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La Guerre des mondes
par anchois-man le 31 Juillet 2005 dans Art et Culture / Ciné, DVD
27 commentaires


Ray Ferrier, un docker divorcé, récupère ses enfants pour le week-end. Un puissant orage éclate. Il assiste alors à un spectacle qui bouleversera à jamais sa vie...



Film américain - Fantastique, Drame
Titre original : War of the worlds
Année de production : 2004
Date de sortie : 06 Juillet 2005
RĂ©alisateur : par Steven Spielberg
Acteurs : Tom Cruise, Dakota Fanning, Justin Chatwin, Tim Robbins,...
Durée : 1h 56min.



Ray Ferrier est un docker divorcé et un père rien moins que parfait, qui n'entretient plus que des relations épisodiques avec son fils Robbie, 17 ans, et sa fille Rachel, 11 ans. Quelques minutes après que son ex-femme et l'époux de cette dernière lui ont confié la garde des enfants, un puissant orage éclate. Ray assiste alors à un spectacle qui bouleversera à jamais sa vie...

L’avis d’Anchois-Man :

Impressionnant. On ne ressort pas indemne de ces quasis 2h00 de « spectacle ». Catastrophe est le mot juste, non pas que le dernier Spielberg soit raté, bien au contraire c’est une réussite, mais parce que l’on assiste à la débâcle de l’humanité.



La Guerre des Mondes se focalise sur un personnage, Ray Ferrier, incarné par Tom Cruise, sorte de grand gamin d’environ la quarantaine, banlieusard, classe moyenne, divorcé, qui récupère ses enfants pour les week-ends, et qui ne sait pas trop quoi en faire dans ces moments là. Ray n’arrive pas à dialoguer avec son adolescent rebelle de fils, et à côté de ça il a sa gamine de dix ans (incarnée par Dakota Fanning) à l’air (trop) surdouée, et lui fait pratiquement de la psychanalyse en direct. Avant même que nous ne tombions dans la série « Notre belle famille » les martiens débarquent et nous font la grosse démolition massive, accompagnée par de superbes désintégrations d’humains en déroute. Va s’en suivre une fuite désespérée pour notre petit groupe familial, au milieu de milliers de réfugiés, où Ray devra affronter la menace martienne et une ville devenue hystérique, tout en étant obligé d’assumer son rôle de père.



Spielberg a réussi à récupérer les moments forts de Wells (la fuite sur le ferry, les mouvements de panique, la fascination des personnes pour ces objets venus de nulle part), en ajoutant et utilisant des éléments d’actualité. Il a adroitement « re-hypé » le film de George Pal. On peut difficilement ne pas dire que Spielberg ne transmet pas des messages politiques. Bien au contraire, à de nombreuses reprises il fait référence par l’intermédiaire des dialogues de ses personnages au « terroristes », à « la menace qui vient de l’Europe », « l’occupation Française en Algérie »… Des mots clés qui laissent songeurs sur la vision du monde par la population américaine…



Une façon nouvelle de symboliser la peur des dangereux étrangers qui viennent d’ailleurs, comme au temps de la guerre froide, la menace rouge. Spielberg pousse encore plus loin la terreur en positionnant sa caméra un niveau des yeux de son acteur principal, Tom Cruise, et filmant dans le style documentaire (comme « Il faut sauver le Soldat Ryan »). Le spectateur ressent ce que voit et vit Tom Cruise, l’immersion est totale, la peur aussi. On ressent aussi le sentiment de peur de masse, lors de l’exode de la population, la même angoisse, la même oppression que dans « La liste Schindler ». Rien à voir avec un film catastrophe à la Roland Emmerich, ce réalisateur qui pond des « Independance Day » nationalistes ou des « Jour d’Après » alter mondialistes accompagné de Chimene Badi qui hurle la fonte des glaces au pôle nord. Ce qui est bien avec Spielberg c’est qu’on ne tombe pas dans le cliché, dans l’événement attendu, on ne va pas voir le président des Etats-Unis monter dans un F-16 pour dégommer de l’OVNI, tout en chantant l'hymne national américain sur fond de bannière étoilée.



Spielberg dépeint une humanité qui s’en prend plein la gueule sans rien comprendre à ce qui lui arrive, la surprise est totale, imposant une sévère leçon d’humilité. Herbert George Wells, auteur du roman original, pourfendait déjà à son époque l’impérialisme britannique. Spielberg lui emboîte simplement le pas pour faire de l’anti-américanisme. Mais le film ne s’arrête pas là, juste histoire de dénoncer, il s’approche plus d’une étude sur le comportement des foules. Une analyser du comportement humain à grande échelle en condition de survie, au moment ou la civilisation s’envole, ou la panique s'empare des corps et des gens a priori normaux, et que ceux-ci retombent dans leurs instincts les plus primaires.



Et c’est là que « La Guerre des Mondes » se place dans une position assez bancale, entre le film de science-fiction et le film réaliste, deux catégories incompatibles. Dans un film de science-fiction ou de catastrophe vous avez habituellement la vue d’ensemble du volcan qui rentre en éruption, l’immeuble qui s’écroule, et un plan sur les gens qui regardent la scène en hurlant de terreur. Et bien Spielberg réussi le tour de force en rajoutant le réalisme, avec un résultat visuellement ahurissant à base de plans-séquences nerveux, de trente secondes à plusieurs minutes sans coupures, la caméra se frayant un chemin dans le chaos où chairs, pyrotechnie et pixels se mêlent inextricablement, en collant au personnage de Ray , afin de voir l’événement à travers sa propre expérience, donnant du même coups un fort apport émotionnel à l’ensemble du film. Ce qui donne un film frôlant le documentaire humain apocalyptique. Impressionnant de crédibilité.

A signaler : La sortie DVD française de « La Guerre des Mondes » est attendue pour Janvier 2006 au plus tôt, soit les six mois réglementaires après la sortie cinéma.

Note du film : 4/5




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