Homo, bi, trans, hétéro,


Une autre vision du monde LGBT.
Moins de préjugés, plus d'information.
  Articles

Ta vie
  Coming-out
  Expériences vécues

Infos, conseils
  Coming-out
  Réflexions, Conseils
  Homoparentalité
  Santé et prévention
  Dépression, suicide

News
  Général
  Et-alors
  Edito et-aloriens

Sorties
  mEAtings
  Boites
  Bars
  Assos
  Gay Pride

Art et Culture
  Ciné, DVD
  Livres
  Musique
  Cuisine
  Divers

Humour
  Electrolook
  Guide du tchat gay
  Guide de la Vie Gay
  Divers

La réalisation de mon orientation et mon coming-out dans la foulée...
par Miss Hada le 8 Février 2006 dans Ta vie / Coming-out
17 commentaires


Grosse période de latence et puis... Démarrage!

Presque toute ma vie j'ai crue être une jeune femme hyper-traditionnelle dans ce que cela pouvait être de plus «grave».



En effet, fiancée jeune, je me suis mariée un peu tard car mon conjoint, un français, ayant été choisi par ma mère, je freinais à mort...

Puis après un peu plus de deux ans d'abstinence, et toujours vierge à 30 ans passés, mon époux se refusant à faire «son devoir» sous les motifs les plus divers et variés (problème de travail, de santé de son père, de décès dans sa famille, de..., de...), je demandais le divorce sûre de mon bon droit «dans la tradition de chez moi».

Du coté de ma famille, pas de problème, mon époux ayant visiblement failli à sa tâche de mâle reproducteur.

Du coté de mon époux, refus catégorique car (et c'est ce que je pense maintenant) je représentais son diplôme de «vrai mâle» et donc ce fut près de 4 ans procédures psychotiques face à un individu près à tout pour s'épargner la «honte» d'être répudié, puis (le principe du divorce ayant été acquis au bout de 2 ans) pour récupérer le maximum d'argent en me harcelant de demandes de pension alimentaire incongrües pour l'avoir «abandonné dans la misère» (il avait des revenus «seulement» 10 fois supérieurs aux miens et nous n'avions pas d'enfant puisque je ne fais pas dans l'immaculée conception)...

Puis, le divorce enfin prononcé, un harcèlement régulier, sous les prétextes les plus variés pour me réclamer toujours plus d'argent que les juges lui refusent à chaque fois...

Bien sûr pendant toutes ces années, je me disais bien, «bon tu ne l'aimes pas, et il fait pas son boulot, essaies au moins de le faire cocu...»



Et bien ça ne marchait pas! Non, rien à faire, Sainte Hada se manifestait à chaque prémisse de drague et ça foirait lamentablement... Bon, d'accord j'avais une profession considérée comme masculine, un poste à responsabilités, je n'avais pas froid aux yeux pour quoi que ce soit, mais coté bagatelle et bien... Rien...

Les plus beaux mecs célibataires, bien sous tout rapports et estampillés «bons coups» par les copines, pouvaient défiler, me draguer à mort, et bien, rien ne venait... Pas le moindre frémissement d'intérêt, ou plutôt si quand j'éprouvais un intérêt c'était directement le trip passionnel (étrangement des deux cotés) et la rupture avant même de commencer les «choses sérieuses».

Il faut aussi dire que je viens d'une culture où bien des choses sont inconcevables... Donc tant que le divorce ne fut pas validé, je considérais que mon substrat socio-culturel d'origine devait provoquer un blocage «quelque part» et m'empêcher de «pêcher en paix» et j'essayais de prendre les choses avec philosophie...

Le divorce prononcé je m'inscrivit à tout les sites de rencontres possibles et imaginables, hétéros bien sûr, mais là encore rien de concret. Des rendez-vous au café du coin qui aboutissaient le plus souvent sur le fait qu'il ne me plaisait pas ou alors seulement comme pote «sans plus». Et deux ou trois flirts sans suites concrètes. Je restais donc vierge...

Et pourtant ce ne sont pas les candidatures «pour faire le boulot» qui manquaient, car je suis hyper féminine, élégante et j'ai un très net air juvénile, sans compter une longue chevelure lisse qui descend jusque mi-corps. Mais «ça ne fonctionnait pas».

Pourtant, je rencontrais un beau jeune homme, grand, fin, intelligent, avec qui j'eus quasi immédiatement de grandes affinités intellectuelles.



Mais les choses ne se passèrent pas sur le plan amoureux avec lui... Non, mais avec lui cela «fonctionna». Nous étions dans une relation d'amis-amants, mais nous étions insatisfaits l'un et l'autre. Moi, parce que, étrangement, je n'en n'avais jamais assez, j'étais toujours tendue et insatisfaite physiquement. Lui, parce bien qu'ayant personnellement, et paradoxalement, peu d'inhibitions «classiques», je n'alimentais pas son imaginaire érotique car je ne me souvenais pas d'avoir un seul fantasme à lui raconter et je suppose, le connaissant mieux maintenant, à réaliser... À cela s'ajoutait une course contre la montre permanente, due aux obligations professionnelles, et un début d'attachement amoureux, de ma part, qui me faisait souffrir.

Nous rompîmes donc.

Nous restâmes en relation et avions au moins une amie commune avec qui je chattais tous les jours. Celle-ci avait un peu la place de confidente de mon désormais ex et à la rupture j'appris bien des choses que j'ignorais sur lui... «Choses» que je vérifiait en chattant avec lui... Il se révéla donc avoir des goûts sexuels «pervers» (bien que parfaitement hétérosexuels) si on se réfère aux bien-pensants de ce monde. Goûts qu'ils n'avait pas même évoqués ou laissés deviner avec moi, j'imagine parce qu'il voulait éviter de me choquer étant donnée mon inexpérience réelle. L'amie commune n'avait pas de mots assez durs pour exprimer son horreur des «perversions» de mon ex et elle conspuait tout particulièrement sa nouvelle amie qui a des goûts complémentaires aux siens.

Je me disais qu'elle devait éprouver certainement une forme de jalousie ajoutée à la peur de l'inconnu. Car pour être une «sainte» je n'en suis pas moins ouverte d'esprit et, tant que tout se passe entre adultes consentants, je n'ai aucun a priori sur qui que ce soit et quelque moeurs que ce soit. Les chose en restaient là, lorsque se produisit comme une période de flottement dans le nouveau couple de mon ex. Je n'ai aucune idée de quoi il retournait, et il n'en n'est plus question à l'heure actuelle, mais il se mit à me parler d'une éventualité éventuelle de renouement mais dans un contexte de réalisation de ses fantasmes sexuels.

Comme j'avais encore quelque chose à l'intérieur pour lui et que j'étais retombée dans ma routine «ça ne fonctionne pas», je lui demandais donc où me documenter, il me donna quelques noms de sites.... J'allais donc surfer dessus et lui posait mes quelques questions sur ce je lisais et voyais. Puis je m'inscrivis sur des chats «spécialisés». Histoire de discuter et d'avoir d'autres points de vues. Je discutais donc ferme, mais une chose étrange revenait...

Alors que je n'étais pas dégoûtée, je ne ressentais rien de particulier dans ces étalages de fantasmes les plus «inédits» et «étranges». Pire, je ne pouvais pas évoquer le moindre frémissement fantasmatique et pourtant c'était une des premières demandes de mes interlocuteurs «quels étaient mes fantasmes?».

J'avais l'impression d'avoir comme un intérêt d'entomologiste en train d'étudier une nouvelle famille d'insectes. Un de mes amis de chats, n'en revenait pas, lui, qui était près de 10 ans plus âgé que moi, et il s'étonnait du vide abyssal que j'évoquais pour exprimer mon monde fantasmatique: Rien, Nada, Nothing, Nichts, Τίποτα, Nulla, Niets, Ничего, Không... Il estimait (et il avait parfaitement raison) que cela cachait un très fort refoulement... Il me proposa une «recette» pour que je me souvienne de mes fantasmes... J'appliquais la recette avec un certain scepticisme... Et oui, je refoulais quelque chose, quelque chose pour lequel il n'existe même pas de mot dans ma langue d'origine...

Je ne rêves que de femmes.



De femmes dans des contextes fantasmatiques qui sont clairement les mêmes que ceux de mon ex. Et, échangeant désormais sur le mode purement amical avec lui, il semblerait que nous soyons très semblables sur beaucoup de nos «perversions». Mais uniquement de femmes.

Je détruisis donc tous mes profils «incertains» pour les remplacer par la description de ce que je suis, et cherche, et je fis une croix sur sur mes rêves de descendance nombreuse et mon ex. Nous avons les mêmes goûts, oui, mais pas complémentaires du tout. L'Internet étant le monde de l'instantané, il fut vite oublié que j'avais cru être hétérosexuelle. Je n'étais plus que moi.

L'été arrivant, je me mis à beaucoup sortir en boite de «pervers» dans mon genre et je m'y présentais uniquement et directement comme lesbienne. J'ai même désormais un site personnel où je parle de mes «perversions» et du milieu de «pervers» où j'évolue.

Et le reste du monde? Et bien je ne fréquentes plus ma famille depuis des années suite à des divergences quant à ma façon de mener mon divorce et ma stratégie de «re-casement» que je voulais basée sur le désir, le sentiment (et cela avant même de réaliser que je suis lesbienne) et mes goûts personnels et non pas sur des critères sociaux. Mon père est mort depuis longtemps et mes anciens amis se sont éloignés pris qu'ils étaient dans leurs vies de famille et la survenue de leurs enfants... Quant à mon travail, c'est un milieu où on ne parle pas de sa vie personnelle. Je n'ai donc rien à leur dire et cela ne les concerne pas.

Donc, au final un coming-out facilité et rapide une fois la prise de conscience faite.




 Creative Commons License Ce/tte cration est mis/e disposition sous un contrat Creative Commons.
Photos principales: stock.xchng et iStockphoto. CNIL n1104460. Contact: .