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[coup de gueule] Le droit de vivre et d'aimer, d'être humain quoi...
par heryasti le 5 Janvier 2009 dans Ta vie / Expériences vécues
21 commentaires


Un coup de gueule contre l'intolérance humaine et l'homophobie...

Le 10 décembre dernier nous marquions le 60ème anniversaire de la déclaration universelle des droits de l’homme, et pourtant le 10 décembre dernier je ne me sentais pas « libre et égale en droits » à la personne qui se trouvait à côté de moi. Non, je me sentais encore exclue de cette société à laquelle pourtant j’aurais aimé appartenir à part entière et me sentais rejetée par certains autres humains… alors que j’en suis pourtant moi aussi une.

Tant que nos choix, notre vie et notre personne n’empiète pas sur la liberté ou le respect de la vie d’une autre personne pourquoi devrait-on alors se sentir coupable d’être ce que l’on est ? Simplement parce qu’on est pointé du doigt, rejeté par certains humains mais surtout par la “société” et ses lois.
Oui, peu importe nos caractéristiques physiques ou mentaux, nos préférences sexuelles, notre choix de vie ou nos actes on est tous pareils, on est tous humains, on a tous 90% d’eau en nous, et on habite tous sur la même planète. Mais cela n’empêche pas que l’humain a toute de même une forte tendance à rejeter l’humain.

J’ai tendance à penser que le rejet de l’autre réside dans la non acceptation de la “différence”, dans le fait que l’autre n’est pas “comme nous” sur un ou plusieurs critères. L’humain aime se voir dans l’autre, aime que l’autre lui renvoi une image qu’il connait et qui le rassure et quand c’est pas le cas, il panique et refuse ce qu’il voit.
Ces phobies de l’autre, de la différence de soi, se traduisent parfois par la violence, le rejet familial ou social et finalement abouti à l’isolement de la personne rejetée qui en vient lui aussi à se détester tellement qu’il préférera soit paraître être quelqu’un qu’il n’est pas ou pire, mettre fin à sa vie.

Oui, parfois le rejet, le racisme, l’homophobie et j’en passe sont condamnés; ( et encore… ) et même si cela n’arrange pas les dégâts causés, cela reconnaît que ces actes sont interdits, quand évidemment ils sont mit au grand jour ou que les personnes pouvant agir au regard de la loi le fond.
Dernier exemple en date m’ayant touché puisque s’étant produit dans ma ville et ayant pu m’arriver : Deux filles se sont fait tabasser à la piscine parce qu’elles étaient “lesbiennes” (dans la bouche de certains c’est une insulte) sans que personne ne bouge le petit doigt. Evidemment les gardes sont arrivés trop tard et ont laissé partir les responsables. Certains me diront que ça aurait pu être pire, qu’on aurait pu les immoler hein, d’autres me diront qu’elles n’avaient qu’à faire gaffe. Mais non, moi je dirais qu’aujourd’hui, en 2008 peu importe les circonstances, ça aurait DU ne PAS arriver. On se fait pas frapper parce qu’on existe!

Le pire dans tout cela, c’est qu’en plus de ces actes de violence, il y a aussi toutes ces petites discriminations qui sont présentes chaque jour et qui ne choquent personne puisqu’invisible à leur yeux, et qui nous laissent bien sentir que parfois on est en trop, qu’on a pas droit au mêmes choses que les personnes qui répondent à d’autres critères. Si encore c’étaient des choses changeables, je ne dirais (presque) rien, mais peut-on changer sa couleur de peau, son orientation sexuelle, son handicap comme on change sa couleur de cheveux ou comme on se forme à un métier? Non… On est rejeté pour ce que l’on est au fond de nous.

Je vais bien évidemment prendre l’exemple de l’homosexualité, parce que ça me concerne, ( et aussi parce que je suis fatiguée de ne pas en parler ouvertement, comme bien trop de gens) et des petites piques que je dois encaisser régulièrement. Petits piques qui me rappelle que même si j’aimerais me sentir acceptée “officiellement” par la société, le pays dans lequel je vis et bien je ne le suis pas. Même si j’aimerais avoir les mêmes DROITS ( Bon sang c’est pourtant VITAL non? ) que tous mes amis et les même possibilités qu’eux et bien non je ne les ai pas. Que malgré tout je suis donc considérée comme “différente”, (de quoi, de qui ? ) et que je vis dans une société hétéro-normée et non pas humain-normée.

- Les gays ne peuvent pas donner leur sang. Peu importe qu’ils se protègent, qu’ils soient avec la même personne depuis des années et aient une vie sexuelle plus stable que certains hétéros. On ne veut pas de leur sang, même si on en manque.

- ”Lesbienne”, ”PD”, ”Gay” sont souvent associés à des termes tel que ‘’sale” ou à d’autres mots tout aussi enjoliveurs et lancés comme des insultes.
Votre principal trait de personnalité est considéré comme tellement atroce qu’on s’en sert pour dénigrer les gens et les faire se sentir mal. Je me rappelle avoir été traitée de sale lesbienne au collège ou au lycée et déjà que je le refoulais par « honte », ça ne m’aidait pas à me sentir mieux.

- Les homos n’ont pas le droit de fonder une famille. Tu es homo, tu es avec quelqu’un depuis des années, vous vous aimez, vous aimeriez fonder une famille et offrir un foyer stable à un enfant. Et bien non, tu n’as pas le droit. Pourquoi? Oh, et bien c’est simple !
Pour le mariage : Non mais ça va pas… “Vous avez déjà le PACS, vous voulez quoi de plus?” Ça on me l’a déjà sorti et je me dis qu’on aurait du dire pareil aux hétéros quand ils voulaient se pacser. “Vous avez le mariage, vous voulez quoi de plus?”
Pour les enfants : Un homme célibataire peut adopter, mais pas s’il est homo et encore moins s’il est en couple. Tous les homos sont des pédophiles de toute façon, c’est connu.
Oui, les filles peuvent aller dans un autre pays pour avoir un enfant in vitro. Mais ensuite la deuxième maman c’est pas officiellement la maman hein. Sur ce point le mariage arrangerait les choses, mais pour le moment s’il arrive un truc à maman biologique, partenaire de maman biologique n’a pas la garde de bébé, c’est les parents qui l’ont. Faites attention de bien vous entendre avec votre belle famille hein, chose superbement aisée et courante pour un couple d’homosexuel(le)s, ça se sait.

- Vous aimez quelqu’un du même sexe que vous et vous n’osez pas lui prendre la main dans la rue ou le prendre dans vos bras, parce qu’on va vous regarder de travers, parce que vous risquez de vous faire tabasser. Combien de couples vivent leur amour dans la sécurité de leur foyer là ou personne ne pourra leur dire que “c’est dégueulasse” ou les insulter. *soupir*

Sans compter les autres petites phrases, les blagues, les remarques qu’on a parfois entendu et qui font qu’on ose même pas dire “Non, mais je crois que je suis lesbienne…” et que l’on ose même pas le penser parce que c’est pas bien.
Quand en plus on sait que l’homosexualité n’a été dépénalisée qu’en 1982 en France et a été considérée comme une maladie mentale jusqu’en 1991 par l’OMS (oui aux yeux du monde, je suis saine d’esprit depuis à peine 18 ans) alors que la religion catholique la considère toujours comme telle et que celle-ci est encore pénalisée dans 77 pays et engendre la peine capitale dans 7, et bien on a parfois du mal à se sentir bien dans ses pompes et libre de vivre et de circuler dans ce monde, et en plus, cela n’aide pas d’autres personnes à bien nous considérer.

Oui toutes ces petites choses, visibles ou invisibles me faisaient me sentir mal avec moi-même et m’ont fait refouler ma personne et mes réels sentiments jusqu’à l’âge de 18 ans et font qu’aujourd’hui encore j’ai encore parfois du mal à l’accepter au grand jour. Toutes ces petites choses ont fait que quand j’ai réalisé que OUI j’étais homosexuelle et que ça ne changerait pas, ma première pensée c’était “Bon dieu… je vais me faire rejeter par tout le monde. Je suis différente. C’est pas bien du tout, je suis anormale. ” et que le premier truc que j’ai fait c’est m’effondrer et pleurer. Hétéros, ça vous a fait pareil lors de votre première relation?

Non, je ne suis pas en train de me plaindre en disant “Bouhou, pauvre de moi” et en faisant ma victime. Oui, en France les homosexuels sont quand même tolérés alors que dans d’autres pays, on les pourchasse, les torture et les exécute… (cf plus haut) On est un pays civilisé et tolérant tout de même ! Oui, je ne dis pas le contraire, ce qui me dérange c’est cette simple “tolérance” et non acceptation par les lois et les gens.
Oui mes parents, mes amis l’ont acceptés et m’aiment tels que je suis, même si parfois ils aimeraient, je le sais, que je sois plus à leur image, je n’ai pas été rejetée. Je n’ai jamais choisi de refouler ce que j’étais pour faire plaisir ou par facilité, même si j’ai failli, je n’ai jamais prit en plein tronche une remarque violente et homophobe ou été violentée, mais d’autres l’ont vécus et certains le vivent tous les jours, je le constate dans la presse et à l’association. Et même si cela ne me concerne pas directement, ça me fait mal tout de même et me donne envie de faire changer les choses au maximum pour qu’on se sente enfin acceptés, en paix avec nous-même et libre d’agir, sans en avoir honte, sans en avoir peur…

Je déplore de plus en plus de constater que les droits de l’homme, en France je parle, (parce que si je devais parler pour le monde ça serait pire…) sont “bafoués” chaque jour par ces petites discriminations qui nous désignent marginaux par la société et n’aide pas certaines personnes à nous accepter.
Le principe est que certains humains doivent faire évoluer la société pour qu’ensuite la société en fasses évoluer d’autres… je sais bien que le monde ne sera jamais idéal mais quand la « norme » sera devenue plus humaine, on aura déjà fait un pas immense.

En tous les cas, me concernant, quand je serre la personne que j’aime dans mes bras, garçon ou fille, et que tout prend enfin sa place et son sens, je me sens en paix avec moi-même, ”normale”, bien et complète. J’aimerais juste que tout le monde puisse ressentir la même certitude et la même paix de l’esprit dans ces moments là.





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