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Tranche de vie: Mon année de terminale
par Solène le 3 Juin 2007 dans Ta vie / Expériences vécues
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Meilleurs et pires souvenirs. Entre découverte, quiproquo et non-dits. Un cocktail qui ne peut faire bon ménage longtemps

(Cet article ne servira sûrement qu'à me soulager et ayant au moins ce mérite, je me permets de l'écrire)

Jour de rentrée, jour de gaieté (je ne croyais pas si bien dire avec la GAIeté).
Tout s'annonce bien, nous sommes peu nombreux et je connais la majorité des élèves depuis la 6ème mais je ne sais pas encore qu'un changement s'opère en moi: je porte un regard différent sur moi-même, je m'intéresse enfin à tout ce que je peux ressentir.

La première chose, qui peut paraître anodine, est que je suis à nouveau très "intriguée" par LA lesbienne de la classe(je la nommerais F), comme si un lien imperceptible me reliait à elle. Mais pas seulement à elle,a vec le recul, je me souviens avoir toujours été attirée par les couples homos que je croisais dans la rue.
Je ne me pose pas plus de questions que ça, bien que je m'intéresse énormément à son "mode de vie" et que ma mère me fasse régulièrement remarquer que je parle beaucoup d'homos désormais.
La deuxième chose est l'étrange sentiment de malaise que j'ai à chaque fois que je vois ma prof de musique. Son allure masculine m'interpelle, sa façon de regarder les filles aussi d'ailleurs. Mais je ne m'en préoccupe pas plus que ça, je sais seulement qu'elle me fait peur.
Puis cela s'estompe et laisse place à une grande sympathie et une certaine complicité entre nous.

Et puis il a fallu que ma meilleure amie B se mette à "jouer" un peu dangereusement avec F, à faire des allusions douteuses...Je n'en reviens pas!!
E et moi décidons donc de la tester, de ma forcer à aller au-delà de ses limites, à montrer sa vraie nature. Pour cela, il faut aussi "jouer", jouer de son charme, la draguer quoi! Le seul problème c'est qu'on n'est pas lesbiennes mais, étant donné que je connais B depuis longtemps et que je la vois aux cours de musique, c'est donc moi qui m'y colle.
Je m'y attèle avec un soin étrangement particulier (cela aurait déjà dû me mettre la puce à l'oreille) et ??!! mais non?! ce n'est pas possible!!? mais c'est moi qui vais au-delà de mes limites?! pourquoi ai-je cette sensation étrange et...agréable (!!?? 8-s) rien que lorsqu'elle me frôle?dès qu'elle me sourit? et, pour combler le tout, pourquoi je commence à éprouver un certain désir??
Je ne réfléchis plus et j'occulte soigneusement cette face cachée (elle porte bien son nom tiens!) de ma personnalité.
Seulement voilà, un "malheur" n'arrive jamais seul.
B "pseudo" sort avec F!! (je dis pseudo parce que c'était que pendant les cours et que F était déjà avec sa copine actuelle).
C'en est trop!j'ai beaucoup de mal à accepter. La jalousie me ronge puis cède sa place à la dépression. Je ne peux plus le cacher, je suis homo...euh??...bi...c'est mieux bi, non? ma mère dit que ça laisse une chance d'être "normale" et de ne pas gâcher sa vie (je vous rassure, c'était juste ma pensée à ce moment-là. aujourd'hui je ne pense plus comme ça). Je reste sur ces belles paroles et me convaincs tant bien que mal que je suis bi.

Les beaux jours arrivent et l'amitié profonde revient avec B. On s'entend mieux que jamais et on commence à avoir des doutes sur la prof de musique (emdp), d'où la décision (énorme erreur?) de soutenir son regard lors des échauffements vocaux (elle a en fait l'habitude de nous fixer une par une). Cela tombe bien, j'ai la fâcheuse tendance à détourner le regard quand on me parle ou me regarde.
Tout ceci doit l'intriguer, surtout que mon attitude avec B n'a pas du lui échapper. Je remarque qu'elle revient tout le temps sur moi et, inlassablement, je soutiens son regard qui se fait de plus en plus insistant au fil du temps.
Et là, patatra! le quiproquo!!
Les cours de zik est mon seul moment de liberté de la semaine et surtout le seul moment où tout ce que j'aime est réuni.
Seulement, aujourd'hui, la prof est de mauvaise humeur et entre dans la salle en nous parlant avec un ton agressif. Ma bonne humeur et ma joie s'effondrent en un clin d'oeil et je ne peux m'empêcher de faire ostensiblement la tête. Elle me demande pourquoi mais comme le cours doit continuer je suis obligée de lui expliquer sur un bout de papier. Tout y est clair et sans ambiguité, j'explique simplement que le cours de musique est mon seul moment de liberté et que je l'attends d'autant plus avec impatience que je l'apprécie elle parce qu'elle est une très bonne prof et que son attitude m'a braquée et a tout démoli.
Que n'avais-je pas écrit là!! voilà qu'elle comprend de travers et pense que je suis amoureuse d'elle!!
F lit attentivement le texto envoyé et les explications qu'elle donne. Il semblerait qu'en fait elle essaye de se convaincre elle-même qu'on ne peut pas être amoureuse d'une élève. Génial...elle a transposé ses sentiments sur moi et comprend des choses qui n'ont pas lieu d'être. Vous imaginez la situation dans laquelle j'étais. j'avais encore 1 mois et demi de cours!! Bref, on discute par texto et tout rentre dans l'ordre. Du moins, c'est ce que je croyais jusqu'en octobre dernier.

Emdp devient un peu une confidente. Elle m'écoute et tente de m'aider et moi je fais un maximum de choses pour ses spectacles (je suis l'instrumentiste attitrée. pas intéressant pour l'histoire mais tanpis). Je passe mon année post-terminale en parfaite complicité avec elle.Tout semble réglé, bien qu'il y ait toujours une pointe de séduction de sa part, tant dans ses actes que dans ses paroles ("ma biche", "ma chère et douce solène"). Tout se passe à merveille et je peux dire que ça m'a beaucoup apporté. j'en garde un très bon souvenir.
Puis une autre année scolaire débute (cette année) et je n'ai plus le temps de participer aux spectacles et de la voir. Résultat, je lui écris beaucoup par sms (peut-être trop mais j'avais pas d'autres moyens de com).
On finit par s'organiser une aprèm conversation un lundi au parc de la tête d'or. C'est plus elle que moi qui raconte sa vie et forcément éveille ma curiosité. Pas une curisoité malsaine, juste une envie de savoir mais sans forcer la main. "Et votre fille, comment ça se fait? ça colle pas avec ce que vous m'avez dit" erreur fatale ou simple excuse pour couper les ponts à cause de sentiments qu'elle ne pourrait assumer? toujours est-il que je n'aurai pas dû lui poser cette question. J'ai eu droit à une vraie tornade: limite insultes (je suis passée par tous les grades) et je me suis fait accusée d'harcèlement "textoique".
Réaction très violente et très blessante.
Je ne pense pas qu'elle serait allée jusque là si elle n'avait pas été au courant de mon homosexualité, elle n'aurait jamais vu d'ambiguité et ne serait jamais sentie vulnérable.

Je ne sais pas quoi penser et ne comprend toujours pas sa réaction. Un quiproquo de ce genre ne pouvait que laisser des traces, je n'aurai pas dû continuer à lui parler autant.
J'avais déjà"je suis lesbienne, c'est pas possible...pffffff" en boucle dans ma tête depuis 2 ans et vient se rajouter "pourquoi me faire ça à moi?" elle qui disait sans cesse qu'elle faisait son possible pour aider les autres.

La situation semble bloquée depuis octobre et je ne vois pas d'issue à court ou moyen terme.
Elle m'avait pourtant dit" il faut savoir pardonner", qu'en fait-elle aujourd'hui? Belles paroles que voilà!
J'ai tout tenté pour restaurer le dialogue et pouvoir mettre les choses à plat, je me suis même déplacée parce que je trouvais ça plus correct mais elle refuse d'écouter un seul mot de ma part.
J'en suis au point que je ne sais même plus si je veux une réconciliation, j'ai trop de rancoeur.

Pires et meilleurs souvenirs comme j'avais dit.
J'ai "découvert" mon homosexualité bien malgré moi et me trouve bloquer entre la réticence de mes parents, à qui je n'ai encore rien dit à cause de ça, et moi qui ai franchement du mal à me projeter dans l'avenir.
D'un autre côté, maintenant que je sais que je suis lesbienne je vais beaucoup mieux, comme si quelque chose avait été prisonnier depuis toujours et avait fini par retrouver sa liberté. Je me sens moi, plus vivante, moins mouton de panurge. Et puis cela m'a permis de créer des liens avec emdp pendant les années où j'avais le plus besoin d'aide psychologiquement.
Les non dits ont tout gâché." les silences sont parfois de dangereux explosifs".




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