Homo, bi, trans, hétéro,


Une autre vision du monde LGBT.
Moins de préjugés, plus d'information.
  Articles

Ta vie
  Coming-out
  Expériences vécues

Infos, conseils
  Coming-out
  Réflexions, Conseils
  Homoparentalité
  Santé et prévention
  Dépression, suicide

News
  Général
  Et-alors
  Edito et-aloriens

Sorties
  mEAtings
  Boites
  Bars
  Assos
  Gay Pride

Art et Culture
  Ciné, DVD
  Livres
  Musique
  Cuisine
  Divers

Humour
  Electrolook
  Guide du tchat gay
  Guide de la Vie Gay
  Divers

Rêverie (et Luther-King est mort depuis quarante ans ).
par zphyr le 17 Juin 2009 dans Ta vie / Expériences vécues
4 commentaires


Jadis rêveur impénitent, j'avais au détour de ma vie apaisée renoncé à cette pratique salvatrice limite pathologique. C'était sans compter la marche sur la tête que le monde réalise ces derniers temps.

Il y a longtemps que cela ne m’était pas arrivé.

Il est vrai que la période est trouble : le monde éructe ses premiers symptômes de la terrible maladie qui le ronge. Au milieu des soubresauts, encore à l’abri (peut-être pour avoir refusé de croire à l’opulence facile) j’en surveillais de loin l’évolution de la pathologie, espérant un abcès à percer sans trop y croire. Mais c’est un cancer généralisé qui gagne nos sociétés, et tant que les métastases sont ignorées…

Divagation médicale pour expliquer la mise en sommeil d’un trait de caractère abusif chez moi et qui en tout cas a côtoyé ma façon d’avancer à tâtons : la faculté de rêver. S’abstraire de la réalité, perdre le contexte, errer dans un faisceau de pensées qui tordent immanquablement mes perceptions du monde.
Je ne rêvais plus, plus vraiment, ayant construit assez récemment le fragile équilibre qui me permet un peu de sérénité : un amour, une famille, un lieu de vie antichambre du paradis sur terre, un métier dur mais enrichissant.
Tout ceci apaise mes tensions internes et mes révoltes aux injustices.

Et puis, cette semaine, la conjoncture s’est modifiée : il fait beau, c’est le mois de juin, l’année scolaire se termine et l’insouciance devrait rejoindre la légèreté.
C’est sans compter le fleuron de la bêtise cupide et irresponsable ! Alors, coup sur coup, on assiste à une rafale de malhonnêteté sociale et intellectuelle et l’on nous parle de l’après-crise comme si tout était résolu magiquement, du renforcement indispensable de la sécurité, d’interprétations aveugles d’élections moribondes et d’un crash trash d’avion auquel on ne peut échapper qu’au milieu du désert. Et tous ces gens qui perdent leur emploi, et tous ces jeunes qui ont peur de l’avenir…
Me voilà travaillé, vrillé comme jadis, coincé entre le bonheur auquel je travaille chaque jour et la vulgarité totalitaire et destructrice d’humanité qui continue d’envahir le monde.

Alors, refermant le journal que je parcourais, dépité, je suis parti, comme je le faisais régulièrement plus jeune : je me suis mis à rêver.

Rêver.

Rêver d’un monde meilleur ? Pas tout à fait. Car il n’y a pas à construire de « grands lendemains », mais juste à faire les bons choix. Tout est là, devant nous, dans le fatras d’idées, d’expériences, de vies et d’envies. Choisir avec son cœur, son humanité les options positives qu’offre notre boule bleue. Et je me pris à imaginer…

…Un monde où l’assignation sociale et professionnelle ne se déciderait pas en grande section de maternelle, ou l’école ne trierait pas le bon grain de l’ivraie, où les stigmatisations des différences ne distribueraient pas les rôles. Un monde où l’on vivrait AVEC les autres et non CONTRE eux.

Une utopie.
Mais oui, une utopie, cette pensée salvatrice et niaise (!) que l’on regarde de haut avec condescendance.
Une perte de temps.
Un moment non-productiviste.

Rêver contre un monde normatif, rêver de la différence, des différences, des différents individus. De leur rencontre, de leur échange. Rêver de l’humain contre la statistique. Un élan tonique et porteur, mêlé d’un sentiment étrange de colère, d’impuissance et de foi en l’homme. La possibilité quelques minutes de ne pas faire de compromis, d’être libre.

Apaisement.

Pourquoi raconte-je ce moment ici et maintenant ? Parce que vous, nous, les homos, les bis, les trans et les hétéros débarrassés des tabous sexuels, nous avons dans notre parcours vécu, les tenants et les aboutissants de ce monde que je viens de rêver. Parce que nous sommes capables d’envisager la rencontre, la séduction, le plaisir de l’autre en toute liberté, sans se soucier des normes, nous avons en nous le pouvoir de rêver et d’engendrer ce monde.
Débarrassés de la guerre des sexes, déposons nos petits cailloux partout où nous sommes et regardons-les se transformer en graines fertiles. Loin d’une révolution massive, créons la possibilité d’autre chose, autrement.

J’ai fait un rêve et vous y étiez. Si vous l’avez ressenti, ne le laissez pas mourir en vous. Partagez-le, c’est pour une urgence.

Merci pour eux.




 Creative Commons License Ce/tte cration est mis/e disposition sous un contrat Creative Commons.
Photos principales: stock.xchng et iStockphoto. CNIL n1104460. Contact: .