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Trompé, j'ai atteint le fond du gouffre...
par Xeric le 9 Septembre 2009 dans Ta vie / Expériences vécues
11 commentaires


Comment ma plus grande histoire d'amour s'est terminée de la pire manière qui soit....

Nous allons commencer cet article par le commencement.
Tout d'abord il convient de situer les personnage :
- Il y a moi, bien sûr.
- Il y a J., celui qui a occupé mon cœur pendant un long moment avant de le démolir...
- Il y a T., celui qui a pris ma place dans le cœur de J. (si j'y ai bien eu une place un jour).
- Et des personnes annexes qui ne seront pas nommées directement.


Tout a commencé au mois de juin de l'année 2007.
5 mois plus tôt, je cassais avec mon premier mec, qui, étant asexuel ne supportais plus de se forcer à me faire l'amour pour me faire plaisir (compréhensible, je ne lui en ai jamais voulu). J'avais eu quelques petites histoires sans lendemain quelques semaines avant.
Ce soir-là, je parcours un site sur la série de jeux vidéo Tomb Raider, et je tombe sur une galerie de "Laras amateurs" (par opposition aux mannequins officiels qui représentent les jeux lors de salons et expositions.). Ma surprise de voir le nom d'un garçon m'a alors dirigé vers sa galerie, et là j'ai eu un coup de foudre. Un garçon beau, bien foutu, qui ne se travestit pas en Lara mais au contraire qui a créé u_n personnage masculin et adapté ses tenues, ce qui fait qu'on le voit dans des situations très cinématographiques.
Un petit tour sur le forum et je m'aperçois qu'il poste beaucoup dans le topic sur le sujet de l'homosexualité, pour finalement voir qu'il est gay et célibataire. J'ai donc cherché à mettre le grappin dessus. Et en quelques jours nous avons fini par discuter des heures entières sur Skype et MSN, et à la fin du mois il venait passer une semaine chez moi. Ce fut alors le début de notre relation.

Pendant cette relation j'étais aux anges, j'avais mon homme que j'aimais, et qui m'aimait, même s'il avait sa propre façon de le montrer.

Mais faisons un saut directement à ce qui nous intéresse.
Première grosse bosse : la Japan Expo 2008. Nous avons notre chambre d'hôtels seuls, et l'occasion de passer une petite nuit en amoureux se présente, mais nos amis font traîner la soirée et nous sommes déjà bien fatigués. Résultat, ma petite nuit romantique tombe à l'eau, j'ai poussé une petite crise de nerfs qui visiblement a tout changé, mais je ne l'ai pas vu tout de suite.
Août 2008, je surprends mon homme à discuter sur MSN avec un garçon qui lui dit "je t'aime", le plus choquant étant que lui ne cherchait pas à freiner les ardeurs de son interlocuteur. Je lui demande alors des explications, il m'explique que ce garçon est amoureux de lui depuis un moment mais qu'il n'osait pas en parler. Il parvient à me rassurer mais je me méfie quand même...

...Et à raison ! Puisque le garçon avec qui il parlait se voit proposer de nous rejoindre au Festival du Jeu Vidéo, un dimanche de septembre. J'ai commencé à voir les choses d'un mauvais oeil...

Et le pire est arrivé fin octobre.
Nous passons le dernier week end du mois à Paris, à la Chibi Japan Expo avec tout un groupe de potes venus d'un forum commun.
Nous arrivons la veille de la convention, et le soir il m'annonce qu'il doit se lever tôt le lendemain car il doit aller à Bercy avec T. (son mystérieux interlocuteur) pour, je cite, "me trouver un cadeau". Là où son alibi m'a rendu méfiant, c'est qu'il m'annonce qu'il doit le retrouver là-bas à 7h.... Alors que je doute que les magasins soient ouverts à cette heure-là.
Malgré tout il me rassure, et s'en va comme prévu le lendemain matin. Vu qu'il y a des anniversaires à fêter le soir-même, je me dis que je vais en profiter moi aussi pour faire des emplettes dans Paris histoire d'aller glâner quelques souvenirs et offrir des cadeaux à mes amis. Pour cela, j'ouvre son PC portable afin d'aller chercher des adresses, et le bougre n'avait pas fermé sa dernière conversation MSN, datant de la veille pendant que je prenais un bain. Et on pouvait alors y lire, venant de J. : "J'ai hâte d'être à demain, ça sera la plus belle matinée de ma vie" accompagné de "je t'aime" à plusieurs reprise.

Mon coeur éclate alors en morceaux, rien dans son comportement ne laisser présager cela, même si je me méfiais parce que j'étais jaloux, je n'imaginais pas que c'était la réalité. Je l'appelle, lui fait part de ma découverte, il refuse de revenir à l'hôtel. Là l'envie me prend de lancer une chaise par la fenêtre et de sauter du 12e étage où se trouvait notre chambre. Mais non, j'appelle une amie qui doit arriver gare de Lyon dans les prochaines minutes. Le rendez-vous est donné, je la retrouve là-bas et vais chercher du réconfort auprès d'elle.
Mais le week end a été irrémédiablement gâché.

Ca aurait pu s'arrêter là. Mais malgré mes efforts pour être parfait à ces yeux ce week end là, le lundi il réclame à rester sur Paris pour "réfléchir" à ce qu'il a fait.
En suivant les conseils de mes amis qui me disaient de lui laisser un peu de liberté, j'accepte à contre-coeur, et le soir, pour la première fois je repars sans lui, j'ai passé une nuit des plus angoissantes. Mais pendant la journée, il s'était montré plus gentil et romantique que jamais auparavant, je n'ai pas flairé le mensonge, j'ai cru qu'il s'en voulait et qu'il voulait se faire pardonner.

Au final, quelques jours plus tard, pris d'un énorme doute alors qu'il est encore au travail, je me décide à briser sa confiance, je vais sur son PC, je fouille un peu et découvre ce qui s'est passé le lundi soir : T. est venu à l'hôtel et ils ont passé la nuit ensemble.
Mon monde s'est alors totalement écroulé, pris d'une rage incontrôlée, j'ai fermé l'ordinateur et l'ai brisé sur mon genou, puis ai foncé à 110 dans les rues d'Angers pour aller le retrouver devant le travail, bien décidé à lui mettre mon poing dans la figure.

Finalement, pas de combat (pas encore), mais une discussion où il m'a dit qu'il ne s'était rien passé à l'hôtel, comme s'il espérait que je le croie encore...
Mais finalement ce soir-là, il est rentré à la maison, et j'ai tenté de continuer à vivre avec lui, sachant qu'il en aimait un autre, en espérant qu'il finirait par me revenir.
Mais mon esprit s'enfonçait petit à petit dans la dépression, je mangeais n'importe quoi pour compenser le déplaisir de ma condition, j'ai même été faire un plan à 3 avec un collégue (mais sans mentir à J., j'ai eu l'honnêteté de lui dire ce que j'allais faire, et il n'a pas bronché). Et puis en décembre j'ai atteint le point de non retour quand, lors d'une violente dispute, je n'ai pu retenir mon poing, je le lui ai envoyé dans l'oeil, brisant des lunettes et lui laissant un cocard. Choqué par mon manque de contrôle, j'ai dû quitter la ville pendant une semaine et aller chez mes parents pour me calmer. Mais avec toujours ce remord et cette tristesse d'avoir perdu totalement l'homme que j'aimais. Nous sommes alors en décembre.

Un mois plus tard, il finit par trouver son propre appartement, et dès lors qu'il l'a trouvé et que l'on connaît la date de son emménagement, une nouvelle étape dans la dépression : je ne le frappe plus, mais au contraire, je retourne mes poings contre moi, la douleur est presque comme une délivrance, je préfère souffrir de mes poings que souffrir mentalement de ce que je vois arriver inexorablement. Je me fait cocard sur cocard, je vais voir un psy, je sombre encore plus. Et puis le 1er février 2009, c'est officiellement terminé définitivement, il part habiter chez lui, tout en ayant l'intention de m'aider à remonter la pente, ce dont il aurait mieux fait de s'abstenir.

En effet, au fil de la semaine, plus je continue de le côtoyer, plus souffre, au point de vouloir me donner la mort, même pire, me donner la mort devant lui. Le 7 février, je vais chez lui lui emprunter un téléphone portable, le mien étant cassé, mais je viens avec un couteau, et j'essaye de m'ouvrir les veines devant lui. Il m'en empêche, et puis nous sortons marcher pour me calmer.

Mais arrivé chez moi, je suis livré à moi-même, je l'appelle, désespéré, et là il a fait la plus monumentale gaffe qu'il était possible de faire en m'annonçant qu'il était plus heureux en une semaine avec T. qu'en un an et demi avec moi.
Le couteau était posé à côté de moi...
Tout s'est déroulé en une fraction de seconde.
J'attrape le couteau sur la table.
Je le plaque sur mon poignet gauche.
Je m'entaille profondément les veines.

En voyant mon sang couler, je pousse un hurlement de panique, comme si quelqu'un avait fait ce geste à ma place. Il est toujours au téléphone, je l'appelle au secours, il raccroche, je me retrouve livré à moi-même, le poignet déversant mon sang sur la moquette.
Le téléphone sonne alors, c'est le SAMU qui m'appelle pour me demander ce qui s'est passé, ils me disent quoi faire et j'attends alors l'ambulance qui va venir me chercher.

J'ai passé une semaine en cellule psychiatrique... Et pendant cette semaine là, J. est venu une seule et unique fois, parce que je lui ai demandé d'aller me chercher des affaires chez moi. Il en a profité pour récupérer tout ce qui lui appartenait et qu'il ne devait pas récupérer avant quelques mois, et ce, sans même m'en avertir, je m'en suis aperçu en sortant de l'hôpital. Une trahison de plus au palmarès de J....
En fait, les seules personnes à m'avoir rendu visite, ce sont mes parents. Pas un ami, pas un collègue, personne n'est venu, j'ai essayé de me donner la mort et les seules personnes à qui j'aurais pu manquer sont mes parents.
Donc non seulement j'avais perdu mon grand amour, mais j'avais aussi perdu la confiance que j'avais en mes amis.

Après être sorti de l'hôpital, j'ai suivi une psychothérapie, qui s'est révélée très courte, puisqu'au final je ne trouvais pas de réconfort et je ne me sentais pas mieux, j'ai même à plusieurs reprise voulu me donner encore la mort, mais heureusement, le souvenir sanglant de ce début du mois de février avait raison de ces pulsions suicidaires. J'ai même eu un plaisir mordbide à exposer ma cicatrice en photo sur Facebook et en signature de forums. Une cicatrice encore fraîche, qui portait encore la marque des points de suture... Etait-ce une volonté de choquer ? Une volonté d'attirer l'attention pour qu'on m'apporte un quelconque soutient ? Une façon d'accuser J. en montrant ce qu'il avait provoqué en moi ? Je ne sais pas....

Mais pendant des mois, j'étais désespéré, je ne me sentais pas capable d'aimer à nouveau, je ne faisais plus confiance à personne. Ce n'est que lorsque j'ai par hasard rencontré un autre garçon, en mai, que j'ai pu prendre du recul sur ma relation avec J.
Et le constat n'est pas glorieux, au final je me suis rendu compte à quel point ce garçon m'avais manipulé, il était venu habiter chez moi dans le but de trouver un travail, c'est finalement moi qui avais fait toutes les démarches à sa place pendant que monsieur passait ses journées sur le PC (sans doute à parler avec T. puisqu'il m'a dit qu'il le connaissait depuis 3 ans), le tout en parallèle de mes études, qui se passaient d'ailleurs très mal. De plus, il était très orgueilleux, ne faisait jamais la moindre concession, alors que moi je faisais tout pour lui plaire...
C'est là qu'on se rend compte à quel point l'amour rend aveugle.

Aujourd'hui, je suis capable d'aimer à nouveau. Faire confiance à nouveau ? Pas sûr... Seul le temps me le dira. Une chose est sûre, j'ai sur le poignet un éternel rappel d'une relation qui m'a coûté très cher, moralement et physiquement, aujourd'hui quand je croise J. je le trouve laid, et quand je le croise avec T., je me surprend à les haïr, et à me dire à quel point la vie peut être injuste envers ceux qui sont généreux, qui donnent tout à leur moitié. J'ai tout donné à ce type, et lui m'a fait tout perdre, et tout lui réussit maintenant, le pire c'est que c'est grâce à moi...

Comment ai-je pu remonter cette pente glissante ? Je ne sais pas, à une période je refusais de mettre les pieds dehors car dès que je le faisais il m'arrivait un problème qui me faisait replonger.
Je pense qu'avoir pu plaire à nouveau m'a considérablement aidé à reprendre confiance en moi, et le fait d'avoir changé d'appartement, et donc d'environnement et de style de vie, n'a fait qu'améliorer les choses.

En tout cas, je peux remercier mes parents, qui m'ont soutenu tout le long de cette histoire, qui ont été là pour moi. Mauvais point en revanche pour mes amis, qui m'ont totalement oublié alors que je vivais les pires heures de ma vie, au moment où j'avais le plus besoin d'eux. Désormais les choses sont claires : je n'ai pas d'amis, juste quelques potes, et je ne compte plus dessus.


J'ajouterai pour conclure un petit mot à l'intention de ceux qui voudraient commettre l'irréparable :
Je ne vous donnerai pas de conseils, il n'y en a pas à donner, tellement ce geste est impulsif et désespéré. En revanche, pensez quand même à ce que vous laissez derrière vous... Aussi peu nombreux soient-ils, il y a toujours des gens qui sont là pour vous et qui vous aiment, personne n'est vraiment seul, et moi-même je ne l'ai réalisé qu'en passant par là. Aujourd'hui je regrette amèrement, j'ai même parfois honte. D'ailleurs, étant donné que vous avez infiniment plus de chance de vous rater, mieux vaut carrément ne pas essayer, vous le regretterez...





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