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Philip Glass : une rétrospective (2/2)
par SuperGarfield le 2 Juin 2008 dans Art et Culture / Musique
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Suite du portrait et discographie choisie du compositeur américain

L’alimentaire et le génial (années 2000)

Très célèbre, mais également raillé pour ses défauts, Philip Glass est de nos jours sollicité de toutes parts pour composer (des musiques de film le plus souvent). Ici encore, on observe le paradoxe d’un musicien réduit à écrire de la musique au kilomètre, à réutiliser ses procédés sans jamais les varier, à ne pas stimuler son imagination et composer machinalement, alors que dans un même temps, lorsqu’un projet l’intéresse, l’inspire, il produit de superbes réussites.

Ainsi Naqoyqatsi, troisième des Qatsi de Reggio, se retrouve-t-il avec une musique sans inspiration ni épaisseur ; ainsi plusieurs concertos (clavecin, 2e pour piano) ou symphonies (l’interminable 5e, la très inégale 8e) ne sont que les caricatures des réussites de jadis ; ainsi certaines commandes scéniques ou cinématographiques (le Rêve de Cassandre, de Woody Allen) s’avèrent d’un intérêt un peu faible dès lors qu’elles sont sorties de leur contexte (et même quand elles y figurent encore, c’est dire !).

Mais heureusement, il existe de vraies réussites dans la production récente du compositeur. Le Concerto pour Violoncelle et le Concerto pour deux timbaliers sont des morceaux d’un grand intérêt, où Glass pousse ses techniques et ses habitudes dans leurs retranchements et fait évoluer son discours, pour transformer intelligemment les sempiternelles répétitions en trame harmonique saisissante. L’écriture, plus ambitieuse, révèle un sens aigu de l’orchestration et de l’harmonie.
La 6e symphonie, sous-titrée "Plutonian Ode", pour soprano et orchestre, basée sur un poème de son défunt ami Allen Ginsberg, est foisonnante et somptueuse par son orchestration recherchée et son invention constante.
La musique du film The Hours, de Stephen Daldry, fut quant à elle plébiscitée fortement, et nommée aux Golden Globes. Cette partition riche et intense réutilise les procédés éculés du compositeur, mais ceux-ci s’en trouvent curieusement transfigurés par le film, mais aussi par l’invention mouvante de Glass. C’est une partition à l’image du film : passionnée et dépressive.


(Nicole Kidman en Virginia Woolf, dans The Hours)

Mais alors qu’il a atteint ses 70 ans en 2007, que va-t-il se passer ? Va-t-il cesser un jour de vider de leur sens ses emblématiques arpèges et ses célèbres enchaînements harmoniques ? Son idylle nouvelle avec la violoncelliste Wendy Sutter, à qui il a dédié des œuvres récemment enregistrées, va-t-elle lui redonner l’inspiration ? Ce sont les questions que se posent les Glassophiles déçus tels que moi, qui aimeraient tellement avoir la satisfaction d’acheter un disque génial de cet homme qui le fut tant autrefois…



Difficile donc de faire le tri dans la production si pléthorique du compositeur Philip Glass, et d’éviter les pièges, les ratages, l’alimentaire, et de dénicher les chefs-d’œuvre, ainsi que les perles rares que contiennent cette œuvre démesurée. En espérant vous avoir donné envie de vous intéresser à ce musicien, je termine cet article en proposant une discographie sélective, classée par ordre de difficulté d’approche, ainsi que quelques extraits sonores (voire visuels) pour vous donner une petite idée.


Discographie : (pour les disques édités chez OMM ou Nonesuch, privilégiez l’achat en import, sensiblement moins coûteux que les CD vendus directement en France, dont le prix est simplement honteux)
Sont donnés dans l’ordre : le titre du disque, parfois l’interprète, le label.

Pour novices :

- Solo Piano, Sony-CBS : joli CD des œuvres pour piano seul interprétées par le compositeur. Très accessible, pas le meilleur du compositeur, mais pas désagréable.

- Glassworks, Sony-CBS : Intéressant exemple de la musique pour le Philip Glass Ensemble. Très accessibles aussi, un peu lisse, mais assez grisant.

- Dancepieces, Sony-CBS : Extraits de ses ballets In The Upper Room et Dancepieces. Attention : deux des Dancepieces font doublon avec Glassworks.

- Akhnathen, Sony-CBS : Pour ceux qui veulent aborder ses opéras, c’est le plus facile et peut-être le plus fort. A défaut, essayez Songs from the Trilogy (même éditeur), compilation d’extraits des trois premiers opéras.

- Quatuors – Kronos Quartet, Nonesuch : superbes pages intimistes à connaître absolument.

- Etudes pour piano, Orange Moutain Music (OMM) : plus riche que Piano Solo, parfois plus audacieux, et souvent d’une grande beauté.

- The Hours, Nonesuch : une musique sur laquelle je ne tarirai pas d’éloges, à voir avec le film évidemment.

- Candyman, OMM : partition « gothique », angélique et démoniaque, ambiguë, et extrêmement (sur)prenante.

- The Secret Agent, Nonesuch : Un film assez peu connu, semble-t-il, mais qui bénéficie d’une partition pas toujours géniale mais comportant de beaux moments, de surcroît très bien interprétés.

- Concerto pour violon, Kremer, Deutsche Grammophon ou McDuffie, Telarc : une belle page tournoyante avec un émouvant second mouvement.

Et un petit bonus charmant comme tout : Etoile Polaire.

Pour confirmés :

- The Photographer, Sony-CBS : Une chanson et deux pièces de presque 20 minutes chacune, un tourbillon sonore, une jubilation constante et une invention alors atteignant de rares sommets.

- Satyagraha, Sony-CBS : Opéra plus difficile d’accès qu’Akhnathen, il possède toutefois de sublimes pages vocales.

- Les Enfants terribles, OMM : un huis clos haletant, porté par une musique formidable. En Français avec livret tout de même.

- Itaipu/The Canyon, Sony-CBS : Deux pages orchestrales surprenantes, par moments audacieuses. Itaipu impressionne par ses dimensions et son gigantisme.

- Songs from Liquid Days : une des curiosités de Philip Glass, à classer dans la musique pop, d’un charme daté, mais grisant.

- Koyaanisqatsi et Powaqqatsi, Nonesuch (ou CBS-Sony pour Powaqqatsi) : la période de transition de Glass, encore inventive, mais pas extrémiste. A voir également avec les films

Pour chevronnés :

- The Screens, Point Music : une rareté sûrement plus éditée, alors en fouinant dans les médiathèques ou les vendeurs d’occasion…

- Passages, Private Music : association de Glass et Ravi Shankar, donnant un couplage très intéressant et assez rare dans la discographie de l’américain.

- Dance 1 – 5, Sony-CBS : une des pièces majeures de Glass, son principal ballet. Long, ultra répétitif, mais tellement beau ! L’idée géniale serait que le DVD sorte ou que les théâtres le programment plus souvent.

- Dances and Trilogy Sonata, S. Schleiermacher, MDG : une alternative aux pièces pour orgue seul tirées de Dance, mieux enregistrées pour la 4e et sur un instrument différent pour la 2e. D’une qualité superlative.

- The Voyage, OMM : un opéra intense et très riche, au livret étrange, et au raffinement orchestral remarquable. Glass s’aventure ici dans des terres plus lointaines et explore un langage plus âpre.

- Symphonie n°6 – Plutonian Ode, OMM : Luxueuse partition, à l’orchestration flamboyante, au propos fort. Remarquable interprétation.

- Music in Twelve Parts, Nonesuch (ou en téléchargement sur iTunes) : A connaître absolument pour tout amateur de Glass, ainsi que de musique expérimentale ou underground.

- Einstein on the Beach, NONESUCH (la version CBS-Sony est de moindre qualité) : même remarque que ci-dessus. Extraits ici, ici, et ici (suite du précédent).

- Music with Changing Parts, Ensemble Icebreaker, OMM : là, c’est du lourd aussi, c’est dur à tenir mais c’est proprement fascinant.

Pour fanatiques fous furieux :

- Early Keyboard Works, S. Schleiermacher, MDG : Two Pages et Music in Contrary Motion, deux œuvres de jeunesses, extrêmes, mais fascinantes.

- Alter Ego plays Philip Glass, OMM : les pièces pour ensemble et pour instrument seul de Glass, le plus extrême des extrêmes imaginables en matière de musique répétitive. Très difficile d’approche !





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