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Envoie-moi au ciel, Scotty : un polar de Michael Guinzburg
par Shoryuken le 13 Août 2007 dans Art et Culture / Livres
2 commentaires


Quand un droguĂ© part en croisade contre les dealers, ça donne un roman noir, sanglant et bourrĂ© d’humour…

Je m’appelle Ed et je suis un sale crĂ©tin alcoolique et droguĂ©.

C’est par ce laconique aveu que commence le roman de Michael Guinzburg, Envoie-moi au ciel, Scotty, publiĂ© en 1993. Ce bouquin, c’est l’histoire d’Ed, un mec que vous allez très vite aimer…

Ed, c’est un toxico sur le chemin du retour. Un mec qui avait tout et qui a tout perdu pour avoir trop sucĂ© la queue du diable et celle de Jack Daniel’s. Ed, c’est un mec qui a la rage pour s’en sortir mais ne trouve pas assez d’efficacitĂ© dans les dogmes de Drogues Dures Anonymes, le pendant pour toxicos de tous bords d’Alcooliques Anonymes. Ed, c’est un mec qui se dit qu’en fin de comptes, pour pouvoir se sevrer complètement du crack, il faut butter tous les dealers de New York City. Ed, c’est ce mec qui part donc Ă  l’assaut des zones gangrenĂ©es par Scotty – le crack, dans l’argot des junkies - avec son Glock et Natacha, son adorable mais fĂ©roce bull-terrier…

Seulement, on a beau d’appeler Ed, ĂŞtre baraquĂ©, ancien Marines et possĂ©der deux armes redoutables, on en reste pas moins vulnĂ©rable face Ă  l’appel de Scotty, de la coke et du bourbon, surtout quand on est clean que depuis peu. Heureusement pour lui, DDA est une putain de bouĂ©e de secours, une arche salvatrice pour droguĂ©s de toutes conditions et de tous âges. Il y trouve l’Ă©coute, les conseils et surtout l’amour dont il a besoin. On croise Ă  DDA toute une galerie de personnages hauts en couleurs : Myron, un ex clochard qui turbinait Ă  l’essence et qui n’attend que l’opĂ©ration qui fera de lui une femme ; Rachel, la boulimique sordidement accro au sexe ; Franck, le flic au langage de charretier suspendu pour ivrognerie et toxicomanie ; le père Bryan, cureton fraudeur dĂ©foncĂ© et buveur invĂ©tĂ©rĂ©…

Et l’assoce, Ed, il va en avoir sacrĂ©ment besoin, surtout quand il va se rendre compte que son passĂ©, auquel il se raccroche dĂ©sespĂ©rĂ©ment, fout le camp, que sa famille part elle aussi en vrille et qu’il commence Ă  ĂŞtre accro au meurtre…

Rien que l’histoire est gĂ©niale ! Mais ce qui la rend plus captivante encore, c’est le style lapidaire avec laquelle elle est racontĂ©e. Avec ce qu’il faut de mots, Guinzburg propulse le lecteur au cœur de Crack City, lui fait respirer la puanteur de ses rues crades avant de le rĂ©chauffer quelques instants dans la salle de rĂ©union de DDA pour mieux le trimballer un peu plus tard de bars Ă  streap-tease en shooteries, de chambres sordides d’hĂ´tels miteux en parcs craignos. C’est parfois glauque, un peu dĂ©gueulasse, mais toujours juste et foutrement drĂ´le – vivent le cynisme et l’humour noir !

Mais au-delĂ  de l’odyssĂ©e trash urbaine, Envoie-moi au ciel, Scotty est surtout une critique acide de la sociĂ©tĂ© amĂ©ricaine moderne. BouffĂ©e par la came Ă  tous les niveaux de l’Ă©chelle sociale - de Park Avenue aux bancs des parcs – elle prĂ©fère matter la vie des gens riches et cĂ©lèbres Ă  la tĂ©lĂ© plutĂ´t que d’ouvrir les yeux et voir que les laissĂ©s pour-compte prĂ©fèrent crever la dalle pour un Caillou d’EternitĂ©, que des gosses de dix piges font des pompiers Ă  des dealers et que des mères sont obligĂ©es de tapiner pour pouvoir nourrir leurs gamins.

Il y aurait encore Ă©normĂ©ment Ă  dire mais je prĂ©fère que vous le dĂ©couvriez par vous-mĂŞme alors je vais conclure ainsi : Guinzburg a signĂ© lĂ  un de ces livres que l’on dĂ©vore et en lesquels une part de nous se reconnaĂ®t immĂ©diatement – a fortiori si on est camĂ© ou pochtron. Alors faites-vous plaisir : lisez ce bouquin et envoyez-vous au ciel…





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