Homo, bi, trans, hétéro,


Une autre vision du monde LGBT.
Moins de préjugés, plus d'information.
  Articles

Ta vie
  Coming-out
  ExpĂ©riences vĂ©cues

Infos, conseils
  Coming-out
  RĂ©flexions, Conseils
  HomoparentalitĂ©
  SantĂ© et prĂ©vention
  DĂ©pression, suicide

News
  GĂ©nĂ©ral
  Et-alors
  Edito et-aloriens

Sorties
  mEAtings
  Boites
  Bars
  Assos
  Gay Pride

Art et Culture
  CinĂ©, DVD
  Livres
  Musique
  Cuisine
  Divers

Humour
  Electrolook
  Guide du tchat gay
  Guide de la Vie Gay
  Divers

Miroir, Miroir, pourquoi ça foire ?
par Daisy.Adair le 16 Septembre 2013 dans Humour / Divers
8 commentaires


Parce qu'à 20, on a été sentimental, romantique, et qu'on pensait plus ou moins tous ces trucs-là.

C’est le matin. Vous vous réveillez, faites votre petite toilette, partez à la fac, et une fois installé dans l’amphithéâtre, la question vous assaille de nouveau : « — Mais il est où, l’homme de ma vie ? » Votre café et votre cigarette ne vous ayant apporté aucun réconfort, vous ruminez la même rengaine parce que c’est bien beau de suivre les cours, mais à quoi bon accumuler autant de savoirs si ce n’est pour le partager qu’avec vous-même ? Pourquoi se préparer si personne ne vous complimente sur vos atouts physiques et vos goûts vestimentaires ? Pourquoi cultiver des centres d’intérêts si personne n’est là pour vous écouter en parler ? Et pourquoi êtes-vous incapable d’arriver à mettre le grappin sur l’homme idéal malgré tout vos efforts pour l’obtenir ?





20 ans. Le lycée derrière vous, le monde vous attend et vous l’attendez. Le bac en poche, les mauvais souvenirs laissés derrière vous, vous vous dites qu’on ne vous y reprendra pas à deux fois, vous pensez haut et fort que vous êtes en phase avec vous-même, que vous savez où vous allez, les erreurs, vous n’en ferez plus, le bonheur est devant vous. Limite, Walt Disney vous a murmuré à l’oreille : « Tu verras, la fac, c’est mieux, tu t’épanouiras et tu rencontreras l’homme de ta vie. »




Erreur Numéro 1 : Vous continuez encore de croire ce que Disney raconte ?





Non mais sérieusement, comment espérez-vous trouver l’amour en à peine une heure ? En chantant avec un hiboux, des oiseaux, des écureuils et des lapins dans les bois ? En écoutant les conseils d’un vieil arbre que vous prenez pour votre grand-mère ? En faisant le ménage chez vous ? En postulant à l’armée pour sauver la réputation de votre père ? Disney ou un autre, rappelez-vous que lorsque vous êtes bien au chaud devant votre écran, vous ne faites que regarder un long métrage. Ce n’est ni un mode d’emploi, encore moins un cas d’étude réel. Vous êtes simplement dans votre chambre ou dans votre salon en train de rêver. Ou de vous consoler de vos échecs, c’est selon. Rêver, ça va bien deux minutes, mais c’est qu’il ne faudrait pas manger trop de chocolats devant votre film, ça ferait réapparaître tous ces boutons que vous aviez réussi à éliminer. Personne n’a envie de sortir avec une calculatrice. Penser qu’en se contentant de suivre ses études on tombera magiquement sur quelqu’un, ou que l’élu de votre coeur vous dira oui après une heure de tergiversions, c’est bien beau aussi. Si rêve et réalité sont bien deux mots différents, c’est qu’il y a une raison. S’obstiner à maquiller le réel en gommant tout ce qu’il contient de bon comme de mauvais, ce n’est pas une solution. Derrière le long-métrage, il y a un scénariste, et parce que le scénariste l’a décidé, deux personnes se rencontrent et tombent amoureuses, tout cela en une ou deux heures. Dans la réalité, aucun scénariste n’est là pour vous faciliter la rencontre, pour réduire l’attente entre le célibat et la rencontre, et si rencontre il y a, ça ne signifie pas pour autant que tout est gagné. Parce que dans un film, la rencontre aboutit de fait à une idylle, n’imaginez pas que cela soit de même dans la réalité. Il est là, vous le voulez, mais lui ne vous veut pas forcément. Et inversement.




Erreur Numéro 2 : Vous pensez toujours qu’il suffit de vouloir pour pouvoir le trouver ?





Encore une fois, mais la répétition est la base de la pédagogie, ce n’est pas parce que vous avez le coup de foudre pour une personne qu’elle en a un aussi à votre égard. Arrêter de rêver dans votre chambre ou votre salon, c’est déjà un pas, mais ce n’est que le premier vers la réalité. Quand on veut on peut, nous dit-on. Mais que voulez-vous, au juste ? Vous voulez un homme, vous voulez une relation stable, vous voulez le grand amour, et vous le voulez maintenant, par-dessus le marché. Dans votre tête, tout cela sonne juste, c’est clair, et précis. Mais d’un point de vue extérieur, en y réfléchissant avec le recul, un homme, une relation stable, le grand amour, avouez que ça paraît très vague, quand même. Des tas d’hommes pourraient convenir à ces critères, pour ne pas dire aucun. De la même manière qu’aimer la musique ne veut strictement rien dire, vouloir ces trois choses ne vous aidera pas des masses dans votre recherche. Si tel était le cas, il y aurait beaucoup moins de célibataires au kilomètre carré. Vous recherchez le singulier, le détail, un physique, une attitude, un caractère, une voix, une manière de penser, penser le travail, penser la famille, penser l’amour, penser le quotidien, penser un lieu de vie, la vie, la vie à deux. Que vous listiez ou non ces points, l’idée globale reste la même : vous voulez une vie à deux. Et qui dit deux personnes dit deux personnes recherchant chacune le singulier, le détail, etc. Je vous vois venir, ne retournez pas dans votre chambre parce que ça devient tout de suite plus complexe. Faites vous à l’idée que de la même manière que vous voulez quelque chose, cette personne en face de vous veut aussi quelque chose, et qu’il n’y a qu’en se voyant, qu’en discutant, qu’en s’écoutant (oui oui, ce n’est pas un miroir en face, c’est une autre personne), qu’en apprenant à se connaître qu’il peut y avoir ou non rapprochement, qu’il peut y avoir ou non entente, qu’il peut y avoir ou non la foudre, qu’il peut y avoir un début de relation. Quand on veut on peut, ce serait plutôt, quand deux personnes se veulent elles peuvent former un couple, ce qui est complètement différent, vous en conviendrez.




Erreur Numéro 3 : Mais c’est pas du tout l’homme idéal !





Passé le cap du premier contact, cette phrase peut sortir de votre bouche, ou tout du moins vous la pensez très fortement. Sa voix ne colle pas, il est trop petit, c’est un grippe-sous, c’est un stalker, il cherche un plan cul, il a voté Marine Lepen, il trouve ce livre ou ce film ou ce truc contemporain ou ce patelin chiant et moche, ou tout cela à la fois. Il paraissait bien avant d’ouvrir la bouche, ou quand vous discutiez sur internet. Tout comme le rêve et la réalité tout à l’heure, il y a ici ce que vous avez imaginé de la personne, et ce que la personne est vraiment. Ça passe ou ça casse. Se faire au réel, c’est accepter aussi cet échec, ou plutôt, accepter que l’homme idéal n’existe que dans votre tête et nul part ailleurs. L’homme réel, cette autre personne en face de vous est ce qu’il est, ce qu’au premier contact vous voyez qu’il est, non ce que vous aviez imaginé qu’il était avant de le rencontrer, tout comme vous avez votre propre voix, votre taille, votre rapport à l’argent, vos idées politiques, etc Deux personnes, deux recherches. Accepter de rechercher l’homme réel, c’est accepter cette personne en face de vous. Accepter de former un couple, c’est que chacun accepte l’autre tel qu’il est, avec ses qualités et ses défauts qui prendront plus d’une ou deux heures à se révéler. Ne partez pas trop déçu non plus, dites vous que l’autre en face peut l’être tout autant que vous, tout comme vous avez des attentes, il en a aussi. Ne vous mettez pas non plus à maudire la terre entière, ce n’est pas ce que vous recherchiez, les déceptions, ça arrive. Et plus vous vous ferez à cette idée, plus vous relativiserez la chose : ce n’était pas le bon, je n’étais pas fait pour lui, au suivant. Idéalisez moins, mais ne broyez pas du noir non plus, vous verrez, vous mangerez moins de chocolats dans votre chambre.




Erreur Numéro 4 : Qu’ils ont l’air heureux, ces gens en couple !





Après le rêve et l’homme idéal, le couple idéal. Si vous avez un peu suivi les points précédents, vous savez déjà ce qu’il y a à comprendre concernant ces amis ou ces gens que vous connaissez de près ou de loin et que vous enviez. Ils semblent flotter sur un nuage, alors que vous marchez les pieds dans la merde. Stop. Vous ne vivez pas au quotidien avec eux, vous n’êtes pas non plus dans leur tête, vous ne savez que ce qu’ils daignent montrer ou dire en public. Et c’est bien connu, se disputer en public, ça casse l’ambiance. Comme vous, ils ont leurs propres problèmes, que ce soit de couple ou d’autre chose. Parce qu’un couple, c’est aussi le travail, les amis, la famille, et toutes les emmerdes qui vont avec. La seule différence entre eux et vous, c’est le couple. Vous vous dites sûrement que vous vous en fichez qu’ils aient des bas, vous aussi vous voulez connaître la vie de couple. Soit. Libre à vous. Mais dans ce cas, acceptez tout ce que la vie de couple a à vous offrir. Les nuages, comme la merde.




Erreur Numéro 5 : Les hommes, c’est tous des salauds !





Lorsque vous êtes entre amis, que l’objectif consiste à passer une bonne soirée, vous avez le droit de le penser. Un peu. Ça défoule. Cependant, rappelez-vous que de la même manière qu’ils ne sont pas tous des salauds, ou des putes, ou des menteurs, ou des lâches, qu’ils ne le sont pas tout le temps, vous non plus n’êtes pas tout rose. Non, vous aurez beau cacher certains de vos défauts, vous pourrez continuer d’ignorer éhontément vos travers, les hommes, c’est tous des salauds, ça veut bien dire que vous, en tant qu’homme, en êtes un aussi. Parce que vous avez refusé un rencard, évité de rappeler une personne, posé un lapin, prétexté la mort de votre grand-mère, ce n’est pas votre bac ou votre licence qui rattrapera ces pires moments de votre vie où vous aussi, vous vous étiez mal comporté. Vous en avez fait pleurer, tout comme ils vous ont fait pleurer. Vous avez exagéré, tout comme eux. Vous avez eu tort, tout comme eux. Vous en avez énervé, tout comme eux. Pour le meilleur et pour le pire. Surtout pour le pire, diront certains.




Erreur Numéro 6 : Pourquoi ça n’a pas marché ? On était si bien ensembles !





La preuve : vous êtes à nouveau célibataire. Peu importe de savoir qui est en faute, peu importe de savoir qui a rompu, les faits sont là : vous étiez ensembles, et maintenant plus. C’est peut-être la meilleure chose qui vous soit arrivée. Imaginez - là vous avez le droit - que vous ayez acheté une maison ensembles, que vous soyez restés parce que dans votre tête la rupture c’était l’échec, parce que ça irait mieux demain, parce que c’était bien au début, parce que je lui apportais quelque chose, parce qu’il reviendra vers moi même si là il m’a trompé, parce que je peux encore le changer, parce que je peux encore changer. Non ? Vous ne voyez pas où est le problème ? Eh oui, c’est toujours le même. C’est fou ce qu’on imagine comme chose quand on se laisse aller, c’est inquiétant aussi ce qu’on refuse de voir ou d’admettre quand on est amoureux, ou quand on est encore amoureux, même après une rupture.




Erreur Numéro 7 : Ce que les gens sont superficiels !


En grand romantique que vous êtes, les idées de Novalis n’ont aucun secret pour vous : donner un éclat auguste aux choses communes, c’est tout à fait vous. Les mots priment sur les apparences. Et c’est cohérent avec votre manière de penser : la vie est si ennuyeuse, le rêve c’est mieux. Aussi, peu importe que vous vous habilliez en jogging troué, chemise xxl et polaire, vous lavez, à quoi ça sert, l’haleine fraîche, pff, quant à parler de changer son cartable Babar que l’on a depuis la sixième, c’est impensable. Et se raser ? Se couper les ongles ou les cheveux ? Non plus.





Bizarrement, personne ne se reconnaît dans ce(s) portrait(s).

Et ne mentez pas, vous croiseriez quelqu’un dans la rue vêtu de la sorte, vous penseriez de lui qu’il est négligé, mou, je m’enfoutiste, déprimé, mal dans sa peau. Même du temps où vous rêviez à l’homme idéal, ce n’était en aucun cas cette image-là qui vous venait en tête. Première nouvelle : nul autre que vous (et votre entourage) peut estimer vous connaître. Déjà que vous ne savez pas tout le temps ce que vous êtes, alors si en plus quelqu’un d’autre vient s’en mêler, on ne s’en sort plus. Le problème étant là, la vie à deux, ça implique de communiquer (ce qui est différent de s’écouter parler) autant que faire se peut avec l’autre, avec toutes les cartes qu’il vous est possible d’utiliser pour vous mettre en valeur. Vous aurez beau discuter métaphysique, si vous avez l’allure et l’odeur d’un clochard, même vous vous boucheriez le nez. Eh oui, vous n’êtes pas un concept, vous êtes un homme. Entre le clochard et le mannequin, il y a vous, et avant que vous ne puissiez ouvrir la bouche, vous n’avez pour seule défense que votre physique. Alors oui, parfois, on a la flemme, et oui, se mettre sur son 31 tous les jours n’est pas une obligation, cela dit se mettre sur son - 31 non plus. Les gens sont superficiels ? Rassurez-vous, vous l’êtes tout autant, puisque vous en êtes un, de gens.




Erreur Numéro 8 : Je ne comprends pas, je ne trouve personne. J’ai bien cherché, pourtant !





La preuve : vous n’avez rien trouvé. La raison est simple : soit ce que vous cherchez n’existe pas, soit vous avez cherché au mauvais endroit. Il ne suffit pas de sortir, il faut savoir où sortir. Tout comme vous faites vos courses au supermarché, tout comme vous achevez vos livres en librairie, on ne trouve pas l’amour n’importe où, contrairement à ce que l’on nous a dit dans les films. Déjà ça veut dire quoi, trouver l’amour ? Dans votre cas, trouver une personne homosexuelle, qui cherche une relation comme vous, et surtout avec qui l’alchimie s’installe le plus naturellement du monde. Ne vous précipitez pas pour autant dans des bars ou des boîtes, non seulement on n’y va pas pour trouver l’homme de sa vie, mais si en plus ce n’est pas votre truc, vous risquez fort d’être à nouveau déçu. Et franchement, qui a déjà entendu dire « On s’est rencontrés dans une boîte » ? A la rigueur, vous rencontrez un plan cul dans une boîte. Si c’est une relation sérieuse, vous entendez plutôt « chez des amis, dans une association, sur un forum, ou autre site internet, etc » Encore une fois, rien n’est gagné, mais ce n’est pas pour autant que vous devez prendre un abonnement à Milka, ou chez Nicolas. C’est quand même plus sympa de partager ses chocolats ou une bouteille de vin avec quelqu’un, non ?




Célibataire à 20 ans, et après ?



C’est le matin, vous vous réveillez, faites votre petite toilette, partez au boulot, et une fois installé à votre bureau, une réponse à une question que vous vous posiez vous vient l’air de rien : « — J’étais con, à cet âge-là aussi. » Et vous partez mettre deux sucres dans votre café, parce que c’est comme ça que vous le prenez.




 Creative Commons License Ce/tte création est mis/e ŕ disposition sous un contrat Creative Commons.
Photos principales: stock.xchng et iStockphoto. CNIL n°1104460. Contact: .