amis, dans la rue, même en vacances, loin de quiconque pouvant être ne serait-ce que qu'infimement lié à nous d'une manière ou d'une autre. En clair, si nous n'étions pas dans mon appartement, on n'avait pas de contact physique.
Je l'encourageais perpétuellement à s'assumer, mais n'insistais pas non plus, j'essayais de l'aider, mais, visiblement, c'était trop tôt, encore...

En réalité, ce "texte" n'est pas censé être un débat sur comment faire son coming-out. Je ne suis réellement pas là pour forcer les gens. Et je ne cherche pas non plus à me justifier.
Peut-être que j'aimerais juste que tout cela ait un sens, écrit noir sur blanc...

Bref, je me suis retrouvée forcée à me remettre au placard. Je n'en avais aucune envie. Et elle, n'avait pas envie d'en sortir.
Je ne comprenais pas, elle ne me comprenait pas. Et en plus de ça, nous étions dépendantes. C'était... malsain. Je m'accrochais à elle parce que je savais que j'en avais besoin, comme à une bouée, et en même temps, lorsqu'elle s'approchait, j'avais juste envie, de la jeter loin dans la mer, et couper la corde.
Mes études en ont pâti, mon comportement social en a pâti, notre bonheur, à toutes les deux, en a pâti plus que jamais.

Je vais prendre un moment de recul, pour tous ceux qui essayent de s'imaginer le vécu de mon ex. La réalité est telle; on sait toutes les deux, qu'elle n'était pas heureuse. La différence, c'est qu'elle ne comprend pas pourquoi, ou ne veut pas le comprendre.

Ainsi donc, à un moment ou un autre, (il y a deux mois, donc), j'ai fini par rompre avec elle. Elle ne m'a pas cru, nos amis (parce que oui, nous avions tous nos amis en commun, vive la dépendance) ne m'ont pas crus non plus ('la relation co-dépendante, ça n'existe pas').
Je lui ai brisé le coeur, et jamais elle ne l'oubliera.
Et elle a fini par me harceler jour et nuit, restait devant ma porte d'appartement, a refusé de partir de chez moi, m'envoyait 9 messages, deux lettres et 5 mails par jour, me contactait par tous les moyens possibles et imaginables, enfin, vous voyez le topo quoi, c'est pas bien nouveau.
Néanmoins, pour ma défense... mon coeur à moi, aussi, est brisé.

Alors, j'ai pris mes affaires, et je suis partie chez un ami, il m'a accueilli pendant 2 semaines, et j'ai fini par arriver à commencer mon sevrage, comme on dit. Oui, c'était réellement un sevrage. J'avais des nausées, des crampes d'estomac, des vertiges, une souffrance permanente, j'avais l'impression de crever. Moi qui avais développé des tendances d'automutilation pendant cette relation, il fallait me surveiller en permanence. Mais j'ai fini par arriver à aller mieux. Je commence à voir une toute petite lumière au bout du tunnel. C'est très loin d'être fini, mais, je n'ai plus aussi souvent peur. Et j'espère pouvoir aller mieux bientôt. J'ai des projets, des rêves, et j'aimerais en réaliser certains, en septembre. J'me reconstruirai une nouvelle vie.

J'espère que vous arriverez à saisir, que tout ceci n'est pas *juste* pour vous entraîner dans la déprime (ben oui, il fait beau! Ne restons pas là à broyer du noir!). J'essaye de partager cette expérience pour que ceux qui vivent ce genre de relation, voient que ce n'est pas totalement impossible, de s'en sortir.

Voilà pour mon histoire.




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