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Drôle d'histoire...
par gwel le 14 Août 2007 dans Ta vie / Expériences vécues
6 commentaires


Une tranche de vie... mais qui a dit que c'était la mienne?

Replaçons-nous en contexte, notre héros fait une année d’études à l’étranger. Il s’est bien intégré, arrivé au mois de mars, il partage un appartement avec deux autres étudiants de son université d’origine, Ronan, un grand gaillard un peu bourru, et Ana, une grande gaillarde pas très rock’n’roll…
Malgré quelques bas, la colocation se déroule somme toute bien car notre héros, de son côté, s’est tissé un réseau d’amis autochtones avec qui il passe le plus clair de son temps… Etudes/Fiesta/Sea/Sex/Sun = les parfaits ingrédients pour que notre héros vive une année qui restera à jamais gravée dans son esprit. Voilà pour le contexte.

Ce fameux mois de mars…
Le carnaval local vient de voir l’enterrement de sa sardine (coutume locale, à ne pas confondre avec l’enterrement de la morue portugaise –car comme chacun sait, les portugaises sont de vraies morues- NDLR), une amie de notre héros vient de reprendre valises et avion direction la France, il accueille à leur tour ses parents pour deux semaines de vacances, histoire que ces derniers vérifient que notre héros a effectivement une belle vie, dans un mois pile c’est son anniversaire, où douze de ses amis viendront le voir pour fêter ses 21 ans de façon digne… Tout va pour le mieux !

En ce vendredi soir, Ronan, fin cordon bleu, a décidé d’inviter les parents de notre héros pour déguster une de ses recettes de prédilection, la blanquette de veau… la soirée est tout à fait relaxante, notre héros raccompagne ses parents dans la résidence où ils sont logés, et s’en va prendre un dernier verre dans le bar de Vénézuéliens qui les ont adoptés, lui et son Ronan de colocataire. Petite soirée, un verre, pas plus, il se l’était promis pour assurer avec la famille le lendemain, et nos deux comparses vont se coucher…

Mais trois petites heures plus tard, le téléphone sonne… Notre héros sait tout de suite qu’un coup de fil à cette heure si matinale ne peut pas être bon signe, il enfouit sa tête dans son oreiller et attend de voir pour qui le téléphone vient de sonner / après coup il utilisera l’expression « pour qui le glas vient de retentir »… et bingo, cet appel lui est destiné. Au bout du fil, le maire de son village qui l’appelle pour lui annoncer de façon fort maladroite une bien triste nouvelle, au détour d’une route de campagne, la voiture du frère de notre héros a fait quelques embardées, et le conducteur ne s’en est pas sorti.

Gros blanc. Grosse crise de larmes. De nombreux cris. Et la réalité qui revient au galop, les parents de notre héros se trouvent là, à 1 km de lui mais tous sont à 1500 km des lieux du drame. Il va dès lors falloir se remonter les manches, affronter toutes sortes de démon, et aller annoncer la bien triste nouvelle aux parents… la suite, en bref, une famille prostrée, attendant dans 2/3 aéroports et ne trouvant rien à se dire, si ce n’est « il faut qu’on rentre vite, il faut qu’on rentre vite… », les compagnies aériennes relativement compréhensives, une partie de l’avion bloquée pour toute la famille, le retour, la famille, les amis, les funérailles, le lexomil bien vite remplacé par l’herbe qui, somme toute, a un véritable effet apaisant chez notre héros… Deux semaines plongées dans ce tourbillon morbidement pathétique, et la question se pose pour notre héros, rester avec ses parents ou retourner aux études, là-bas, à 1500 km…

Après nombre de réflexions, il s’avère que la deuxième option est sans doute la meilleure, et le voilà reparti vers l’aéroport pour faire chemin inverse.

Back to les îles (je n’ai pas précisé, notre héros fait son Erasmus dans les îles), le moral forcément pas au beau fixe, mais de réelles et solides amitiés qui se sont forgées depuis la rentrée de septembre, et notre héros se fait autant voire plus materner que s’il était resté chez ses parents…

Une personne se détache, une dénommée Marina, montpellieraine de souche, mais qui a baroudé comme rares l’ont fait, à travers le globe… et avec Marina, notre héros retrouve le sourire –en même temps qu’il boit de la vodka-coca pour oublier et qu’il fume de l’herbe pour se relaxer-, et fatalement, il décide de quitter l’appartement qui aura le théâtre de la tragédie et s’installe momentanément chez sa copine Marina. Histoire de couper avec l’endroit qu’à ce moment-là il juge maudit. Choix anticipé par la présence de la famille de Ronan, qui lui renvoie en pleine figure ce qu’il vient de perdre.

Quelques jours plus tard, alors que Marina a des problèmes d’électricité, les deux amis décident d’aller demander de l’aide au voisin remarqué quelques jours plus tôt, pour qu’ils les aident avec la tuyauterie –oouups je m’égare-, pour qu’ils les aident avec les prises et autres installations électriques tout droit sorties de Beyrouth en plein guerre… La providence que voilà, le voisin s’amourache de Marina (pas de bol pour notre héros…) et quitte son appartement ! Un appartement gagné pour l’un, un petit ami pour l’autre (pour info cette histoire durera près de quatre ans…), et notre héros décide donc de déménager. Quelques démarches plus tard (il faut trouver remplaçant dans l’appartement d’origine, prévenir les colocataires, déménager le peu d’affaires qu’il a…), le voici donc dans une chambre dont la fenêtre donne sur la chambre de son amie Marina. Le revoilà parti pour des vodkas-cocas à foison et de l’herbe à n’en plus pouvoir… Il rencontre de nouvelles personne, sort à tout va, délaisse légèrement les études, mais qu’importe, il a l’impression d’avoir retrouvé un bien-être qui lui faisait cruellement défaut depuis un mois. Parallèlement, il a retrouvé un colocataire à ses colocataire, un dénommé Sebastian, un gars à qui on donnerait le bon dieu sans confession, un brave type, en apparence…

L’étape suivante voit l’arrivée de la bande des douze, douze amis bien décidés à remonter le moral de notre héros… les plans ont été bouleversés par les changements récents (quid du logement à douze sur la terrasse de 60 m² du premier appartement) mais aussi par les conditions climatiques ! Ces îles où ils se trouvent, réputées pour leur printemps permanent, sont à ce moment-là en proie aux fortes pluies, aux inondations, aux tempêtes de neige (incroyable mais véridique), et la bande des douze, malgré de nombreux efforts, est sans cesse arrosée d'eau, mais le moral reste bon et tout le monde passe un bon séjour. Eprouvant pour notre héros –gérant le logement chez les amis français en Erasmus, trouvant des activités qui ne riment pas avec Sea/Sun…-, au final le voyage se déroule plus que bien, ce qui n’empêchera pas notre héros de pleurer toutes les larmes de son corps, résultat d’une accumulation de stress, une fois les derniers survivants de la bande des douze mis dans l’avion !

L’étape suivante, BIS, ou que s’est-il passé en parallèle des vacances de la bande des douze ? Le nouveau colocataire, celui à qui on donnait le bon dieu sans confession, se trouve être légèrement bizarre…

Les faits : Ana de retour de vacances se voit envahie par Sebastian qui a remplacé notre héros, elle n’a été mise au courant de ce changement qu’à l’aéroport, l’a d’abord bien pris, car un espagnol parmi deux français, c’est toujours mieux que trois français, puis…

Acte 1 Scène 1 : les 600 euros : un matin, la bande des douze vient rendre visite aux français dans l’appart’ de Ana, Ronan et Sebasian qui lui accueille Tony, dans l’ancien appart’ qu’occupait notre héros donc. Café pour tout le monde sur la terrasse, Ana, elle, est revenue avec une amie, Rosa-Maria, et Marina, la copine de Montpellier précédemment citée est également présente. Ce qui fait que 19 personnes sont présentes dans l’appartement au même moment… Le café terminé, tout le monde repart à ses activités, et le soir, quand Ronan revient à l’appartement, il trouve Sebastian sur le sol de la salle de bain, un flacon d’on ne sait quoi mais vide dans la main, il le chatouille pour le réveiller, et Sebastian, chatouilleux se contorsionne tout de suite –mais à quoi rime donc cette mise en scène ? A son retour, Ana, ayant retiré une forte somme d’argent en France, ça coûte moins cher, disait-elle, se rend compte que la dite somme a disparu… On ne saura jamais où l’argent aura fini…

Mais Acte 2 Scène 2 : la vie de roi… Sebastian est arrivé dans l’appartement en donnant de bonne garanties, il a d’ailleurs un rythme de vie qui colle à ses dires, avant l’histoire des 600 euros, il achetait déjà un bouquet de roses quotidiennement pour le placer sous son cadre de Marilyn Monroe, mais là ça devient fastueux, il achète les bouteilles de vin les plus chères, les verres en cristal pour apprécier le vin à sa juste valeur, invite ses nouveaux amis (tous sauf Ana, bien sûr) dans les restaurants les plus chers, tout ça colle avec ce qu’il en disait avant l’affaire, mais bon, ça reste louche…

On en arrive à l’Acte 2 Scène 1 : après le départ de la bande des douze, notre héros se remet à fréquenter Ronan, revient à l’appartement où il se sent toujours chez lui –d’autant que les nouveaux colocataires ne sont pas aussi gentils qu’ils en avaient l’air-, Ana s’est elle résigné, après avoir engagé un détective privé, elle a finalement fait une croix sur son argent et a pris la poudre d’escampette pour s’installer avec une danoise un peu baba-cool, bref !
Et il se trouve que Sebastian est un homosexuel fortement affirmé, qui héberge donc Tony dans cet appartement, Tony étant la véritable allégorie de la follasse attitude. Et notre héros se laisse séduire par Sebastian, préférant appliquer le principe de présomption d’innocence. Parallèlement il ravale sa fierté et se réinstalle dans le premier appartement.
Commence une amourette qui ne durera que très peu de temps, car de mensonges en manigances, Sebastian se révèle finalement au grand jour, justement quand les fonds dérobés ne lui permettent ni de vivre, ni de payer son loyer… de plus colérique, et essuyant le refus de notre héros de l’accompagner au baptême de la cousine éloignée, il le menace de mort, suggérant « qu’une chute par-dessus la terrasse pourrait apparaître tout à fait accidentelle »… un matin, le porte-feuille de notre héros disparaît à son tour, ce qui fait qu’il finira son année d’études à l’étranger sans aucun papier ni moyen de retrait ou de paiement… mais qu’importe, le ton est monté très vite et les propos ont atteint de hauts sommets…

Acte 2 Scène 2 : la courtoisie est de mise, les relations moins… un problème, comment Sebastian va-t’il payer son loyer… ce Sebastian, décidément bourré de surprises, sort une nouvelle carte de son jeu… en la personne d’Andrea ! ou plutôt Raul, qui est venu dans les îles se faire opérer car apparemment le changement de sexe revient à moins cher que dans la péninsule…

A son arrivée, Andrea se voit contrainte et forcée de payer le loyer pour pouvoir être hébergée, mais confie l’argent à Sebastian qui deux jours plus tard aura tout dépensé ! Les français, en grands seigneurs qu'ils sont, s’occupent de tout ce qui est alimentaire, pour 5 personnes, mais le problème du loyer reste toujours latent…

Un jour, Sebastian annonce qu’il a trouvé une solution, qu’il s’en va de ce pas chez sa mère chercher l’argent nécessaire, prend un sac à dos, demande à Andrea si elle préfère du jambon ou du fromage pour son sandwich, ferme la porte… et ne reviendra jamais, laissant sur les bras des français Tony, la grande folle, et Andrea, le transsexuel… On ne le reverra jamais plus !

Quand je disais drôle d’histoire…




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