Homo, bi, trans, hétéro,


Une autre vision du monde LGBT.
Moins de préjugés, plus d'information.
  Articles

Ta vie
  Coming-out
  ExpĂ©riences vĂ©cues

Infos, conseils
  Coming-out
  RĂ©flexions, Conseils
  HomoparentalitĂ©
  SantĂ© et prĂ©vention
  DĂ©pression, suicide

News
  GĂ©nĂ©ral
  Et-alors
  Edito et-aloriens

Sorties
  mEAtings
  Boites
  Bars
  Assos
  Gay Pride

Art et Culture
  CinĂ©, DVD
  Livres
  Musique
  Cuisine
  Divers

Humour
  Electrolook
  Guide du tchat gay
  Guide de la Vie Gay
  Divers

Le glam-rock
par edogawa le 18 Juillet 2005 dans Art et Culture / Musique
4 commentaires


L'histoire du glam-rock, mouvement apparu durant la première moitié des années 70.

Entrée dans les années 70

Au sortir des fabuleuses sixties où tout fut inventé, le rock se réveilla avec un sacré mal de tête. Quelle direction allait-il bien pouvoir prendre ? Pour le moment deux voies bien distinctes se dessinaient : certains (Led Zeppelin, Deep Purple, Black Sabbath) avaient eu l’idée d’alourdir le son de leurs guitares, d’autres (King Crimson, Yes, Pink Floyd) d’allonger leurs morceaux ; dans les deux cas, le solo (de guitare) était devenu le passage obligé. Bref le mal de tête empirait et l’ennui guettait.


Naissance du glam-rock

Pratiquement au même moment et au même endroit (l’Angleterre), deux personnages font leur apparition sur la scène internationale : l’un a l’apparence d’un lutin, ses longs cheveux noirs bouclés sont à l’exact opposé de l’autre, sorte de grande asperge molle aux cheveux blonds ; ils ont pour nom Marc Bolan et David Bowie. Et ils vont prendre le parfait contre-pied au marasme ambiant qui commence à s’installer : leurs chansons vont subir une sacrée cure d’amaigrissement, leur look va s’aventurer là où personne encore n’avait osé mettre les pieds. Finie l’austérité des musiciens du rock progressif, terminée l’allure hétéro-macho des groupes de hard-rock : un monde pailleté et flashy à l’identité sexuelle ambiguë vient de naître. Le glam-rock déboule, comme il se doit, par la grande porte, pour être bien sûr que personne ne passe à côté. Alors Marc Bolan (qui déclare au passage qu’il ne veut pas être un musicien mais une star) entre sur scène habillé d’une longue chemise jaune, de pantalons de toutes les couleurs et des éternelles lunettes noires (quel que soit le temps qu’il puisse faire). Ses chansons (qui ne durent que rarement plus de trois minutes) sont toutes merveilleuses. Bolan et son groupe T.Rex enchaînent les hits.


Une star immense

Mais la star intouchable du mouvement glam-rock s’appelle bel et bien David Bowie. Il s’affiche en robe sur un disque, il avoue publiquement son homosexualité (car il s’agit bien d’avouer une telle perversion en cette décennie naissante), il teint ses cheveux en blond platine et sort un des plus grands disques de l’histoire du rock : « The Rise And Fall Of Ziggy Stardust And The Spiders From Mars », qui traumatise des milliers d’adolescents de par le monde (au grand dam des parents qui voient leur progéniture entrer de plein fouet dans un monde de débauche et de perversion, forcément). Pas ingrat, Bowie ne manque pas de payer son dû, à ce moment, à deux figures essentielles de l’histoire du rock qu’il ne s’est pas gêné de pomper allègrement : Lou Reed et Iggy Pop.


[img]Les précurseurs[/b]

Lou Reed, après avoir inventé le rock réaliste avec le Velvet Underground et décrit les misères humaines (drogue, prostitution, sado-masochisme, etc.), vient de sortir un premier album solo avec – sacrilège – des musiciens du groupe Yes. Bref il est au fond du gouffre. Mais Bowie veille au grain. A l’aide de son guitariste Mick Ronson, il s’en va chercher Lou Reed et lui fait enregistrer l’album « Transformer » qui contient le tube « Walk On The Wild Side » (le seul de toute la carrière du Lou), qui décrit sur un ton humoristique la faune locale new-yorkaise (prostituées, travestis et autres freaks) de la fin des années 60.
Lou Reed, probablement trop orgueilleux et trop fier pour suivre Bowie comme un petit toutou, saisit certes le glam-rock à bras le corps, mais pour le personnaliser et en faire sa chose : Bowie est teint en blond platine, Lou Reed fait la même chose mais se rase les cheveux ; Bowie porte des vêtements flashy, Lou Reed s’habille tout de cuir noir ; Bowie se chope une dépendance à la cocaïne, Lou Reed carbure à tout ce qui lui tombe sous la main pour devenir, en quelque sorte, la somme de tous les freaks qu’il n’arrête pas de décrire depuis des années dans ses morceaux. Plus que la peau sur les os et une blancheur de mort, il fait peur. Mais sa compagne du moment, un travesti, veille sur lui.
Au même moment, David Bowie, in-extremis, sauve Iggy Pop de la folie. L’iguane ne tourne plus rond, Bowie lui permet de finir le troisième album des Stooges, « Raw Power », bombe d’une violence inouïe. Ceci n’est que le prémisse à une collaboration qui s’étendra sur plusieurs années (voir les albums « Lust For Life » et « The Idiot » d’Iggy Pop sortis dans la deuxième partie des années 70).


Le mouvement glam prend de l’ampleur

A la suite de Bolan et Bowie, d’autres groupes ou artistes plus (Roxy Music, Queen, Alice Cooper, New York Dolls) ou moins (Slade, Gary Glitter, The Sweet, etc.) importants se font connaître du grand public. Dénominateur commun : un look affolant, c'est à qui se maquillera de la façon la plus outrancière, c’est à qui portera les platform-boots les plus choquantes, les pantalons de cuir rouge les plus flashy (les plumes étant elles aussi fortement conseillées). Mais ce n’est pas tout, car la musique, dans la majorité des cas, suit et de sacrément belle manière. Roxy Music, avec Bryan Ferry et Brian Eno, est totalement novateur. Eno devient d’ailleurs rapidement le premier non-musicien de génie de l’histoire de la musique. Queen, en mélangeant rock et opéra, n’est pas en reste non plus. Quant à Alice Cooper, il représente un peu la branche horreur-glam du mouvement et ouvre la porte à des groupes ou artistes comme Kiss ou Marylin Manson pour ne citer que les plus évidents. Si quelques-uns, derrière le masque de la provocation, découvrent une personnalité tout ce qu’il y a de plus hétéro - voire même limite beauf dans certains cas (Bryan Ferry) -, d’autres (David Bowie, Lou Reed, Freddie Mercury, Elton John), ne laissent planer que peu de doutes quant à leur orientation. Et ça c’est complètement nouveau.


Le déclin du glam-rock

Le mouvement glam-rock dure quatre années officiellement (1971-1974) puis s’éteint petit à petit. Il n’est pas apparu en vain pourtant. Déjà un dénommé Malcolm McLaren est passé par là et après avoir tenté de manager les New York Dolls sur le déclin, il monte un premier boys’ band quinze ans avant les années 90 qu’il baptise les Sex Pistols. Il vient d’inventer le punk. Le punk serait donc une resucée du glam ? Les point communs ne manquent pas : provocation dans les deux cas (bon c’est un peu la raison d’être du rock), chansons sur trois accords et ne dépassant que rarement les trois au quatre minutes (encore plus dans le punk il est vrai), look d’enfer à chaque fois et surtout, surtout, des mouvements d’une fraîcheur plus que bienvenue (qui ont quand même permis – Dieu merci ! – d’avoir le choix d’écouter autre chose que cette abominable musique progressive (pardon Raka)).
Il ne faudrait pas oublier la disco non plus. Il suffit de penser à la manière dont Donna Summer, pour ne prendre que cet exemple, s’habille, et le lien avec le glam devient évident.


Le glam-rock aujourd’hui

La descendance du glam-rock est multiple de nos jours. D’une manière évidente, il a fait un joli détour par Minneapolis dans les années 80 pour toucher un artiste aussi important que Prince (donnant ainsi naissance à une sorte de glam-rock black). Dans les années 90, Marilyn Manson, Suede, Placebo, aussi différents soient-ils, ont réincarné chacun à leur manière un bout de l’esprit glam cher aux années 70. La pop des Pet Shop Boys ou l’horrible hard FM des Mötley Crüe, Poison, Cinderella, notamment, ont des liens vestimentaires clairs avec ce mouvement. Bref sa disparition a rimé, paradoxalement comme souvent, avec profusion.
Le glam-rock, incontestablement, a permis une libéralisation des mœurs importante. Durant une poignée d’années, il devenait ainsi totalement branché de porter des perruques blond platine, des vastes à paillette et de se maquiller. Et lorsque l’on est adolescent, que l’on se cherche et que son idole affiche ouvertement son homosexualité, n’est-ce pas plus facile de s’assumer ?


Discographie sélective

- David Bowie : The Rise And Fall Of Ziggy Stardust And The Spiders From Mars;
- David Bowie : Aladdin Sane;
- T.Rex : Electric Warrior;
- Lou Reed : Transformer;
- Iggy And The Stooges : Raw Power;
- Roxy Music : For Your Pleasure;
- Brian Eno : Here Come The Warm Jets;
- New York Dolls : New York Dolls;
- Alice Cooper : Killer;
- Todd Rundgren : A Wizard, A True Star;
- Queen : A Night At The Opera;
- Prince : Controversy;
- Suede : Coming Up;
- Placebo : Without You I’m Nothing.


Filmographie sélective

- Velvet Goldmine de Todd Haynes;
- Hedwig And The Angry Inch de John Cameron Mitchell (Pluck va m’en vouloir si je ne cite pas ce film).





Articles liés

David Bowie, 2e partie : Turn and face the strange, the rise and fall of Ziggy Stardust(1971-1974)
David Bowie en cinq parties. Deuxième partie : Turn and face the strange, the rise and fall of Ziggy Stardust (1971-1974)
par Menear le 28 Janvier 2006 dans Art et Culture / Musique
(2 mots clés identiques)
 Creative Commons License Ce/tte création est mis/e ŕ disposition sous un contrat Creative Commons.
Photos principales: stock.xchng et iStockphoto. CNIL n°1104460. Contact: .