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Le mariage gay : évolution naturelle du mariage?
par jedi69 le 28 Juillet 2005 dans Art et Culture / Divers
6 commentaires


Le mariage, institution figée consacrant l'amour d'un homme pour une femme et creuset idéal pour l'enfant? Pas vraiment, un petit rappel historique...

Ca me fait doucement rigoler d'entendre ou de lire "depuis des millénaires le mariage a uni un homme et une femme dans le but de procréer" ou autres approximations et libertés avec la réalité historique du mariage, qui, loin d'être l'institution figée en laquelle certains aimeraient nous faire croire et tentent de conserver a subi une lente évolution vers ce qu'il est aujourd'hui et ce qu'il pourrat être demain en s'ouvrant aux couples de même sexe.

Revenons un instant sur l'histoire du mariage et son évolution au travers des siècles :

La première forme rencontrée du mariage nous vient de l'empire Romain. Elle légalise par le droit une vilaine habitude qui consistait à enlever de manière plus ou moins brutale la femme désirée. Les Romains mettront au point trois formes de mariages relativement moins barbares :

* mariage cum manu (avec la main), le père de famille transmet son autorité filiale au futur mari qui devient alors le tuteur de sa femme.
* mariage coemptio le père, dans cette union, opère une transaction commerciale avec son gendre.
* mariage confarreatio, celui-ci est réservé à l'aristocratie, et se pratique sine manu, c'est-à-dire sans passage de l'autorité du père au fils, ainsi, l'épouse peut conserver ses droits et ses biens.

Certes la femme n'est plus capturée par son futur mari, mais c'est encore un homme qui choisit sa destinée. Le mariage est donc dèjà historiquement une forme d'oppression de la femme et va le demeurer encore longtemps.

Les "justes noces", (justae nuptiae), seul mariage reconnu par le droit, était réservé aux "citoyens romains". Ceux qui n'avaient pas cette chance dépendaient de la juridiction de leur pays d'origine. S'ils épousaient une citoyenne romaine, leur mariage n'était pas reconnu par Rome.

Comme chez les Romains, la religion était omniprésente. Elle était également présente au moment du mariage : Il fallait s'assurer la protection d'une divinité pour célébrer le mariage. On consultait des augures (des prêtres) qui étaient chargés d'interpréter les signes.

Pour les esclaves, il existait une sorte de mariage, le contubernium, qui n'√©tait possible qu'avec l'assentiment du ma√ģtre. Cette union pouvait √©galement √™tre rompue par la seule volont√© du ma√ģtre et n'avait aucune valeur juridique.

Les choses évoluent doucement avec le christianisme qui va devenir la religion officielle de l'empire romain. Il devint uniquement un engagement mutuel, sans signatures ni écrits (contrairement à la Rome antique) avec une cérémonie. Ce qui posait, on s'en doute de sérieux problèmes, car l'existence du mariage pouvait être remise en cause, notamment par un des deux époux voulant retrouver sa liberté.

La femme n'est toujours pas beaucoup plus considérées dans ces formes d'union. Les mariages secrets et les enlèvements ne sont pas rares à cette époque (Guillaume le Conquérant, par exemple, enleva la belle Mathilde parce que celle-ci refusait son consentement, alors qu'il en était très amoureux.)

La montée en puissance du christianisme va réglementer un peu plus le mariage en interdisant d'une part l'inceste et d'autre part les mariages consanguins (au septièmes degrè dans un premier temps (1059) rapidement ramené au 4 ème en 1215, puis au 3ème en 1917). Ces mariages (consanguins) étaient courants dans l'aristocratie afin de ne pas émietter les terres.

C'est à cette époque également qu'apparaissent la publication des bans, pour éviter les mariages clandestins, et le mariage comme sacrement..Le consentement libre et public des époux est exigé. Un petit progrès dans les textes, qui empêche les enlèvements mais toujours pas les mariages arrangés. Car les mariages de l'époque sont toujours avant tout le mariage des familles et des patrimoines, et l'enfant n'est vu que comme héritier du nom et du patrimoine, pas comme la concrétisation de l'amour.

Ce n'est qu'au 16ème siècle (concile de Trente), qu'un mariage, pour être valable, devait être précédé de la publication des bans, et célébré devant un curé et des témoins. Les mariés devaient également signer un registre.
La cohabitation sans être mariés fut interdite. L'Eglise catholique avait, à cette époque, le monopole de la réglementation du mariage.

De plus, seul l'a√ģn√© peut pr√©tendre au mariage, ses fr√®res et soeurs connaissent des destin√©es qui les propulsent dans des couvents et autres monast√®res , ainsi que sur les champs de batailles.

Il faut attendre la révolution française pour que les choses changent en instaurant le mariage civil comme seul valable aux yeux de la loi. (Jusque là les mariages n'étaient que religieux).

Les citoyens peuvent contracter un mariage en pr√©sence d'un officier d'√©tat civil. Evidemment, l'autorit√© papale qui r√©gnait en ma√ģtre condamne cette nouveaut√© en 1880.

Lors de la Révolution Française et l'instauration du mariage civil, le célibat est considéré comme un grave manquement. Les révolutionnaires envisagent même de faire porter aux célibataires un costume distinctif complètement ridicule et avilissant.

Cependant, pendant plus d'un siècle encore, si les femmes du peuple pouvaient de se marier par amour, les femmes bourgeoises, nobles, ou de sang royal étaient considérées comme une monnaie d'échange, un moyen d'agrandir son territoire, sa fortune et d'assurer sa descendance.

Le mariage d'amour ne fera son apparition qu'avec la libération des femmes (assez récente).

Tout cela montre que le mariage a suivit une évolution progressive, monopole de l'Eglise et moyen d'asservissement des femmes et réservé à une élite, il est devenu civil et plus égalitaire (ouvert à tous (ou presque) le mariage de raison a laissé place au mariage d'amour, …).

C'est donc l'évolution naturelle du mariage qui nous conduit aujourd'hui à l'ouverture du mariage aux couples de même sexe au nom de l'égalité dans un certain nombre de pays (Le Belgique, les Pays-Bas, l'Espagne, le Canada). A quand la France?...




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