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Ces soirs où les larmes ne peuvent s'empêcher de couler...
par Points.de.suspension le 20 Novembre 2009 dans Infos, conseils / Réflexions, Conseils
37 commentaires


Quand la solitude et l'envie d'être aimée se font pesantes.

Les larmes. Les larmes qui coulent, qui coulent, sans pouvoir s'arrêter, alors que tout le monde est loin et qu'on se sent juste seule au monde. Des mots d'une amie, qui les sèchent pour un temps, mais pas de bras, alors que c'est tout ce dont on aurait besoin, des bras, pour nous serrer fort, pour étouffer ces pleurs qui n'en finissent plus. Mais non, des bras, il n'y en a aucun. Pas ceux qu'on voudrait. D'ailleurs, on ne sait pas vraiment ce qu'on veut. Qui on veut. On sait juste qu'on a besoin d'être serrée, oui, oui, fort, toujours, encore plus fort parce que contre la tristesse, les mots sont faibles, mais la chaleur humaine peut soulager quelques peines.

Ce fichu besoin d'aimer, et d'être aimée. Mince alors. Mais ça veut dire qu'on ne peut pas s'en sortir seule dans la vie ? On a besoin de quelqu'un à nos côtés ? Mais pourquoi, hein, pourquoi ? Évidemment, certains, certaines se forgent une jolie carapace, si solide qu'on les croirait presque insensibles. Mais bordel, qui est capable de passer sa vie sans personne pour l'entourer, sans une personne qui compte plus que les autres ? Ça existe, probablement. Mais nous là, enfin vous, enfin je ne sais plus, la plupart qui lisez ce stupide article, vous n'êtes pas de ceux-là, je crois...

Et alors ? Quand ça n'arrive pas, que fait-on ? Attendre ? Mais on ne fait que ça, attendre, depuis qu'on est née ! Attendre quoi ? Le Prince, la Princesse Charmante ? Au diable ces fichus contes de fée ! La vie, c'est pas comme dans les films, pas comme dans les livres d'ados... La vie, c'est un tas de choses plus ou moins utiles, plus ou moins douloureuses.

L'amour, oui, l'amour, j'y reviens. Ce besoin d'aimer et d'être aimée. Je ne sais plus pour qui je parle, si c'est pour moi-même ou pour tout le monde. On aime parce qu'on comble un vide, parce que quelqu'un arrive, à un moment, qu'il soit bon ou mauvais, et prend de plus en plus de place dans cette fameuse vie morose, et un jour, on se rend compte qu'on n'a aucune envie que cette place se retrouve vide comme avant. Alors on s'attache, on s'accroche, et on tente de l'agrandir, jusqu'à ce que le trou soit comblé. Mais ça fait mal au ventre, aussi. Parce qu'on ne sait jamais jusqu'où on ira comme ça. On ne sait pas si tout est vrai, si tout ce qu'on imagine est fondé ou si c'est du vent, des signes qui n'existent pas.

Ajoutons à cela ce don d'être attirée par l'inaccessible. Toutes ces filles, ces femmes intouchables, de qui on ne sera jamais à la hauteur.

Et bien évidemment, le manque de confiance. Quelle traîtresse, celle-là ! Parfois, on se dit qu'elle est remontée, que tout ira bien et qu'on peut tout réussir. Mais la plupart du temps, on réalise qu'elle est en bas de l'échelle, qu'on n'arrivera à rien et que jamais on ne pourra plaire à personne. Ou aux mauvaises personnes, oui, celles qu'on aime beaucoup mais sans qu'il y ait ce désir, cette envie de fonder quelque chose ensemble et de faire un bout de chemin à deux. Mais alors, ce besoin d'être aimée, pourquoi ? Pour compter plus que les autres aux yeux de quelqu'un. Pour avoir une épaule sur laquelle se reposer. Une personne en qui avoir confiance, vraiment confiance, au moins pour un temps. Une fille qui vous trouve belle, qui vous dit que vous valez beaucoup plus que vous ne le pensez, et qui serait capable de soulever des montagnes pour vous.

Utopique ? Peut-être. N'empêche qu'il y a ce vide, ce creux. Ces scénarios qui se déroulent dans ma tête sans jamais aboutir. Et pourtant, je n'ai rien de plus, rien de moins que les autres. Alors pourquoi elles et pas moi ? Pourquoi cette impression de toujours tout gâcher, de ne pas être capable de montrer tout ce que j'ai en moi, de ne pas avoir de conversation (mon éternel problème...), de ne pas oser, d'être toujours sur la réserve, de me demander ce que les autres vont penser de moi, de, de...

Les larmes ont fui. La boule est encore un peu là. Mais la solitude, parfois, et cette peur de passer à côté de quelque chose, de se faire doubler, d'être une moins que rien, de passer pour ce qu'on n'est pas, me paralysent. Et c'est juste qu'il y a des soirs où, oui, j'aimerais tout foutre en l'air. Partir, loin, et me moquer de tout ce que tout le monde peut penser, suivre mes envies, oublier les contraintes et simplement vivre, en étant moi-même.

Et ce foutu cœur qui ne s'arrête pas de battre trop fort.




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