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La drĂ´le de vie de Neal Cassady...
par floridjan le 22 Mai 2012 dans Art et Culture / Livres
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A l’occasion de la sortie de On the road, adapté du roman culte de Jack Kerouac, je vous propose ici une biographie succincte de cet étrange animal qu’était Neal Cassady, trublion haut en couleur et automobiliste hors pair ayant inspiré le fameux Dean Mor

Sur la route

Jack Kerouac et Neal Cassady se rencontrent à New York, en 1947. Jack a 25 ans et vit chez sa mère. Elève brillant, sportif accompli, le football lui a notamment permis d’obtenir une bourse pour l’université de Columbia, il rêve des grands espaces et de prendre la route, en auto-stop (ce qu’il fera les premiers mois de son périple). La rencontre avec Neal, qui a 4 ans de moins que lui mais une vie déjà riche en péripéties diverses, est déterminante. Sur le papier, les hommes n’ont rien en commun. Pourtant, leur enfance itinérante leur a donné à tous deux le dégoût de la vie sédentaire et le besoin irrépressible de changer souvent d’endroit. Neal, par son tempérament de feu, son énergie dévorante, sa personnalité aussi extravertie que Jack est introverti, va fasciner Jack, le subjuguer avant de le décevoir.
Ensemble, ils vont parcourir les routes d’est en ouest, avec quelques étapes marquantes comme Denver, San Francisco ou encore le Mexique. Plaqué une fois de trop par Neal à San Francisco en janvier 1949, Jack prend ses distances, lassé d’une frénésie qui cache une instabilité chronique, une infidélité en amitié aussi bien qu’en amour, un manque total de fiabilité. L’abus de confiance aura eu raison de l’ivresse de l’aventure.
Dans On the road, son roman devenu culte car emblématique d’un mouvement littéraire, artistique, social et culturel, la beat generation, Jack Kerouac s’inspire de Neal pour son personnage haut en couleur, Dean Moriarty. Il en fait l’éloge tout en le critiquant. Jack ne pardonne pas à Neal, son idole, de l’avoir trop souvent abandonné.




Jeunesse difficile

Neal Cassady a pour excuse d’avoir été initié très tôt à l’errance, aussi bien physique qu’affective. Orphelin de mère à l’âge de 10 ans, il est élevé par un père alcoolique qui l’entraine à sa suite dans une vie de sans domicile fixe et de délinquance. Adolescent, il enchaine les maisons de correction pour vol à l’étalage et vol de voitures. A 18 ans, il connait la prison pour la première fois, pour une durée de onze mois. Il en sort avec une férocité de vivre plus grande encore. Il se marie avec une fille se seize ans, rencontré à sa sortie de prison, et part à New York où son correspondant, Hal Chase, le présente aux futurs écrivains de la beat generation : Jack Kerouac et Allen Ginsberg, que la personnalité de Neal va séduire instantanément et qui n’hésiteront pas à emprunter le style spontané, instinctif, frénétique dont fait preuve Neal dans ses écrits (lettres et poèmes). Neal est un artiste surtout dans sa façon de vivre et de s’exprimer qui va influencer les auteurs plus introvertis de la future beat génération, à commencer par le timide Allen Ginsberg.


Sur la rive gauche, avec Allen Ginsberg

Dans sa vie amoureuse, Neal se conduit comme dans sa vie professionnelle : instinctif, spontané, affamé, il épouse une femme dès qu’il la rencontre, l’abandonne dès que l’envie irrésistible de reprendre la route le reprend. Il se marie deux fois mais il est incapable d’être fidèle à aucune de ses épouses, ni à y renoncer tout à fait (il continue à avoir une relation avec la première tout en étant marié à la seconde, Carolyn, qui a écrit deux ouvrages pour raconter sa vie avec Neal, Jack et Allen.
Allen Ginsberg et Neal se rencontrent à New York en 1947. Ils ont 21 ans. Allen est un homosexuel timide encore inexpérimenté, Neal un affamé qui ne rejette aucune passion nouvelle. Comme le fut Jack Kerouac, Allen sera séduit par le dynamisme flamboyant de Neal, lui-même sensible à la personnalité charismatique d’Allen. C’est le début d’une relation brève et intense qui se révélera douloureuse pour Allen lorsque Neal se décidera sur un coup de tête impulsif à claquer la porte pour ne plus revenir. De cette histoire, Allen consacrera un long paragraphe dans son long poème Howl, écrit en 1955, poursuivit pour obscénité et considéré comme une œuvre majeure de la beat generation. Le nom de Neal Cassady y est plusieurs fois cité. Allen aura été l’une des nombreuses victimes que la personnalité fulgurante de Neal aura brûlées au fer rouge.




Beat generation

La beat generation est née en 1950 d’une volonté de donner sa place en littérature à des thèmes tabous et interdits par la société conservatrice et puritaine de l’Amérique des années 50 : le sexe, la toxicomanie, l’homosexualité, sujets considérés comme obscènes et à qui Jack Kerouac, Allen Ginsberg et William Burroughs vont donner droit de cité dans le domaine de l’art et de la culture. En ce sens, la victoire remporté par l’éditeur de Howl, poursuivit pour obscénité mais dont la charge ne fut pas retenue par la justice américaine, marque un tournant décisif et amorce l’arrivée des hippies et des beatniks des sixties.
Neal Cassady, en plus d’avoir inspiré Jack Kerouac et Allen Ginberg, a également inclus le jazz comme thème de prédilection de la beat generation.


Sur la route avec les Merry Pranksters

Si Neal Cassady est indubitablement associé à la beat generation des années 50, son expérience avec les Merry Pranksters, considérés comme des précurseurs du mouvement hippie, en fait un personnage phare de la période psychédélique des années 60.
Tout commence en 1963 lorsque l’écrivain Ken Kesey, l’auteur de vol au dessus d’un nid de coucou, fonde le groupe des « joyeux lurons » qui associe musique, marijuana et une drogue encore inédite, le LSD.
Au début de l'été 1964, les Merry Pranksters achètent un vieux bus scolaire, baptisé « Furthur », qu'ils repeignent à la Day-Glo et dans lequel ils entassent alcool, LSD et matériel audio et vidéo de toute sorte. Les voilà partis pour une virée d’enfer à travers les États-Unis… avec Neal Cassady au volant. Une existence nomade et débridée qui cadre parfaitement avec la philosophie de vie de Neal.
L'idée est de réaliser un film sous LSD, une révolution dans l'histoire du cinéma : pas de cadrage, pas de scénario, juste la vie des Merry Pranksters prise sur le vif. De ces bandes, ils tireront, après montage, 40 heures d'images. Il en existe un film. On peut y voir Neal au volant. Cette histoire a également été relatée par Tom Wolfe, dans son livre, Acid test. Neal Cassady y est un protagoniste à part entière.





Dans les dernières années de sa vie, Neal va continuer à voyager de manière compulsive et frénétique, entre New York et Mexico, où après une fête bien arrosée et déjantée, il sera retrouvé inconscient au bord d’une voie ferrée, transi de froid dans un tee shirt et un jean. A 42 ans, celui dont Jack Kerouac a écrit qu’il est « né sur la route, dans une bagnole alors que ses parents traversaient Salt Lake City en 1926 pour gagner Los Angeles », s’éteint définitivement quelques heures après avoir été conduit à l’hôpital.
Quarante quatre ans plus tard, son souvenir subsiste, vivace, dans les œuvres majeures qu’il aura inspiré : Howl, d’Allen Ginsberg, adapté au cinéma l’année dernière, et On the road ,de Jack Kerouac, dont la nouvelle adaptation par Walter Salles, le réalisateur de Central do Brasil et Carnets de voyage, en compétition officielle à Cannes, va sortir bientôt sur les écrans en France.





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