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Le 8 mai 2010, comment j'ai retrouvé la Mémoire des "oubliés"
par zphyr le 9 Mai 2010 dans News / Général
4 commentaires


Commémoration du 8 mai, dans un tout petit village de Bourgogne, un petit triangle rose griffé de barbelé redonne du sens à ma participation à la cérémonie.

La mémoire revenue.

De l’appréhension, mais aussi une volonté en marche, voilà ce qui me traversait en montant à la mairie de mon tout petit village. Un timide soleil allumait les champs et l’esprit n’arrivait pas à être grave. Le maire me fit remarquer que pour une fois, je m’étais habillé en noir, chemise grise. Je l’ai fait non pour marquer un deuil, mais pour chercher un maximum de dignité.
Et puis le minuscule insigne des « Oubliés de la mémoire » ressortait mieux.

Vingt personnes pour deux villages regroupés, les commémorations des guerres du XXème siècle se vident de leur substance années après années ; il est vrai que moi-même ne suis concerné que depuis mon mandat municipal. De fait, je ne voyais pas trop ce que je faisais là, jusqu’à ce que cette année, un petit triangle rose griffé de barbelés ne donne du sens à tout cela.

En serrant les mains, chacun de jeter un coup d’œil à la boutonnière de l’autre, tentant de décrypter médailles et insignes arborés. Amusé, je guettais l’interrogation pour mon triangle, sans toutefois qu’on me pose de question. Seul le maire était informé de ma volonté de commémorer sobrement la déportation homosexuelle, oubliée depuis tant d’année, et il m’y avait autorisé.

Incertitude. Je me demandais si tout ça ne tenait pas plutôt d’un caprice de militant lorsque la lecture de la lettre du ministre évoqua les victimes des camps. Je me sentis soudainement à ma place. Et voilà qu’on me demande de faire l’appel aux morts, et donc, d’égrainer les noms de ces pauvres gars victimes de la bêtise de leur congénère et recevant comme toute consolation un inepte « Mort pour la France ! ». En rappelant à cette terre, les hommes qu’elle n’a pas vu mourir, mon esprit ajoutait en silence « Pierre Seel, Rudolf Brazda et surtout tous les autres que je ne savais nommer et pour qui on pouvait scander : « Mort pour aimer ! » Pour aimer autrement. Et la minute de silence se peupla de tous ces hommes et j’en fus pour la première fois satisfait et apaisé.
La gerbe de fleur, le vin d’honneur, la petite vie communale qui reprit peu à peu son territoire ne chassaient pourtant pas l’étrange sérénité qui m’avait gagné. Oh ! Rien de bien utile, même pas pédagogique mais juste pour moi, le sentiment du devoir accompli, d’avoir rendu leur mémoire à ces hommes dont les souffrances me hantent parfois.

Une goutte rose cernée de noir, imperceptible point dans la Bourgogne paisible, pour ouvrir le monde sur l’acceptation des différences, ce n’est jamais perdu.

LES OUBLIÉS DE LA MÉMOIRE




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