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Le Guide des Artistes Gays dans le Placard
par deadxkorps le 3 Avril 2007 dans Humour / Guide de la Vie Gay
93 commentaires


Vous avez des doutes sur un artiste ? Ne vous laissez pas abuser par sa dernière interview où il nie ! Ici le dernier article du Guide de la Vie Gay vous éclaire sur les artistes dans le placard...

Comme moi, vous êtes nés après 1997 ? Vous serez alors surpris d'apprendre qu’il fut un temps (très lointain, à peu près à l’époque où les diplodocus broutaient encore allégrement les algues des marais pour ne pas dire du Marais – mais pas celles de Marais parce que là ça devient gore) où Boy George (mais si, l’espèce de follasse maquillée avec ses chapeaux) était… dans le placard. Oui je sais, c’est dur à croire. Comment, se demande-t-on, a-ton pu croire à ça ? Ben justement on y a pas cru c’est bien pour ça qu’il s’est fait harceler pendant des années par les journalistes. Mais aujourd’hui encore, des personnalités du monde artistiques (cinéma, musique…) refusent de répondre à la fatidique question : êtes-vous gay ? Je vous propose donc un petit guide pour vous aider à ne pas vous laisser piéger et à ne pas être de ceux qui, 20 ans plus tard, se sont évanouis en apprenant la nouvelle de l’homosexualité de Boy George, en criant « Il est GAY ??? »

Ce qui brille est souvent de l’or (quoi je me contredis ?)

Vous avez un doute ? Vous trouvez que décidément, le pantalon rose moulant de Maschain Trück dans son dernier clip est plus que louche ? Et bien vous avez raison. Sans pour autant vous précipiter chez votre voisine pour répéter vos suspicions – une voisine qui a 90 ans, est sourde d’une oreille, ne sait pas ce qu’est un homosexuel et n’a rien à foutre du dernier chanteur à la mode vu que elle son truc c’est les feux de l’Amour en plus – vous pouvez commencer par taper Maschain Trück + gay sur google. Si vos suspicions sont fondées, il y a des chances pour que des centaines de forums pour préados en parlent déjà, genre : « é ben moi je vou dit ke c sur ke machain truk il é pédé. » suivi souvent d’un grand débat philosophique sur le traitement de la vision de l’homosexualité dans l’antiquité anté-péloponnésienne qui se résume assez bien en « il é pa pédé moi jte dit. Va te fr foutre ché lé grek c toi le pédé » voire même argumenté sur la perception platonicienne du beau : « c pa possib kil é gay il é tro mignion kikou lol mdr »

L’enquête

Comme vous et comme les préados, les journalistes flairent en général bien l’homosexualité présupposée d’un artiste. Il est donc très courant qu’au cours d’une interview, entre deux questions professionnelles sur le métier de l’artiste (du genre « quelle est votre marque de shampooing préférée ? » ou « vous aimez le foot ? ») le journaliste se laisse aller à une question personnelle (exceptionnellement hein), et demande à l’intéressé s’il est à voile ou à vapeur, voire même pour les plus audacieux, s’il suce des bites (ou mange des graines selon la nationalité du journalistes). Il y a à partir de là trois grandes familles de réponses, auxquelles nous allons nous intéresser :

1. La réaction saine

L’artiste peut donc répondre « oui je suis homosexuel, mais je ne pense pas que cela ait à voir avec mon travail, et c’est du ressort de ma vie privée ». Le journaliste est donc obligé de passer à autre chose. Autre possibilité : « Non je ne suis pas homosexuel, même si j’ai de nombreux amis homos et n’ai rien contre cette communauté. Mais j’ai beau aller à la gay pride, je préfère quand même les filles (ou les garçons dans le cas d’une intéressée) ». Même remarque que précédemment. Exemple 1 : Jimmy Somerville, exemple 2 : le chanteur des Killers.

2. Le poing dans la gueule

L’artiste, outré (voire outé) par la réponse peut s’énerver et frapper le journaliste. C’est le signe, soit d’une véritable hétérosexualité, et que donc l’artiste est un sale hétérobeauf machiste homophobe. Soit le signe d’une susceptibilité qui amène la suspicion, dans le cas d’un artiste gay dans le placard *et* violent (décidemment, y’en a qui cumulent). Deux mois plus tard, dans les deux cas, l’artiste se marie avec une personne du sexe opposé. Exemple : Euh… On va pas donner d’exemple, on sait jamais ce qui pourrait arriver.

3. Le déni

Toutefois, la réaction la plus courante et peut-être la plus exaspérante réside dans le déni. Les personnalités interrogées répondront invariablement : « cette question concerne ma vie privée, pas mon travail ». Yeah. Right. Comme si John Wayne il disait « nan je ne peux pas vous dire si je suis hétérosexuel, parce que ça concerne ma vie privée ! ». Nan John Wayne il dit pas ça. John Wayne il dit « Ouais moi chu un vrai hétéro et j’me tappe plein de gonzesses. Toutes des salopes » (et après il chique). Parce que ce qu’on leur a pas dit aux artistes dans le placard, c’es que les hétérosexuels ne considèrent pas leur hétérosexualité comme ressortant du cadre de leur « vie privée ». D’ailleurs quand un artiste se marie, tous les tabloïds font pas une couv avec marqué « Madonna avoue son hétérosexualité !! ». Non. Ca ça arrive pas dans le monde réel. Donc dire qu’on va pas répondre, c’est d’une certaine manière avouer qu’on cache un secret… Honteuses ! Bouh ! Et puis honnêtement, quel hétéro se priverait de l’occasion de dire qu’il est hétéro pour qu’on arrête de lui poser la question à toutes les interviews ?
Exemple : Mika, Sha… pardon, Kate Moennig

Pourquoi faire un article sur les in-the-closet ?

Ben parce que quand Boy George ou Elton John étaient à la pointe de leur succès (au temps des diplodocus, donc, je vous refais pas tout le baratin), dans les années 80, l’homosexualité était encore illégale dans certains pays occidentaux, l’homophobie était très nette parmi la population et l’épidémie du sida, encore à l’époque perçue comme un truc de gays, n’arrangeait pas les choses. Evidemment, le climat n’était pas propice au coming-out public. Dois-je rappeler qu’ Oscar Wilde, qui vivait comme chacun le sait à la même époque, a été condamné au bagne pour sodomie. Et vu qu’on imagine pas Boy George chanter « I’m a maaaaaan » dans une horrible tenue grise et blanche toute trouée au milieu de Jean Val Jean et des Animals*, il était donc primordial pour eux de garder ce fait « privé ». Enfin sur le papier quoi. Nan parce quand Elton John se ramène sur le plateau des Muppets pour chanter Crocodile Rock et qu’il est habillé comme ça, :





je doute que même les diplodocus l’aient confondu avec John Wayne (même si il a essayé de tromper son monde en choisissant le même nom que notre cow-boy viril préféré).
Mais donc le truc que je veux exprimer ici, c’est que si dans les années 80 il était compréhensible de répondre « je préfère boire le thé » (comme Boy George répondait à la fatidique question) plutôt que d’avouer qu’on allait au Blue Boy tous les soirs, et bien en 2007, c’est vachement moins compréhensible. Et c’est pas sympa, sachant tous les jeunes homos mals dans leur peau qu’ils pourraient aider en déclarant leur homosexualité. Parce que c’est pas Pascal Sevran et ses airs de follasses périmée qui va aider le jeune homo de 13 ans à accepter ses attirances pour son prof de gym…


Le Coming-out trop tard

Voici maintenant la partie sur les artistes gay dans le placard qui sont plus dans le placard mais qu’on sen fout. Ouais, parce que quand Boy George, Elton John et compagnie sont sortis de leur placard habilement dissimulé dans une compotée de plumes roses fluo, bah faut dire ce qui est : tout le monde s’en foutait. Tout le monde s’en battait l’oreille gauche avec une pantoufle traditionnelle mexicaine. Pareil pour ce gars de N’Sync là. Nan franchement, une fois que l’artiste est mort et enterré depuis 10 ans, plus personne ne s’intéresse à sa sexualité. Et l’acte militant se mue donc en une horrible opération marketing pour relancer leur dernier best of. C’est mal. C’EST MAL. Mais ce paragraphe est aussi là pour rappeler, que, historiquement, tous ceux qui ont nié leur homosexualité se sont finalement révélés gays des années plus tard...

Our Conclusion

Notre conclusion, donc, (pour ceux qui parlent pas anglais) est qu’il vaut mieux ne pas attendre pour révéler au monde son homosexualité, surtout quand on est en 2007. Que cette révélation peut aider des jeunes à ne plus culpabiliser et faire évoluer l’avis d’autres jeunes qui seraient sinan devenus des homophobes primaires qui vont casser du pédé à la sortie du Blue Boy tous les dimanches. (Pourquoi ne vont-ils pas s’attaquer au Bears Club, ça je sais pas). A la semaine prochaine (ou pas) pour un nouvel article du Guide Gay (5 euros en kiosque, d’ailleurs j’attends toujours les chèques de ceux qui ont lu le dernier article).


* Que ceux qui auront compris cet enchainement de références pourries me le signalent, ils ont gagné un paquet de Dragibus




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