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Le basson (partie I) : généralités et histoire
par SuperGarfield le 3 Novembre 2006 dans Art et Culture / Musique
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Le basson, en toute objectivité, est le plus bel instrument du monde. Cependant, il reste encore fort méconnu. Petit dossier pour mieux cerner cette merveille du monde moderne.

L’article qui suit (bientôt complété par la deuxième partie) vous permettra de découvrir le charme insensé d’un instrument méconnu du grand public, mis en lumière par un bassoniste parfaitement impartial, dont la seule volonté est de vous éclairer et de montrer qu’il n’y a pas plus beau que le basson.

La première partie abordera l’histoire et le répertoire du basson.

Qu’est-ce que le basson ?

Le basson est un instrument à vent, en bois, et d’une forme absolument originale, voire tordue. Il se compose de 6 parties aux noms aussi affreux les uns que les autres. Dans l’ordre, nous avons l’anche (deux morceaux de roseaux posés l’un sur l’autre, qui vibrent au contact de l’air, ce qui produit le son. C’est pas clair mais tant pis) que voici :


le bocal (petit tube arrondi en métal) la petite branche, la culasse, la grande branche et le bonnet. Des noms barbares pour un instrument barbare, en somme.
Sur l’instrument sont disséminées un système très complexe de « clés », tringles et correspondances qui amènent les bassonistes à confier le bidouillage de ce bordel à des spécialistes, afin d’éviter une catastrophe certaine.
Les différents morceaux sont bien évidemment indépendants les uns des autres, et mis bout à bout, ils forment un long tube d’environ 3 mètres de long si je ne m’abuse. Voici une petite photo pour vous représenter cet instrument que vous devez sans doute connaître de vue :

La longueur de l’instrument suppose une tessiture grave (pour le mot « tessiture », cherchez dans le dictionnaire), bien que le basson soit capable de monter assez aigu.

Petit historique du basson :

Le basson n’est bien évidemment pas apparu comme ça, pouf ! dans le monde de la musique. Il résulte d’une lente évolution (comme quoi le mot « évolution » n’implique pas toujours un progrès), à partir d’un instrument du Moyen-Âge dénommé « curtal » (décidément, on est pas gâtés) et qui produisait un son encore plus faible et étrange que le basson qui n’allait pas tarder à venir au monde.
Attention : le basson n’est évidemment pas apparu dans la forme qu’on lui connaît aujourd’hui. Tout comme la flûte ou le hautbois, il ne comportait au départ que des trous et un nombre limité de clés. Cet état ne lui permettait donc pas de jouer autant de notes qu’avec le basson moderne (en réalité, il ne montait pas beaucoup dans les aigus). Le son était encore plus sourd et bizarre que celui du basson de nos jours. Petit à petit, des clés se sont rajoutées et le tube s’est légèrement élargi, permettant ainsi une tessiture plus étendue. Et petit à petit est né le basson moderne.
Seulement voilà, les méchants Allemands se sont plaints de la difficulté du basson dit « français », et ont décidé d’imaginer un nouveau système pour le basson, qui rendrait plus aisée son exécution. Ainsi le clétage n’est pas le même, la perce non plus, et le bois est changé. En lieu et place de l’ébène du basson français, les Allemands ont utilisé un bois dont je ne connais pas le nom, d’une couleur vaguement rouge saucisse, et qui du fait du changement, doit être verni (oui, l’ébène n’en a pas vraiment besoin, c’est un imputrescible). Ce vernis donne un aspect de plastique à ce nouvel instrument dont le son est franchement plus aigre et mon chaud que celui du basson français, tellement plus rond, expressif et dramatique (pardon ? Je ne suis pas suffisamment impartial ? Allons donc…).
De nos jours, la dictature de l’Allemagne n’est pas terminée, puisque le basson français ne compte plus comme membres que les irréductibles gaulois –qui commencent malheureusement eux aussi à pactiser avec l’ennemi-, et une aide inespérée de l’Association des Amis du Basson Français au Pays du Soleil Levant, groupe de quelques 40 japonais jouant du basson français sur leur territoire.

Petite parenthèse : le basson a un grand-frère, le contrebasson, encore plus grave, encore plus étrange, encore plus drôle, encore plus grotesque, encore plus rare. A connaître.

Quel fou a-t-il bien pu écrire pour ce truc ?

Bien que le basson ne soit pas un ustensile très répandu et médiatique, vous avez forcément entendu du basson une fois dans votre vie. En effet, il y a quasiment toujours des bassons dans l’orchestre symphonique, et ceux-ci ont une partie primordiale (ils assurent les basses du groupes des bois). Il arrive aussi parfois, voire même souvent, que le basson soit utilisé pendant quelques mesures en solo, et c’est là que vous aurez la révélation : dans le fabuleux Fantasia de Walt Disney, on entend trois fois (trois fois !) le basson très distinctement. Dans l’Apprenti Sorcier (Mickey et les balais), lorsque que le morceau entame la partie rapide, les 4 bassons énoncent la mélodie : c’est un grand moment du basson que ce solo.
Dans le Sacre du Printemps (les dinosaures), c’est le premier instrument que l’on peut ouïr : oui, ce « caquètement étranglé » (lu dans un CD), c’est du basson, dans son registre suraigu.
Enfin, il y a dans ce film un passage sur « la ligne sonore », où il est demandé à plusieurs instruments de jouer quelques notes pour observer leur effet sur cette ligne sonore. On y entend les percus, la harpe, la flûte et –oh douce surprise- le basson, qui nous montre son talent dans le vomissement des notes graves.
Pour les mélomanes confirmés ou ceux qui se souviennent de leur scolarité, le basson est également le Grand-père dans Pierre et le Loup de Prokofiev.
Vous l’aurez compris, à l’orchestre, le basson est un instrument très courant, et très fréquemment audible (on l’entend beaucoup chez Mozart, Chopin, Ravel, Chostakovitch,…).
Autre répertoire pour le basson : le solo, cette fois-ci non pas en orchestre, mais DEVANT l’orchestre, mais également accompagné d’un piano. Rassurez-vous, il n’y a pas grand chose. Sans doute les compositeurs étaient également devins et savaient que cet instrument n’irait pas loin en solo. Cependant, à leurs époques respectives, le basson était un instrument très prisé pour ses qualités immenses et ses possibilités infinies (en toute objectivité bien sûr) que ne manquerai pas d’énumérer au cours de cet article. Ainsi trouvons-nous quelques pièces de grands compositeurs comme Mozart, Weber, Saint-Saëns, Hindemith, Telemann, Dutilleux, Stockhausen, et –comble de la joie, bonheur suprême de mon existence de musicien- 39 concertos de Vivaldi ! (pour me la péter, je dirai que le basson fut l’instrument pour lequel Vivaldi composa le plus de concertos, après le violon… un génie, je vous dis !). Tout ceci est bien évidemment sans compter les diverses formations qu’on peut rencontrer où le basson a une place à part (musique de chambre notamment)
De plus, aux 17e et 18e siècles, le basson était très fréquemment utilisé en tant qu’instrument de « basse continue », ce qui lui assurait une importance notoire.
Mais son emploi ne se limite pas à la musique classique pour autant (du moins c’est ce que nous nous disons pour nous rassurer et décomplexer par rapport au piano) , c’est pourquoi on trouve du basson dans des formations de jazz, dans le dernier album de Tété (quel bonheur, enfin un artiste ayant du goût – plage 2 notamment) et même dans Johnny Hallyday ! (remarque, on s’en serait volontiers passés, pour l‘honneur du basson)

Dans la deuxième partie qui arrivera prochainement, nous aborderons le côté pratique du basson, et les innombrables qualités de cet instrument, parfait entre tous.





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