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Braquemard à l'anglaise
par Shoryuken le 7 Août 2008 dans Humour / Divers
17 commentaires


Anti-chronique du film "Braquage à l'anglaise" de Roger Donaldson avec Jasooooooon !!!

Il est des films dont on sait qu’on ira forcément les voir. Soit parce que le réalisateur est notre chouchou et que nous ne manquerions pour rien au monde une de ses œuvres. Soit parce que Télérama en a dit du mal - gage suprême de l’excellence d’un film. Soit parce que ça s’annonce tellement chiatique qu’on se dit que ça peut être cool. Soit, enfin, parce que l’acteur principal nous fout une telle trique qu’il est proprement inconcevable de ne pas y aller. C’est cette dernière option qui m’a conduite à aller voir Braquemard à l’anglaise, un film signé Roger Donaldson avec en vedette, l’ultimement baisable Jasoooooooooooooon Stahtam.


Jasoooooooooooooon ! Laisse-moi être ta toison d'or !

Avant d’entrer dans la salle 2 du Gaumontparnusse, il faut patienter un bon moment dans une large et longue queue où les corps, passablement éprouvés par la moiteur de l’air, se touchent, s’évitent, se frôlent et s’attirent dans des mouvements à l’érotisme troublant. La foule est aussi impatiente que bigarrée : il y a là des ados accoutrés comme des punks ; de vieilles femmes BCBG en léopard et embagousées ; des cadres en costard Boss, l’attaché case en cuir débordant de paperasse ; des racailles bling-bling ; des pétasses fraîchement manucurées moulées de vinyle fluo ou encore des pères de familles venus seuls s’aérer la tête avant de retourner à l’enfer de leurs bruyantes pénates. La musique de patinoire diffusée par des enceintes en fin de vie et le brouhaha ambiant m’empêchent d’entendre distinctement ce que peuvent bien se dire tous ces gens venus assister à cette Grande Messe du cinéma. Je parviens néanmoins à lire sur certaines lèvres, charnues et avides d’amour : untel kiffe grave le dernier rôle de Jasooooon, un autre ne jure que par sa classe et sa prestance, unetelle le trouve trop craquant tandis que sa copine, elle, veut carrément un enfant de lui. Il ne me faut pas longtemps pour comprendre que toutes les personnes présentes ici rêvent de faire des cochoncetés avec le bellâtre. Moi la première.

Après une éternité, l’ouvreur nous laisse accéder à la salle. Là, les quelques 300 sièges sont pris d’assaut et il ne reste bientôt plus une place de libre. Je me retrouve coincée entre un adonis au regard espiègle et une grand-mère rappelant par son accent breton et ses mimiques l’inénarrable Marthe Villalonga. Nous faisons instantanément connaissance –c’est la magie des salles obscures ! – tandis que les publicités et bandes annonces, aussi nulles qu’interminables, mettent à mal les nerfs de la foule dont l’impatience grandissante aurait pu donner lieu, si elle avait été émoustillée encore davantage, à de terribles émeutes.

Mais voila que les lumières s’éteignent et que le silence se fait !
Le fier pégase de la Metropolitan FimExport galope avant de se cabrer. Lui aussi est tout bouillant de désir pour Jasooooon !

Lé générique débute et lorsqu’apparaît le nom de notre idole à toutes, un tonnerre d’applaudissements gronde immédiatement dans la salle, par ailleurs saturée d’électricité statique. Des hourras et des sifflements de liesse s’élèvent de toutes parts. On entend ici des « youhouuuuuuu » et là des « ouaaaaaaaais ». Nous étions déjà bien excitées : nous voila maintenant brûlantes de désir !

Le film commence et chaque scène dans laquelle ne figure pas Jasooooon est aussitôt conspuée : des nuées de pop-corn fendent l’air, le malheureux projectionniste est violemment invectivé ( « avance la bande, hey, connard ! »). J’ai même vu voler un siège lancé par une hystérique en larmes ! Vous n’imaginez pas les états de détresse absolue, de rage furieuse et de profonde dépression dans lesquels nous plongeait chaque plan sans Jasooooon !

Heureusement le réalisateur, conscient du haut risque de fatwas qui pesait sur sa tête s’il ne montrait pas suffisamment Jasooooon à l’écran, nous a offert quelques séquences absolument jouissives – au sens propre du terme. Jugez plutôt : Jasooooon en costume, Jasooooon en col-roulé, Jasooooon en chemise, Jasooooon torse nu, Jasooooon qui mange, Jasooooon qui boit, Jasooooon qui marche, Jasooooon qui dort, Jasooooon qui court, Jasooooon qui parle, Jasooooon qui se tait, Jasooooon qui creuse, Jasooooon qui menace, Jasooooon qui téléphone, Jasooooon qui met un coup de pied puis un coup de poing puis encore un coup de pied, Jasooooon qui attend, Jasooooon qui regarde sa montre, Jasooooon qui prend le métro, Jasooooon qui conduit une camionnette et j’en passe !

Le film n’avait pas atteint le quart d’heure que déjà nous étions toutes en sueur, à moitié dévêtues, le regard concupiscent et les mains parcourant nos zones les plus érogènes à la recherche d’un plaisir sans limites. Au bout de la vingtième minute, des râles de plaisir se sont élevés du fond de la salle, gagnant peu à peu les rangées centrales pour finalement atteindre les premiers rangs. Chacun réprimait autant que possible le désir qui lui consumait les entrailles : la bienséance avait encore droit de cité à ce moment du film. Nous avons tenu bon jusqu’à la trente deuxième minute, lorsque Jasooooon, d’un coup vif et précis de la langue, lèche l‘écume de bière brune qui restait sur son éternelle barbe de trois jours.
Là, ça a totalement dérapé.

A la trente quatrième minute, quand Jasooooon paie l’addition de la bière, nous fûmes toutes saisies par la même et unique pensée : nous aimer. Nous aimer les unes les autres. Ne former plus qu’un seul corps à la gloire de Jasooooon. En une fraction de seconde, un silence irréel, mystique, a envahi l’espace. Les regards se sont croisés, cherchant dans les yeux du voisin ou de la voisine l’assentiment à la libération de notre modjo à toutes. Des sourires se sont esquissés. Des étincelles ont fusé dans les pupilles. Des mains se sont trouvées. C’est alors que les strings et les boxers ont volé. Les corps nus sont apparus dans la pâle lumière du projecteur : musclés, ridés, obèses, imberbes, blancs, hâlés, tatoués, velu, squelettiques, parfaits, difformes. Nous étions toutes dans le plus simple appareil. Eves et Adams célébrant l’attendu retour de Dieu.

Alors les corps, véritables aimants de chair et d’amour, se sont attirés, aspirés, collés. Les bras se sont enlacés, les jambes, relevées, les genoux, pliés. Les bouches ont fusionné dans d’immenses tourbillons de salive. Les bruits de succion ont peu à peu couvert celui des balles tirées sur Jasoooon par les méchants. Des va-et-vient, lents ou rapides, saccadés ou frénétiques, ont commencé. La chair claquait sous les assauts répétés de reins en furie. Les hurlements de plaisirs allaient en s’accroissant. Le sexe, bestial ou délicat, se pratiquait partout : allongé sur les marches, à quatre pattes sur la scène, debout contre les murs ou vautré sur les sièges. Absolument tout le monde, partout, donnait et prenait du plaisir. Hommes et femmes, à deux ou à plusieurs, de tous horizons et de toutes conditions, n’avaient plus qu’un seul but : être Amour en l’honneur de Jasooooon.

Il y eut plusieurs vagues – que dis-je ? Plusieurs tsunamis ! – de jouissance. La dernière, qui n’était pas la moindre, fit trembler l’édifice jusque dans ses fondements, faisant dérailler un métro de la ligne treize qui passe juste en dessous. Cette ultime lame de fond amoureuse a bien failli nous être fatale : nous étions toutes vidées de notre substance vitale. Alors, épuisées, pantelantes, à demi inconscientes, nous avons remis tant bien que mal nos vêtements froissés maculés de foutre et de cyprine, pour nous diriger vers la sortie sous le regard ahuri mais bienveillant d’ambulanciers et de pompiers appelés en urgence par le projectionniste traumatisé.

Retrouver le milieu urbain – avec sa chaleur moite, son assourdissante hostilité et son flot intarissable de gens haineux et pressés – a été pour nous, chétifs assemblages de chair et de passion, un coup violent. Certaines, ne pouvant encaisser le choc, ont été transportées par ambulance jusqu’à l’hôpital le plus proche. De mon côté, je suis repartie, cahin-caha, avec l’adonis ( nous vivons depuis ce jour une idylle que rien ne vient entacher ) et le dentier du sosie de Marthe.

Si je témoigne aujourd’hui de l’extraordinaire expérience que j’ai vécue, c’est pour vous encourager, vous qui ne connaissez rien à la Transcendance, à suivre la Voie de Jasooooon.





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