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Les politiques français qui ont fait leur coming-out
par XIII le 26 Janvier 2009 dans News / Général
4 commentaires


Roger Karoutchi n'est pas le premier politique à faire son coming-out. Au moins sept hommes et une femme l'avaient fait avant lui. Dont deux autres qui, comme lui, ont été ministres après cette révélation.

Le coming-out de Roger Karoutchi est l’occasion de revenir sur les hommes (et la femme !) politiques dont l’homosexualité est publique. En essayant de faire une liste plus exhaustive que celle de l’AFP, qui oublie Jean-Jacques Aillagon (qui fut pourtant le premier ministre français publiquement gay, de 2002 à 2004) et Françoise Gaspard, qui est (sauf erreur de ma part) la seule parlementaire française à avoir fait son coming-out.

- André Labarrère (janvier 1998). Si celui de Delanoë est le coming-out le plus connu, il n’était pas le premier d’un élu national. André Labarrère, alors député-maire de Pau (et ancien ministre de François Mitterrand, de 1981 à 1986), a fait le sien sur RTL (à 69 ans !). Son homosexualité était relativement connu à Pau, et il avait publié, en 1992, “Le Bal des célibataires”, un roman à clés dont l’homosexualité était le thème central. Lire l’intégralité de cette interview (retranscrite par mes soins à l’époque).

- Bertrand Delanoë (novembre 1998). Celui qui n’est encore alors que sénateur, chef de l’opposition au conseil municipal et pas encore candidat à la candidature à la mairie de Paris fait son coming-out sur M6, dans l’émission “Zone interdite”, le 22 novembre 1998.

A la question “Bertrand Delanoë, êtes-vous hétérosexuel ou homosexuel ?”, il répond : “Je suis homosexuel, sinon vous ne m’auriez pas invité à participer à votre émission.” Et à la question “Pourquoi acceptez-vous de le dire aujourd’hui ?”, Bertrand Delanoë répond : “Je sais qu’il y a dans notre société des millions de femmes et d’hommes qui vivent mal cette discrimination, le fait qu’ils ont l’impression de ne pas être tout-à-fait égaux, et puis que parfois aussi dans leur vie familiale personnelle, ça pose beaucoup de problèmes. Il y a la solitude, la différence, presque ce que certains voudraient considérer comme une culpabilité (…) je me suis dis peut-être que si je banalise un peu, peut-être que si je réclame pour tous le droit à l’indifférence, sans me prendre pour plus important que je ne suis, peut-être que j’apporterai un petit quelque chose. Peut-être que je suis assez banal pour que le fait qu’on sache que je suis homosexuel, ça puisse rendre les choses plus simples pour d’autres gens, j’en sais rien… en tout cas c’est dans cet esprit que je le fais.

Voir la vidéo de l’interview sur Dailymotion (de 1mn52 à 8mn24, suivi par une interview de 2007 dans laquelle il devient sur ce coming-out)

- Françoise Gaspard (fin 1998 ou début 1999). Ancienne député-maire socialiste de Dreux, elle a fait son coming-out lors de son Pacs. Dans Le Nouvel Observateur du 8 avril 1999, elle revient sur son homosexualité en expliquant qu’elle n’est pas devenue ministre de Français Mitterrand en 1981 parce qu’elle avait refusé de se marier avec un homme comme le lui avait suggéré Gaston Deferre. Et elle ajoute : “Le Carnet du ” Monde “, entre décembre 1980 et mai 1981, prouve qu’un certain nombre de mes petits camarades ont convolé. Des hétéros qui n’avaient pas envie de se marier l’ont fait, et des homos ont épousé des femmes qui se voyaient bien mariées à un futur ministre. C’était encore le XIXe siècle !

(Lire l’intégralité de cette interview) Françoise Gaspard a témoigné dans l’excellent film “Bleu Blanc Rose” d’Yves Jeuland, retraçant 30 années de militantisme homosexuel, et diffusé en juin 2002 sur France 3 (A voir sur Dailymotion, dans l’ordre : années rouges, roses, noires et rainbow). Voir notamment le passage où elle raconte pourquoi elle n’a pas été ministre en 1981 dans cette partie (à partir de 10mn10).

- Philippe Meynard (1999). Il fait son coming-out lors d’un conseil municipal en août 1999, alors qu’il est simple élu municipal, dans le but de “couper court aux insinuations malveillantes et aux rumeurs”. Il est élu maire de Barsac en 2004.

- Jean-Luc Romero : Le 19 octobre 2000, le magazine gay “e.male” évoque l’homosexualité du conseiller régional RPR d’Ile-de-France. Conseiller régional d’Ile de France et présidents de “Elus locaux contre le Sida”, Romero s’indigne de cet outing et explique alors qu’il avait l’intention de faire son coming-out dans “Le Monde”. Il fera de lui même une autre forme de coming-out en révélant sa séropositivité (en 2002, dans son livre “Virus de vie”). Il est le seul homme politique français à l’avoir fait.

- Jean-Jacques Aillagon (2002). Le ministre de la Culture de Jean-Pierre Raffarin (de mai 2002 à mars 2004) avait fait son coming-out moins de deux mois avant sa nomination, dans une interview au Monde du 18 mars 2002, dans laquelle il expliquait : “En affirmant ma liberté de vivre ma sexualité, et ce dans un contexte historique, géographique (la province), et dans un contexte familial très répressif, j’ai agi politiquement. Au-delà de mon sort, c’est la situation de tous les homosexuels qui était concernée par mon engagement.”

- Christophe Girard (début des années 90). Adjoint à la culture du maire de Paris, il a fait son coming-out il y a fort longtemps, mais n’était pas élu à l’époque. Christophe Martet rapport qu’il a fait son coming-out au début des années 90 dans l’émission “Bas les masques”. Christophe Girard rappelle qu’il est “homosexuel et père” dans “Père comme les autres”, le livre qu’il publie en 2006.

Reste le cas un peu à part de Renaud Donnedieu de Vabres, qui n’a pas fait de coming-out à proprement parler, mais qui a laissé dire dans un livre et dans un magazine qu'il était homosexuel. C’était le député de droite qu’Act Up avait menacé d’outer après qu’il ait accueilli, en 1999, des manifestants à la manifestation anti-Pacs de Christine Boutin. Guy Birenbaum le révèle en 2003, dans son livre “Nos délits d’initiés, mes soupçons de citoyen”. Renaud Donnedieu de Vabres ne le poursuit pas. Il n’a jamais évoqué depuis clairement son homosexualité, mais en juin 2007, il écrit sur son blog : “J’ai écrit à François Hollande, écrit RDDV, pour stigmatiser le comportement de mon successeur à l’Assemblée nationale pendant la campagne électorale. Jeu homophobe. Jeu diffamatoire. Aurais-je dû saisir la justice ? Je n’arrive pas à me débarrasser de cette question (…). S’il ne répond pas ou rien, si des excuses officielles ne sont pas faites, j’attendrai la revanche de l’histoire. Elle viendra car ce sera une œuvre de justice.” Sa page Wikipédia mentionne son outing par Birenbaum et par Les Inrockuptibles, et n’a pas été modifiée depuis cette mention.

J’espère n’avoir oublié personne ! Notons que si on ne retient que les parlementaires, dans cette liste (donc en enlevant Ménard, Romero et Girard qui n’ont été ni député, ni sénateur, ni ministre), on a cinq hommes pour une seule femme. Soit 16,7 %. Mais si on fait la moyenne des pourcentages de femmes parlementaires depuis 1981 (18,5 % à l’Assemblée pour l’actuelle législature, 12,3 % pour 2002-2007, et 10,9 % de 1997 à 2002, à peine plus de 5 % entre 1981 et 1997, soit moins de 9 % en moyenne) et 16,9 % au Sénat actuellement), on voit que finalement, même avec une seule parlementaire lesbienne, les femmes ont fait leur coming-out deux fois plus que les hommes, proportionnellement à leur représentation dans les deux assemblées.

Par ailleurs, on peut constater que dans cette liste, il y a quatre élus de gauche et cinq de droite, ce qui est un peu surprenant, un élu de droite ayant a priori plus de risques que cette révélation lui fasse perdre des voix…

Avec Donnedieu de Vabres, on peut donc estimer que Roger Karoutchi est le troisième, et non le deuxième, ministre publiquement gay. Et ils sont tous les trois de droite, ce qui est un détail non dénué d’intérêt !




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