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Gay-Pride 2008 c'est plus ce que c'était, mais...
par zphyr le 29 Juin 2008 dans News / Général
20 commentaires


La nouvelle gay-pride est bien loin de ses ancêtres, elle a l'air de faire pâle figure, même. Et pourtant, il y avait dans ce flot de gens enfin libre d'aimer, quelquechose de fort et d'unique qui balaye toute les réserves...

Déjà à 500m de là, les beats cisaillent la morne tiédeur parisienne : c’est reparti ! La gay-pride va de nouveau secouer le conformisme parisien à coup de chars explosant de techno et de créatures au genre incertain mais à la provocation colorée et festive !
Le cortège fait progresser ses chars comme un serpent géant et la gourmandise titille : Tous ces gens, homos pour la majorité, permettent avec un peu de gymnastique sélective, de se régaler de corps bien faits, de styles ou de looks réveillant fantasmes et désirs ! Et puis le spectacle : les chars se succèdent et l’on reçoit la quantité de décibels prévus…

Toutefois, après un moment : comme une déception : non, le spectacle n’est plus aussi flamboyant qu’il y a quelques années, et les costumes baroques se font rares. Disparues également les familles sexuelles aux « dresscodes » provocants : Où sont passé les cuirs, les bikers, les sneakers ? Seuls un petit détachement de bears, une jeep d’hommes en caoutchouc et un char de trans pour rappeler ce folklore qui étonne les hétéros.
Plus grave : les chars se succèdent gentiment et à part les Sœurs de la Perpétuelle Indulgence, plus de militantisme ! Ceux qui ont vécu les premières gay-prides, sont consternés : ainsi, c’est devenu un carnaval gentillet où les corporations professionnelles se disputent le char le plus fun : les gays et lesbiennes d’Airfrance, de la police, des hôpitaux…
Enfin le plus désagréable : les partis politiques caracolent outrageusement comme si ils étaient pour quelque chose dans l’avancé des droits des homos ! L’apothéose étant le char UMP au slogan tête à claque : « le changement, c’est nous » ! Avec la Boutin ministre de la famille, il faut être sacrément gonflé pour défiler comme ça ! Et d’ailleurs Act-up que l’on croyait absent crée la controverse en s’asseyant devant le char indésirable (et indésiré) bloquant une demi-heure le convoi. Et c’est tout.

Alors, c’est la fin ? La gay-pride, comme tant de mouvements devient galvaudée, vidée de sa substance, une farce commerciale ? Et où sont passé nos revendications : mariage et droit à l’adoption ? Ca n’intéresse plus personne ?
Mais il faut parcourir ce cortège, cette terre homophile mais pas hétérophobe. Il faut sentir que c’est permis, possible en homme de déshabiller cet homme du regard avec désir. Et lui de renvoyer une œillade ou un sourire. Oui, l’âme de la gay-pride, sa force c’est la légèreté retrouvée, l’absence totale de peur de la réaction de l’autre, la séduction comme lien social. Cette foule est heureuse : elle n’est plus en colère, elle n’est plus provocante, elle s’autorise de devancer la société dans l’abolition de ses tabous les plus archaïques. Cette foule aime. On peut plaire, on peut être séduit, il n’y a pas d’enjeux, on peut même embrasser ce bel inconnu comme ça pour rien ! Et l’homosexuel(le) craintif, qui épiait constamment les regards de son quartier ou de son village en se retrouvant dans ce monde d’un jour efface ses craintes, existe pour ce qu’il(elle) est !

Exister ! Se sentir dans son droit, dans son monde, être bien, fort de son amour ! Ces gens sont forts de leur amour !
On peut le mesurer à la non-violence qui baigne le cortège, à la joie des visages, des corps dansants : ce n’est pas de la futilité, cette danse : c’est la possibilité de l’amour. Et il croît, cet amour, il prospère malgré les censeurs de cette société malade. Et l’on voit la gay-pride devenir universelle : une vraie mixité d’abord dans le cortège, les lesbiennes se montrent à égalité des gays ! Et puis des hétéros, et puis des asiatiques, des noirs, des arabes, et enfin : des enfants ! Des enfants qui se souviendront longtemps de ce flot d’amour et de plaisir coulant à contre-courant de la Seine, un jour dans Paris !




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