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Ma mère ne s'en est jamais rendue compte.
par rouge_vif le 7 Mai 2006 dans Ta vie / Coming-out
13 commentaires


Quand on a la chance d'etre accompagne de son entourage. Voici en long, en largen et surtout en travers, un resume de ma vie jusqu'au fatidique, mais reposant... Coming Out



Je pense déjà bon de préciser que cela risque d'être long, en effet, je ne veux pas simplement expliquer comment cela s'est passé, mais avec un peu d'histoire, la mienne. Ca aide un peu pour comprendre les réactions de ma mère.

J'ai vu le jour par extraction de mon corps directement par le ventre de ma mère. En effet ma personne se tenait tellement bien au chaud dans le corps de ma maternelle, que préférant y rester, les médecins se sont vus obligés de venir me repêcher à la manière peu naturelle qu'on appelle la césarienne.

Lors de la grossesse, ma mère a eu la chance (quelle chance...) d'avoir une maladie infantile, la varicelle, ce qui a eu pour conséquence quelques handicaps. Une vue gâchée par une myopie, ainsi qu'un astigmatisme. Avec en paquet bonus, une malformation à la main gauche, en effet il me manque certains doigts. Ainsi qu'une maladie à 4 ans, atteint d'une septicémie, mon poids a rechuté, j'ai bien sûr failli passer l'arme à gauche. Evidemment cela n'a pas été bénéfique lorsque j'ai vécu l'école primaire ainsi que le collège, subissant ainsi multitude de remarques comparables à l'âge des autres petits diables qui faisaient facultativement office de camarade.

Quand j'étais gamin, j'ai eu le temps de fantasmer sur Superman, ainsi que les 2be3 (remarque, après mes oreilles furent irritées par Br*tney Sp**rs, jusque l'âge de mes 17 ans)
Mais bon, quand j'ai eu 11 ans, je me suis dit qu'il fallait peut-être m'intéresser aux filles, et là j'ai commencé à me fabriquer de faux fantasmes sur Lara Croft (Tomb raider - "en partenariat avec Crash Bandicoot" - toute ma jeunesse), puis sur l'héroïne d'une série désormais culte, du nom de Buffy (toute mon adolescence).

Mes parents aussi ont eu le temps de vivre des choses, si l'on peut dire cela comme ça. Ils ont divorcé lorsque j'avais quatre ans, juste pour dire à quel point cela m'est égal aujourd'hui. Non, le détail qui a bouleversé mon enfance, c'est un autre homme. Ma sœur aînée, a eu pour mauvaise idée de conseiller a ma mère de se trouver quelque d'autre, de refaire sa vie. C'est alors qu'après quelques rencontres, elle a finalement trouvé quelqu'un avec qui elle pensait pouvoir faire sa vie. Je juge important de dire que la famille était donc plus grande: 3 enfants du côté de ma mère avec deux filles, et un garçon cadet: moi. Ainsi que cet individu ayant 3 filles avec son ex-femme. C'est donc en 1994 qu'ils se sont connus, j'en avais 7. Tout au début le monde était beau et rose, mais petit a petit, j'ai commencé à subir diverses différences selon les sanctions subies, mauvaises ou bonnes. En effet ce nouvel homme avait pour habitude de favoriser sa propre progéniture. Comme les punitions qui s'avéraient toujours bien plus sévères envers moi-même et mes sœurs que les 3 autres garces. Le problème c'est que ma mère a pris, à ce temps l'habitude de fermer les yeux. Mais non seulement nous étions les enfants maudits, mais le petit enfant qui en a vécu les pires, le souffre douleur qui ne servait qu'à calmer les pulsions agressives de cette exécrable personne, c'était moi.
Pour seul exemple comparatif: pour une bêtise de même envergure (arracher un morceau de papier peint), la cadette du beau-paternel a eu droit a une belle gifle, tandis que la peau douce de mes fesses a eu droit a une dizaine de fessée. Ceci ne se remarquant aucunement en vue de la différence de l'action selon l'enfant.
Et ça continuait de pire en pire au fil des ans. Jusqu'au jour ou ma mère a ouvert les yeux, et voyant que cet enfoiré se servait d'elle - puisque non seulement il vivait au frais de la princesse, mais il osait lui porter préjudice à longueur de temps - , elle a tout bonnement décidé de l'expulser de chez elle, il y a presque maintenant 1 an a ce jour.

Il va de soi que pendant ce temps, j'ai eu le temps de broyer du noir. Imaginez, une vie atroce durant la vie de famille, ainsi que la persécution de la bêtise des jeunes ignares que j'ai dû supporter, surtout à mes dernières années de collège. J'ai donc au passage eu le temps de réaliser jusque 5 tentatives de suicide en 4 mois d'écart, lorsque j'avais redoublé ma 4è, il y a 4 ans maintenant.



Une fois au lycée, comme je n'avais aucune expérience de la vie sociale, comme j'étais toujours enfermé chez moi, je me suis écroulé en beauté. J'ai donc erré seul, avec des notes catastrophiques, découvrant... la société. J'ai mûri, commence à changer. Et la j'ai commencé à douter, ou du moins ne pas m'avouer mon autre différence. A cette particularité qu'elle n'a bien entendu aucun rapport avec la maladie qu'a supporté ma mère lors de mon développement. Au final, avec le temps, j'ai décidé, ou du moins on m'a fait réfléchir que... J'ai commencé à aimer les garçons simplement parce que j'ai toujours aimé les garçons. Le jour où j'ai réussi à le faire accepter à moi-même fut l'une des étapes les plus dures, non pas la difficulté à réaliser cette idée, mais le temps qu'il m'a pris de m'assumer tout ce temps. Pour ceux qui ne comprendraient pas, m'accepter est un peu synonyme de m'assumer. Et comme je savais à l'avance que mon entourage était largement gay-friendly, mes CO consécutifs se sont faits très facilement, quasiment tout le monde l'a su en l'espace de quelques mois, mais il restait encore une infime minorité, qui au final se révèle être la plus importante puisque ces deux personnes sont simplement et durement mes parents.

Il m'a donc fallu presque 1 an pour le lui dire, et encore, ce fut par le biais de ma sœur aînée. J'avais déjà écrit une lettre pour elle mais je ne savais pas encore à quel moment exact lui glisser (justement le week end, à l'heure où j'écris). Lorsque ma sœur m'a proposé de lui annoncer, j'ai de suite acquiescé. Lorsque celle-ci se dirigeait ensuite au salon, je m'occupais alors de mon neveu, histoire qu'il ne les dérange pas. C'est lorsque ma sœur m'a appelé que j'ai commencé à battre du cœur. Je me suis rendu au salon. Et j'ai servi qu'à affirmer mon homosexualité à ma mère. Emotion quand tu nous tiens, la voila qui s'est alors effondrée en larmes, et il s'en est fallu de peu pour que je m'y mette. Ma sœur a donc continué son petit monologue histoire de rassurer ma mère, s'en suivit un gros câlin. Et voila, ma mère l'a pris, avec difficulté certes, mais elle l'a accepté quand même. Enfin je pense quand même qu'il lui faudra un peu de temps avant qu'elle ne s'y fasse totalement. Mais le plus dur est fait, elle est au courant, mais ne m'a certainement pas renié, elle a pleuré, mais quoi de plus naturel. Surtout qu'à la base elle était plutôt homophobe, et ce fut grâce à mon autre sœur qui lui en a souvent parlé que son regard a changé petit à petit.

Voici donc pour les intéressés l'intégralité de ma lettre:

___

Maman

Je t'écris cette lettre puisque jamais je n'aurais le courage de te l'annoncer en face. Non pas que te l'avouer en face ne m'effraie. Mais mes appréhensions m'ont laissé comprendre qu'une lettre serait mieux appropriée.

Non ce n'est pas de ta faute, ni celle de personne
Non ce n'est pas un choix, mais ma nature
Non ce n'est pas un drame, juste une différence
Non cela n'a pas Ă  te blesser, ni Ă  te vexer
Non cela n'a pas à te poser de problèmes
Non cela ne me change en rien puisque j'ai toujours été comme ça

Ne me regarde pas différemment! Continue de me rendre heureux et accepte-le:
J'aime les garçons

Tu as toujours été près de moi pourquoi cela changerait aujourd'hui?

Je t'aime telle que tu es maman, aimes moi comme je suis.

*******, ton fils!!
___

Le détail fait que l'excuse qu'elle a jugé nécessaire d'utiliser était de demander si ce n'était pas à cause de l'enflure qui était censé représenter un beau-père, mais je pense quand même que ma lettre, ma sœur et moi furent assez convaincants pour lui prouver que rien ni personne n'y pouvait quoi que ce soit.

Je me considère donc comme extrêmement chanceux, d'avoir eu au final mes deux sœurs pour m'accompagner sur un détail qui pour moi est naturel, mais qui aura été très difficile pour notre maternelle. Il reste bien sûr mon père, mais ayant au final peu d'affinités avec lui, je pense que mon CO envers lui ne sera pas le plus intéressant.





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