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Enfin un chef d'oeuvre
par Drlrleu le 5 Février 2012 dans Humour / Divers
13 commentaires


"Ce truc envoie du pépito dans l'entrejambe" Mademoiselle Figaro "By Jove, c'est du costaud" Pr P. Mortimer "Whaoussime !" Ma mère "Cours-y vite, lecteur, lectrice, et renifle à ton aise le parfum de la littérature" L'auteur

Bon.

Vos petits textes sont bien sympathiques, mes chers ami(e)s ; cependant, je crois qu'il est de rigueur de passer enfin la seconde. C'est tendu comme un arc vers cet unique but : donner à la littérature homosexuelle ses lettres de noblesse, que j'ai pondu ces quelques lignes dans un moment de grâce. il faut dire que c'est plutôt militant, dans le genre. Il s'agit d'un court récit épistolaire au poitrail velu et aux bollocks enneigées.

Bien évidemment, c'est une fois de plus adressé à l'homme de sciences qui fait ses listes de course pendant que je m'épanche sur son divan. Quand une technique narrative marche du tonnerre, il faut la presser comme un citron. Admirez plutôt la trajectoire parfaite de la chose :

----- Mail transféré -----
De : Clovis (...)
Ă€ : Psy Quechua
Envoyé le : Samedi 4 février 2012 12h30
Objet : Terreur dans la steppe

Docteur,

Je découvre avec stupeur en ouvrant une vieille boîte mail que j'ai fait revivre ce bon vieux Clovis début décembre. Je ne me souviens absolument pas avoir écrit ce truc. Je m'adresse au professionnel consciencieux que vous êtes : sont-ce les benzos qui peuvent avoir cet effet ou suis-je bon pour vivre éternellement à la clinique à côté de la machine à café décaféiné ?

Quelle que soit la réponse, je vous transfère ce fameux mail. J'imagine qu'on doit pouvoir en tirer quelque chose en ce qui concerne ma capacité - façon de parler - à appréhender et maîtriser mes émotions. Comme j'en ai trouvé d'autres (Clovis a le clavier bien pendu), je vous les balancerai également. Vous êtes si sympa avec vos pulls Quechua que j'estime que vous méritez amplement cette offrande.

Je vous refile ces vers comme on confie une bouteille Ă  la mer ; pour qu'elle nous la rende intacte, quand nous serons devenus vieux et sages.

Cordialement et tout le tralala,

Votre petit pote.

P.S. Dans le pire des cas vous allez vous détendre, entre un obèse morbide et une arachnophobe à caniche, en lisant ce truc. Vous en avez besoin, si, si.

----- Mail transféré -----
De : Clovis (...)
À : Jeune homme que ma retenue de collégienne m'oblige à rendre anonyme
Envoyé le : Vendredi 2 décembre 2011 0h30
Objet : Terreur dans la steppe

Bonjour jeune homme que ma retenue de collégienne m'oblige à rendre anonyme,

J'ai transmis ton invitation à Trucmuche. C'est fou, ça, je ne parviens jamais à retenir son prénom ; pourtant je l'ai faite et bien faite, cette gamine. Enfin, bref, elle est ravie mais elle veut que les retrouvailles de vos amitiés se passent sous la pluie. Cette petite est salement sentimentale, ce qui est incompréhensible, son père étant une brute sans coeur. Je lui ai expliqué qu'on pouvait certainement organiser une rencontre en plein soleil, occasion pour laquelle on emmènerait nos parapluies. Je sens qu'elle dubite pas mal mais que mon idée fait son chemin.

Merci de m'avoir laissé de toi dans ma boîte mail. J'ai apprécié en connaisseur. Tu es toujours jeune et beau - ce qui explique que je te réponde encore.

Mon vrai problème reste : je ne dors toujours pas. Excepté sur mon scooter, dans la salle d'attente du pédiatre et quand je joue au squash.

La nuit, comme je ne fais pas de scooter ni ne joue au squash dans la salle d'attente du pédiatre, et bien je ne dors pas. Pour passer le temps, j'ai mes petits trucs, comme jouer aux petits chevaux avec des personnages que j'ai inventés (et qui sont plutôt sympathiques parce qu'ils me laissent gagner) et envoyer des sms aux gens que j'aime, c'est à dire toi.

Et puis, j'écris des romans. Des tas. De quoi caler tous les meubles d'une maison. Je viens d'achever un drame russe, un truc plein de neige et de personnages plutôt antipathiques, qui fait passer guerre et paix pour de la bibliothèque rose et qui devrait te plaire. Lis plutôt la fin, c'est du ballon. Je t'épargne le reste qui est assez médiocre.

Terreur dans la steppe. Page 22 :

"La tête bien enfoncée dans la neige, perdu dans le hurlement des obus qui se mêlaient aux flocons, Vladimir pensa brusquement qu’il n’avait jamais franchit l’Oural. Pour tout vous dire, sa vie était franchement barbante et je me demande bien pourquoi un romancier a décidé d’en faire un roman : à six ans il avait commencé à couper du bois, à douze il avait coupé sa main gauche, qui était au mauvais endroit au mauvais moment, et à quinze il avait coupé la corde qui reliait le cou de son père à la poutre de la vieille grange.

Pour combattre la banalité de sa vie, il avait décidé de se marier à vingt ans pour montrer qu’il était un grand garçon. Faute de prétendante, il avait épousé sa sœur. De cette union naquirent sept garçons, tous aussi bêtes les uns que les autres, et une merveilleuse petite fille : Katarzina. La petite enfant était le seule joie que la vie avait donné à son père. Ils passaient des heures, blottis l'un contre l'autres, à se raconter des histoires de cosaques et à rire pour un rien. Katarzina mourut à sept ans en essayant de traverser l’Oural à la nage pour passer à l’Ouest. Son père eut le bourdon, c'est peu de le dire, pendant un petit moment.

(Et vlan !, hein ? Je trouve aussi. Attends de voir la suite, honeybunch, ça déménage et pas qu'un peu.)

Une balle siffla près de l’oreille droite de Vladimir. Même pas mal, crâna-t-il en rechargeant son vieux fusil. La seconde perfora son oreille gauche et il se mit à rire nerveusement. Lorsque la troisième vint lui arracher la seule main qu’il lui restait, il entreprit de philosopher. Enfin parallèle, ricana-t-il in petto. Il se retourna pour signaler à Andreï que tout allait bien. Presque aussitôt, il vit le canon du fusil de son ami d’enfance pointé sur son visage poupin. "Rejoins-vite ta petite fille" dit Andreï, ce solide copain d’Andreï, avant d’appuyer sur la queue de détente et de se servir un Minute Maid à la pomme.

Andreï..., se mit à geindre Vladimir, touché à l'orteil...pourquoi ?

A ce moment là, ils décidèrent de passer l’éponge, car le passé, c’est le passé, et ils partirent se reposer à côté d’un bon feu."

Et voilĂ  le travail, comme on dit.

J'ai hâte de te revoir. Je suis sûr qu'on pourra rapidement goûter ensemble l'ambiance des nuits de presque hiver. Notre histoire va marcher comme sur des roulettes, du moment que tu ne parles jamais de ma sœur et qu'on se promet de ne jamais nous marier.

Faithfully yours, darling,

P. E.

Allons, allons, ne me remerciez pas : je ne fais ça que pour l'Art et pour la Cause.





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