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Si compliqué et pourtant parfois si simple...
par malcolm2x le 23 Mars 2006 dans Ta vie / Coming-out
6 commentaires


De mes coming-out trop tardifs et des regrets que j'en garde.

J'approche du premier anniversaire de mon coming-out final, le parental, le plus important. Et je suis à plus de deux ans du tout premier.
Autant dire que j'ai pris le recul nécessaire vis à vis de ces évenements et j'ai autant envie que besoin d'en laisser une trace quelque part. Finalement, ça se fera sur cette page, alors que je suis sous le coup d'une impulsion soudaine.
Il faut dire que j'ai lu avec émotion quelques témoignages, surpris malgré tout de voir que derrière les expériences diverses de chacun se cache les mêmes sentiments, les mêmes angoisses, les mêmes joies aussi.

J'ai commencé à mettre un mot sur mon mal-être à 19 ans. Un mot aux consonnances scientifiques, froid, aseptisé et étonnament pas humain : homosexuel. Un mot qui fait peur et auquel il est d'autant plus difficile de se confronter.
J'ai longtemps vécu dans la province profonde, issu d'une famille que j'imaginais rétrograde et prompte aux clichés et raccourcis. Je faisais semblant de ne pas écouter les propos racistes de mes grand-parents et oncles, dicté plus par une profonde ignorance que par autre chose.
De la réalité homosexuelle, je n'ai longtemps retenu que les blagues et injures entendues dans le contexte familial ou scolaire et je n'en ai retenu qu'une idée : "être pd, c'est mal".

Puis vint le déménagement à Paris, j'avais 19 ans donc.
Dans le même temps que je rencontrais plein de gens nouveaux depuis mon université, je découvrais internet. Il ne m'a pas fallu longtemps pour m'informer avidement sur le sujet. Certes, c'était toujours "mal" mais au moins, je découvrais que j'étais loin d'être seul à ressentir ça.
L'idée faisait son chemin, malgré tout et j'imagine que j'aurais pu, à ce stade de ma vie, passer rapidement à l'étape supérieure de l'acceptation.

Il n'en a pas √©t√© ainsi. Entre temps, je d√©crochais un job d'√©t√© √† Disneyland Paris o√Ļ je me suis laiss√© √† pas mal d'exc√®s en tout genre. Ceux qui ont boss√© l√†-bas savent surement de quoi je parle. Donc j'enchainais les nuits blanches √† sortir avant de retourner bosser, je rencontrais une platr√©e d'homos par la m√™me occasion et l'alcool √©tait un invit√© permanent de ce genre de soir√©es.

Evidemment, tout ça finit par m'amener vers la fameuse première expèrience sexuelle homo, mais sans rentrer dans les détails, elle fut pour moi traumatisante. Mon contrat avec Disney prenait heureusement fin quelques jours plus tard et je retournais à ma vie d'étudiante, passablement interloqué. Il me fallut deux ans pour m'en remettre et revenir à l'état de quasi-acceptation dans lequel j'étais avant ça.
Je n'allais définitivement pas très bien d'autant que je n'avais personne à qui me confier. L'idée de contacter une association gay fit son chemin et un jour de novembre, je franchis le pas.
Cette simple visite fut une libération à elle seule. Je discutais en totale confiance avec des gens qui me ressemblaient. Je m'arrangeais pour y aller une fois par semaine pendant quelques temps. C'est là que je l'ai rencontré. Très vite, je suis tombé amoureux. Tout se passait enfin bien et j'avais réussi par miracle à oter toute trace de la culpabilité d'avant.
Le lendemain de cette première visite à l'association, je réunissais mes deux meilleures amies et je leur avouais mon homosexualité, même si elles l'avaient semble t'il compris depuis longtemps.
Très vite, tout mes amis furent au courant, de même qu'une de mes tantes avec qui je me sentais très proche.

Le problème restait entier pour les parents et le reste de la famille.
Evidemment, mes parents comprirent vite que j'avais quelqu'un (le fait que je découche à longueur de temps en leur fournissant des excuses vaseuses devait y être pour quelque chose). Mais apparement, ils ne tenaient pas tant que ça à en parler car jamais je n'eut droit à aucune question de leur part.
Un peu déçu de ce qu'ils ne me tendent aucune perche, je lançais quelques indices à droite à gauche... Discrétement au début, puis franchement univoques vers la fin... et hop !!! un TETU négligemment posé sur le bureau...

Finalement, ce fut ma mère qui se jetait à l'eau alors que nous étions seuls à la maison et que je dévorais tranquillement Harry Potter 6 dans ma chambre. Elle demanda à me parler quelques secondes et le temps que je réalise que c'était en train de se passer, là, maintenant, elle me demanda le prénom de mon copain, un léger sourire au lèvres.
Je vous passe la discussion qui s'en suivit, les larmes bien sur, les rires quand elle réalisa que finalement, elle aurait quand même un beau-fils...
Entre temps, mon père et mes frères étaient rentrés et alors que je restais à reprendre mes esprits dans ma chambre, ma mère les rejoignait pour leur apprendre la nouvelle... Eh oui ! apparement, ils étaient plus ou moins tous au courant et avaient missionné ma mère !!!
Je descendais au bout d'un moment mais mon frère ne me laissait pas le temps de faire d'annonce officielle : " Bon ben ça se fête alors, on va se prendre un petit apéro !!!"

J'ai conscience d'avoir eu l'expérience parfaite, si il en existe. J'en suis plus qu'heureux mais j'ai en même temps un peu honte. Honte de m'être laissé bouffer toutes ces années par tout ça, alors que c'était si simple. Honte d'avoir présumé l'intolérance de mes parents, sans me rendre compte qu'ils avaient envie et besoin de passer outre, de mieux me connaitre, de m'aimer comme j'étais. Ma mère me confia quelques temps plus tard qu'elle avait été triste à l'époque que je ne fasse aucun effort pour aller dans leur sens. Je le regrette aussi.

Voilà donc, je me suis plus qu'étendu mais écrire est libérateur. Et c'est bon d'avoir un peu de recul sur son propre parcours. Je ne sais pas si cela pourra s'avérer utile à d'autres, même si j'ai envie de conclure sur ce message. Les parents sont faits pour aimer leurs enfants et il ne faut pas négliger cet aspect là.




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