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Les initiations de la vie
par spécimen le 13 Novembre 2008 dans Ta vie / Expériences vécues
12 commentaires


ou comment rater consciencieusement chacune d'elles pour finir par réaliser tardivement que l'on a vécu tout ce temps à s'ignorer…

Oui c’est ça, c’est sans doute cela. Une vue de l’esprit pour le commun des mortels qui ne s’empêtre pas dans les futilités de la vie. Il a raison d’ailleurs le quidam, il y a tant d’autres choses à s’occuper dans la vie que de trébucher sur des questions existentielles. Dès notre naissance, j’ai acquis maintenant la conviction que nous passons différentes étapes, différentes épreuves au cours de notre évolution vers l’âge adulte jusqu’à notre décès. Elles sont là pour nous faire grandir, pour nous faire mûrir, pour nous faire progresser, pour nous armer à vivre notre condition, notre situation, pour nous accepter, pour nous rendre autonomes et responsables. Elles sont là également pour façonner notre libre arbitre, notre culture, nos convictions, nos avis, notre personnalité, notre spécificité, notre richesse !

Encore faut-il s’y soumettre, encore faut-il accepter de les affronter, encore faut-il savoir les utiliser. Sans doute, la plupart des personnes n’y a pas prêté attention, sans doute elles ont passé une à une ces épreuves « imaginaires » sans s’en rendre compte pour devenir les femmes et les hommes que je suis amené aujourd’hui à côtoyer au quotidien. A ce titre, je suis toujours autant frappé par cette diversité au détour d’une rue, d’un échange éphémère à la caisse d’une grande surface, à l’arrêt d’un bus, à la gare, au téléphone avec un fournisseur ou un client etc…

Nous habitons pourtant le même pays, nous avons le même président, nous parlons la même langue, nous sommes pourtant constitués des mêmes protéines, des mêmes cellules, nous respirons le même air. Et bien non, nous sommes tous radicalement différents, certainement parce que nous n’avons pas la même sensibilité, le même vécu, les mêmes origines, le même milieu. C’est à ce stade que l’on réalise à quel point nous apparaissons sur Terre tel un « volume enregistrable » vierge que la vie de tous les jours va remplir, modifier, modeler, écorcher, construire, façonner, détruire pour donner autant d’individus différents que seules les lois de la statistique permettent de donner une idée assez précise de l’ampleur des combinaisons possibles et infinies.

Encore faut-il se frotter à ces épreuves, encore faut-il s’y soumettre… C’est là sans doute que je suis passé à côté de l’essentiel dès le plus jeune âge. Dès 5 ans je pense, les dés tronqués du hasard allaient m’orienter dans des chemins très confus et tortueux que je m’étais finalement moi-même dessiné. Matériellement parlant j’ai eu une enfance puis une adolescence ordinaires. Mes parents ne roulaient pas sur l’or c’est vrai, mais justement cela donne des bases que je pense saines pour avoir une assez bonne idée de la valeur de l’argent et du vieil adage que « toute peine mérite salaire ». Volontairement je ne mentionne pas les principes et les valeurs qui constituent le « package » j’y reviendrai très certainement plus tard dans ce développement.
Non, c’est plutôt psychologiquement que la vie va très vite se compliquer… et cela dès 5 ans.

Avoir une sœur d’un an son aînée, c’est bien. L’aîné, le premier des enfants essuie souvent les plâtres de l’éducation parentale balbutiante. Les suivants étant là pour récupérer tous les bénéfices issus de l’expérience alors acquise… Et bien non, la Nature en aura décidé tout autrement ! Et bien non ! Elle donna naissance à une première vie handicapée, puis à une deuxième plutôt « spéciale ». Je laisse de côté les détails choquants et traumatisants de voir une sœur qui aura passé la majorité des 5 premières années de sa courte vie à l’hôpital avec toutes ces barres de fer, tout ce plâtre, toute cette souffrance. C’est à ce titre parfaitement incroyable quand j’y repense la résistance et la malléabilité du corps humain sous l’acier froid, méthodique et impersonnel des chirurgiens. Sans doute l’hypersensibilité dont je suis affublé vient grossir le trait de ce que j’ai vécu et ressenti, mais nul besoin d’être hypersensible pour voir et ressentir l’inquiétude, le stress, l’angoisse et une bonne grosse dose de culpabilité dans les yeux de ses parents alors rivés sur l’existence de ce petit être fragile qu’était cette sœur.

Enfin, ses 5 premières années ne furent pas de tout repos (4 pour moi pour ceux qui ont décroché à ce stade) et laisseront des séquelles d’ordre mental. En bons parents, pour lui donner toutes les chances de son côté, ils ont décidé de nous mettre ensemble à la maternelle, moi j’y étais déjà dès que j’étais en âge, loin d’eux qui avaient élu domicile à Paris, seul endroit à l’époque qui soignait les problèmes dont souffrait ma sœur. Puis logiquement ensuite à l’école primaire pour suivre une scolarité normale. C’était sans compter sur la méchanceté et la cruauté des enfants et de la stupidité crasse ignorante des adultes… A l’époque, nous nous ressemblions comme 2 gouttes d’eau avec pourtant un an de décalage. Très vite, ce qui devait devenir l’école de la Vie allait devenir pour ma part un enfer. Je n’existais pas en tant qu’individu, mais le frère de l’ « autre », cet être que des cerveaux adultes bien trop étriqués et intolérants considéraient comme une erreur de la Nature, comme une infamie, comme une insulte en leur présence. L’équipe pédagogique était patiente, mais trop peu longtemps. Elle était tolérante mais de façon très inégale parmi ses rangs. De toute façon il fallait se rendre à l’évidence, ma sœur n’était pas dans une structure adaptée pour compenser son handicap. Mais la persistance des parents à la maintenir dans une école classique aura eu raison de tout ce calvaire. Avec le temps, de la patience et de nombreux redoublements elle a appris tout de même à lire, écrire et compter, une victoire vu les conditions de son départ dans la vie !

En parallèle, mes parents ne réalisaient pas l’ambiance délétère des cours de récréation, l’environnement lourd sous les quolibets de mes camarades de classe dans lequel j’évoluais. Ces derniers étaient inspirés certainement par l’indiscrétion et la connerie infâme des adultes et/ou des parents qui nous voyaient à la rentrée ou à la sortie de l’école les matins et les soirs… Je crois j’ai considérablement déçu ma mère quand je l’ai suppliée à 8 ans de ne plus amener ma sœur dans la même école que moi tellement cela devenait insupportable… La première étape de la Vie qui est d’apprendre à vivre en communauté fut pour moi un véritable calvaire ! Le fait d’être discriminé, rejeté, vilipendé, non pas pour ce que je suis mais pour ce que je représentais, le frère de l’ « autre », allait définitivement brouiller les pistes tranquilles d’une vie qui aurait pu être normale. Quand on est marginalisé dès le plus jeune âge, je crois il y a 2 solutions. La première est d’affronter, la deuxième est de se réfugier. Pour ma part, j’ai choisi la deuxième, incapable de surmonter quoique ce soit tellement le regard des autres revêtait pour moi de la plus grande importance. C’est alors qu’il a bien fallu se construire un « monde » avec des repères bien moins traumatisants, bien plus rassurants, bien plus réconfortants, bien plus prévisibles pour atteindre un certain équilibre et tenter de grandir malgré la formidable emprise que je laissais les autres avoir sur moi.

Les livres furent alors à la fois un de mes plus solides refuges et un de mes plus fidèles alliés, de par leur constance et de par leur « prévisibilité »… Je crois ce n’est pas tout le monde par exemple qui lit la trilogie du seigneur des anneaux avant 8 ans… Arthuc C. Clarke, D. Brinn, L. MacMaster Bujold, S. Baxter, KS. Robinson, I Asimov, P. Bordage, AE. Van Vogt etc… et compagnie constitueront le premier pan de mes repères sociétaux, au moins jusqu’à l’âge de 18/19 ans. Avec la religion, ils définiront les valeurs et les principes très rigides sur lesquels je me suis construit. Le deuxième pan aura été la source inépuisable de livres et d’encyclopédies scientifiques que mes parents ont eu le bonheur, l’inspiration et la paix d’acheter pour canaliser mon hyperactivité… (en effet, la lecture d'un bouquin cause beaucoup moins de stress et de tracas administratifs vis-à-vis de la DDASS que de nombreux séjours à l’hôpital ou chez le docteur avec plusieurs points de sutures en prime dont j’ai fait l’objet à de trop nombreuses reprises…)
La lecture de cette quantité de livres aura pour conséquence directe d’occulter une part entière de ma personnalité et de ma vision de la nature humaine en générale, à savoir la sociabilisation, et les relations humaines. Qui ne se rappelle pas de ses amis de collège, de lycée ? Qui n’a pas gardé de contact avec des anciens camarades de la première heure ? Je fais partie de ceux là. Je suis littéralement passé à côté de tout cela bien trop effrayé par les autres qui étaient devenus au fil du temps l’inconnu le plus total, le vide incommensurable à la fois effrayant et troublant ! Ne parlons même pas de l’amitié, du contact physique, encore moins du sexe ! C’est sans doute une étape importante de l’adolescence que j’ai là encore contournée… en tout cas que je n’ai pas expérimentée pour en ressortir plus fort, plus mûr, plus sûr et plus stable, bien au contraire !

Malgré tous ces bouquins achetés et donc digérés, les parents lisaient bien à longueur de bulletins de notes que j’étais un élève passable, médiocre, associable et immature pour mon âge… mais peu importe, pourvu qu’il compense l’échec cuisant de leur fille, c’était là l’essentiel ! « Non mon fils, tu ne seras pas vulcanologue mais, au minimum ingénieur ! » Très bien, partons alors pour 5 ans d’études en Ecole mais le plus loin possible des parents et tout ce que ces 19 trop longues premières années représentent de plus noir et de plus stérile en moi à aujourd’hui 34 ans ! C’est vrai, il y a quelque chose de rassurant dans la lecture des livres. Sans le vouloir, ils ont une vocation dogmatique et péremptoire par auto-didactisme et m’ont orienté à regarder l’environnement dans lequel je vivais au travers du prisme de la perfection. A contrario, on n’y lit pas les choses de la vie et la chute qui s’annonce dès la première année de mon arrivée à Lyon en tant qu’étudiant en sera d’autant plus cuisante…

Quel choc, quelle révolution de débarquer dans un monde parfaitement inconnu où se mélange la compétition, l’attraction, la haine, la stratégie, le calcul, la politique, la méfiance, la confiance, la défiance, l’amitié, la traîtrise, tout cela sous l’égide de la relation humaine ! Très facile, dès le début je suis catalogué de caractériel, froid, austère, très susceptible, très péremptoire, très direct, très brut de décoffrage… ‘fin bref, le garçon sentait tout de même des ailes lui pousser dans le dos. Il se rebiffa donc et gagna l’amitié, la loyauté et la fidélité de quelques amis sur lesquels il peut encore compter aujourd’hui. Mais cette victoire ne s’est pas faite naturellement, de façon innée. Ce fut un véritable combat, contre moi-même d’abord, puis contre les autres. Contre moi pour affronter les peurs, l’imprévisible, l’immaîtrisable et l’inconnu, contre les autres pour m’imposer et se faire accepter tel l’extraterrestre que j’étais… Je crois à ce titre que c’est ma naïveté légendaire et le fait d’être radicalement en décalage avec la société qui m’a aidé finalement.

Et je ne parle toujours pas d’orientation à ce stade… Etonnant n’est-il pas ? Et bien non, pour moi, il ne s’agissait que d’une vue de l’esprit tous ces gens qui s’embrassaient, qui se tenaient par la main, qui se touchaient, se faisaient des câlins. Je n’avais aucune référence livresque à ce sujet, donc purement et simplement cela n’existait pas pour moi. Je suis pourtant tombé amoureux de 4 femmes pendant ces 5 années, mais incapable de concrétiser ou d’aller plus loin avec elles tellement j’étais emporté par un flot de sentiments et d’émotions intenses incoercibles… Le plus loin j’étais des relations amoureuses, le plus loin j’étais du contact physique, le mieux je me portais, j’avais fini par en être persuadé… En 25 ans, quand on a connu la solitude et les livres comme simples repères, difficile de mûrir et d’évoluer vers quelque chose de stable, de serein et de sain…

Je passe rapidement les 4 années suivantes passées dans les Antilles anglaises et dans le nord est de la France qui m’ont permis de découvrir et comprendre ce qu’était l’hypersensibilité. Première véritable bouée de sauvetage pour m’aider à compenser et maîtriser les trop nombreuses émotions et sautes d’humeur qui m’assaillaient. Par le simple exercice d’une respiration contrôlée, cela permet de diriger et d’orienter au moins 40 à 60% des imprévus qui peuvent déstabiliser un être cohérent en un claquement de doigts ! Mais il y avait toujours ces questions existentielles qui revenaient sans cesse, toujours ces envies suicidaires en permanence, toujours ce mal être et ce manque de confiance en soi, toujours ce sentiment d’infériorité et de ne pas être celui que l’on est…

A ce stade de ma réflexion, je pense qu’il y a au moins 3 grandes étapes dans l’adolescence… L’apprentissage de la vie en communauté, les relations humaines et amicales et enfin la sexualité. Arf ! c’est bien simple, je crois j’ai raté les 2 premières épreuves et je ne me suis même pas frotté à la troisième… et tout ça au bout de 29 ans d’existence !

Dans le sud de la France pendant ces 5 dernières années, deuxième bouée de sauvetage ! La montagne, qui est une passion au même titre que la volcanologie, au lieu de la vivre qu’une à 2 semaines dans l’année, j’avais l’opportunité de la vivre toute l’année ! La montagne ça vous gagne ! Pendant 5 ans, à coup de skis de randonnée l’hiver, de chaussures de randonnée l’été, de refuges, de photographies, d’articles, d’expositions photos, j’allais soigner tout ce mal être. Ce n’était plus une passion, c’était un besoin vital, une fuite en avant ! Dès les premiers mètres d’altitude gravis, tout s’effaçait, tout disparaissait, tout s’estompait devant la magie et la beauté insondable de la Nature dans sa plus pure expression ! Plus aucun stress, plus aucune angoisse, plus aucun doute ! Toujours plus, toujours plus haut, toujours plus dangereux et insensé, toujours plus inconscient pour le niveau que j’avais. Le principal c’était de se perdre dans cette sérénité infinie qu’offre la montagne ! Car à chaque fin de week-end, quand il fallait rejoindre le parking où était garée la voiture dans la plaine, toute la noirceur laissée et abandonnée au quotidien de la société réinvestissait mon cerveau pour encore plus me faire sombrer dans la détresse de ma solitude et de l’incompréhension de qui j’étais réellement.

Puis de nombreux déclics vont s’enchaîner dans mon esprit à la mort d’un dernier grand parent, d’un oncle, puis d’un deuxième, puis d’un ami de la montagne de mon âge, puis enfin de ma mère. Je prends de l’âge, la vie est fragile et ténue, je suis toujours seul, j’ai toujours ce sentiment infernal de vivre à côté de quelque chose, de ne pas être moi, d’être dans une situation plus qu’inconfortable, toujours avec ces envies suicidaires lancinantes. Les livres ne m’aident plus à trouver les réponses à mes trop nombreuses questions qui dépassent complètement le cadre de la science pour rejoindre celui de la métaphysique et de la philosophie. D’ailleurs je les ai même bannis un temps tellement ils étaient incompétents à me fournir des solutions aux problèmes posés, alors que jusqu’à présent ils avaient rempli parfaitement leurs offices pour lesquels ils avaient été rédigés ! C’est con à écrire, j’ai même eu le sentiment un moment qu’ils m’avaient trahi en fait là où j’avais le plus besoin d’eux… Il suffisait seulement de réaliser, qu’il n’existait pas de livre pour comprendre qui j’étais réellement… C’était à moi seul de mener cette ultime introspection…

Bref, il était donc temps de fonder une famille avec une femme, des enfants, une maison, de l’herbe et un chien… D’autant plus sous la pression redoublée du père qui d’un coup ployait sous l’effet de l’âge et de son trop brusque veuvage… lui qui venait tout juste d’être retraité un mois plus tôt… Pourtant un an auparavant, en 2005, j’avais commencé à réaliser que je ne regardais pas forcément que les femmes dans la rue… mais non ce n’était pas possible, j’étais tombé amoureux de ces 4 femmes dans le passé, c’était donc une « nouvelle vue de l’esprit ».
Sauf que fin 2007, il a bien fallu se rendre à l’évidence de la situation dans laquelle j’étais. J’avais fini par me réfugier et dans la montagne le week-end, et dans le travail le plus tard possible la semaine. De telle sorte à être épuisé mentalement et physiquement pour ne pas cogiter pendant les heures où je me retrouvais complètement seul dans ce lit tout aussi gigantesque que froid. C’était sans compter sur ce nouveau patron qui m’imposait de rentrer chez moi à des heures urbaines le soir après le travail. C’était sans compter de tout ce temps de libre, les week-ends loin du ski, loin de la montagne. Ni la piscine, ni le rameur ne parvenaient plus à compenser, à accaparer la capacité cérébrale de ma réflexion.
Et fatalement les questions et les doutes revenaient sans cesse tel le ressac des vagues sur le rivage érodé par le temps et l’eau. Je me retrouvais confronter très rapidement à ma véritable orientation en ce 8 décembre 2007, date à laquelle j’ai décidé de m’inscrire sur le forum… Au début j’avais considéré que c’était une monumentale erreur de changer de travail et de m’inscrire, mais en fait il faut bien admettre que ce fut la troisième bouée de sauvetage… de mon esquif que j’avais laissé partir à la dérive depuis le commencement !

La vie ne serait donc qu’une suite d’étapes initiatiques pour mieux évoluer, pour grandir dans son environnement avec tous les outils nécessaires pour garantir son épanouissement personnel. Mais la vie c’est aussi se confronter à des situations inédites, des coups durs, des moments intenses. Je ne suis pas en train d’écrire que la mienne a été pour autant malheureuse, seulement que son commencement un peu spécial explique largement le profil et la personnalité que j’ai aujourd’hui. Elle explique comment j’ai pu à ce point m’ignorer et comment j’ai pu à ce point être aveugle à la réalité pour mieux me protéger.
Il m’aura fallu presque un an pour réaliser tout cela et je pense je suis encore loin de me sentir aussi libre et aussi légitime que chacun d’entre vous pense l’être en assumant et en acceptant votre orientation et votre condition. Mais peu importe, j’ai maintenant la mesure de la tâche qui m’attend. Cela va prendre du temps et avec tout ce retard accumulé, cela va d’autant décaler le bonheur que je mérite comme tout le monde sur Terre. Celui de vivre ce que l’on est réellement, et non se conformer aux regards des autres en menant sa vie par procuration.




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