Homo, bi, trans, hétéro,


Une autre vision du monde LGBT.
Moins de préjugés, plus d'information.
  Articles

Ta vie
  Coming-out
  Expériences vécues

Infos, conseils
  Coming-out
  Réflexions, Conseils
  Homoparentalité
  Santé et prévention
  Dépression, suicide

News
  Général
  Et-alors
  Edito et-aloriens

Sorties
  mEAtings
  Boites
  Bars
  Assos
  Gay Pride

Art et Culture
  Ciné, DVD
  Livres
  Musique
  Cuisine
  Divers

Humour
  Electrolook
  Guide du tchat gay
  Guide de la Vie Gay
  Divers

La voie vers le respect.
par andre le 20 Octobre 2009 dans Ta vie / Expériences vécues
12 commentaires


Il faut passer tellement d'étape pour en arriver où j'en suis, pourtant je n'ai que seize ans et... je me sens libre!

Bonjour, bonsoir, toi qui me lit.

J'écris à tout le monde ici ce soir parce que ça fait un moment que j'y songe. Je crois que ce témoignage pourrait en aider d'autres, je crois aussi que je peux être fier de moi et surtout, j'espère que cet article vous plaira. Comme mon histoire a un début mais n'a pas encore de fin (heureusement) je vais vous raconter mon parcours vers le respect et vers ma vie de bonheur, si on peut dire ça comme ça!
Voila, je me lance.

Depuis mon plus jeune âge, je me suis toujours senti différent. À ma tendre enfance, j'avais une meilleure amie, nous sommes toujours amis, mais elle n'est plus là (déménagement). Cette fille était plutôt masculine, elle voulait être un garçon, elle était sportive et tout, tandis que moi c'était presque le contraire (car je n'ai pas envie d'être une fille. ) En gros, j'étais et je suis encore, un peu efféminé. Quand on jouait à des jeux de rôles, elle était un garçon et moi, ça dépendait.
C'est tout pour cette période, c'est la moins importante.

À l'école, au primaire, j'avais beaucoup d'amis, mais quand venait le temps de choisir quelqu'un pour une équipe en sport, j'étais dernier. Ça m'enrageait et ça m'enrage toujours un peu puisque c'est toujours le cas.

Ensuite vinrent les années à la grande école, qui en fait est une petite école étant donné que je vis dans une région du québec, dans une petite ville de 15 000 habitants. C'était désagréable à cette école, j'avais quelques amis et je savais déjà que j'étais homosexuel sans même me l'avouer à moi-même. Les gens étaient moins gentils, ils m'insultaient parce que j'étais différent, on m'intimidait, je ne me sentais pas aimé. Je croyais que tout le monde me jugerais encore plus si je le disais à quelqu'un, parce que même dans le refoulement total les gens m'insultaient. C'est durant cette année là que j'ai rencontré Mylène, ma meilleure amie à l'époque, même si ça ne fait que trois ans. À elle, je lui disais tout, je lui ai avoué être homosexuel et elle m'a accepté. Malheureusement elle avait beaucoup de problèmes, manques d'attention, tentatives de suicide, drames amoureux, etc.. et ça n'a pas duré. Ce qui nous amène deux ans plus tard, dans ma nouvelle école (même si c'est la polyvalente où tous les autres élèves de mon âge vont étant donné que l'autre école est pour ceux du premier cycle du secondaire (système éducatif québécois).

Voilà, on est rendu à l'an passé, le plus gros moment de mon trajet dans l'homosexualité. Le reste de l'histoire n'était rien d'autre qu'une intro. Un soir, Mylène a eu une crise de je-ne-sais-quoi et a décidé que je ne comptais pas pour elle, nous avons donc coupés les liens, mais moi je me sentais très mal, elle était la seule personne à qui je pouvais me confier. Je ne voulais pas retourner vers elle mais je savais que c'était fini. J'ai décidé de tenter quelque chose. Je suis allé pendant toute une fin de semaine à une formation en improvisation. J'étais le seul de mon école à aller suivre la formation dans cette ville, alors ils n'avaient pas préparés de chambre pour moi. J'ai dormi dans le dortoir d'une autre ville où j'ai rencontré plein de gens super et je me suis senti très bien avec eux. Par la suite, et par msn surtout, j'ai avoué mon homosexualité à quelques filles de là-bas. Elles sont venues me voir à un tournoi d'improvisation, on a gardé contact, c'était super bien. Elles m'ont invités à passer une semaine complète chez elles en me faisant la garde partagée. Cette semaine a du être la plus belle de ma vie, enfin, je vivais là-bas en tant que moi même et en plus on ne me jugeait pas! Je me suis rendu compte que les gens s'en foutaient bien plus que je ne le croyais. On m'encourageait, mais mes meilleurs amis ne le savaient pas encore.

Là-bas, j'ai rencontré un garçon dont je suis tombé amoureux. Il était bisexuel disait-il, mais quand ça commençait à être chaud entre nous deux, il a dit qu'il ne savait pas trop et qu'il croyait que finalement il était hétéro. Ça m'a détruit un bout de temps, mais j'ai tiré ce que j'avais à tirer de cette histoire. J'ai donc cessé de leur rendre visite, même si parfois ils me manque. J'ai créé l'atmosphère qu'il y avait là-bas autour de moi. Le lendemain de mon départ de cette semaine incroyable, j'ai fais mon coming-out à mon meilleur ami. Je lui ai dit que j'avais des choses à lui dire et nous avons passés la nuit à seulement parler, ça a fait tellement de bien! J'ai donc été chercher tout le soutien dont j'avais besoin par la suite avec mes amis, que j'ai mis au courant un par un, tous positifs face à ça. Ça m'a fait réaliser que je pouvais faire ce que je voulais, peu importe ce que les autres pensent. Je me suis mis à m'habiller comme je le désirais, avec un foulard si ça me chante, peu importe ce qu'ils pensent, même si je n'étais pas prêt à avouer mon homosexualité à tout le monde. J'ai commencé la danse officiellement et c'est devenu une passion, peu importe si le ballet classique c'est gay ou non, j'adore ça. Mais les soupçons non-confirmés attiraient tout de même divers commentaires désobligeants et je me sentais une fois encore intimidé.

Après cet année là, j'ai vécu un été complètement fou. Je me suis dit que je profiterais ce cet été pour m'affirmer totalement et pouvoir faire mon coming-out à l'école en revenant. Ça a pris énormément de courage, mais ça a surtout nécessité que j'en parle à la famille. J'ai fais mon coming-out à ma mère... le pire que j'ai vu à ce jour. Elle pleurait, se sentait mal, c'était un choc pour elle, elle voulait que j'aille voir un psy. Elle a pris un rendez-vous chez le psy pour moi et elle, mais j'y suis pas allé, je l'ai laissé y aller seule, après tout c'est elle qui en avait besoin. Je l'ai détesté pour sa réaction pendant un bout de temps, mais depuis on en a pas reparlé une seule fois, ce n'est pas tabou, mais elle a réalisé que peu importe si j'étais gay ou non, je suis son fils.

C'est aussi durant cet été que j'ai été à ma première gay pride! Et oui! Je me suis arrangé pour passer une semaine à Montréal avec mes cousines, j'ai caché à ma mère la raison pour laquelle j'étais allé là bas, j'ai ramassé des tas de photos, c'était un des meilleurs moments de ma vie. La marche à la queue de la parade m'a fait sentir vainqueur, tout était si beau là-bas. Je suis ensuite retourné dans ma petite ville, j'ai terminé mes vacances et puis... ce fut la rentrée.

Je me suis mis tout beau pour cette rentrée qui me faisait tellement, tellement peur! Je savais que je ne pouvais plus reculer et que je devrais faire face à ce millier d'étudiants qui connaissent tous mon nom et mon identité. Je me suis habillé de façon extravagante et pas exprès. Quand on me demandait si j'étais homo, je répondais et je réponds toujours fièrement: Oui.
Les gens savaient maintenant qu'on ne pouvait plus m'atteindre avec ça. Ils savaient aussi que ça n'en valait pas la peine. Aujourd'hui, je me sens bien. Tout ce qu'il me manque c'est un copain et j'y travaille. Dans mes cours d'éthique, je suis le seul à avoir le culot de défendre l'homosexualité auprès des ignorants et c'est ce qui me rend tellement inatteignable. J'ai gagné le respect de tellement de gens à me levant et en faisant face au monde des adolescents méchants et pleins de préjugés. Ce respect, je n'ai toujours pas fini de le gagner, mais plus je rencontre des gens et plus je réussis à changer leurs perceptions de l'homosexualité.

Pourtant, quand je dis que je n'en ai pas terminé avec mon parcours, c'est que je pense à mon père. Il est tellement, tellement homophobe! J'ai vraiment peur de le lui dire, car il va me renier. Par exemple, mon voisin d'en bas est homosexuel et en plus il est séropositif, inutile de vous dire que mon père associe maintenant ces deux termes. Quand je l'écoute parler du voisin, c'est toujours de façon haineuse et homophobe, ensuite je pense au moment où je devrais le lui dire. Quand je lui ai dit que je faisais de la danse, il a rit de moi, il m'a même demandé si j'étais "une tapette", j'ai du lui répondre faiblement que non... Un jour il saura et je saurai moi aussi ce qu'il en adviendra.

Merci de m'avoir lu.

Article écrit et rédigé par André





Articles lis

Vague de suicides en septembre 2010 parmi les jeunes gays ou perçus comme gays aux Etats-Unis
14ème article de notre série. Les suicides de quatre adoslecents en quelques semaines, Billy Lucas, Seth Walsh, Asher Brown et Tyler Clementi, font le tour du web mondial pour dénoncer l'homophobie en milieu scolaire.
par tkf le 2 Octobre 2010 dans News / Général
(2 mots cls identiques)
 Creative Commons License Ce/tte cration est mis/e disposition sous un contrat Creative Commons.
Photos principales: stock.xchng et iStockphoto. CNIL n1104460. Contact: .