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Test DVD - GHOST IN THE SHELL 2 : INNOCENCE
par anchois-man le 30 Juillet 2005 dans Art et Culture / Ciné, DVD
commentaire


Batou est un cyborg vivant. Son corps entier a été fabriqué par l'homme. Seules lui restent des bribes de son cerveau et le souvenir d'une femme...



GHOST IN THE SHELL 2 : INNOCENCE



Date de sortie du film : 01 Décembre 2004
Date de sortie DVD : 08 juin 2005
Titre original : Innocence : Kôkaku kidôtai
Réalisateur : Mamoru Oshî
Acteurs : Akio Ôtsuka, Atsuko Tanaka, Kôichi Yamadera, Tamio Ôki, Yutaka Nakano, Naoto Takenaka
Editeur : Dreamworks - Zone 2
Durée : 1h35 env.
Bonus :
- Commentaire audio du réalisateur et du directeur de l’animation,
- Making-of du film,
- Bande-annonces



Batou est un cyborg vivant. Son corps entier a été fabriqué par l'homme. Seules lui restent des bribes de son cerveau et le souvenir d'une femme.
Dans un monde où la frontière entre humains et machines est devenue infiniment vague, les Humains ont oublié qu'ils sont humains. Voici la débauche du "fantôme" d'un homme solitaire qui néanmoins cherche à conserver son humanité.




L’image : Rhaaaaaaa !!! (désolé, c’est sorti tout seul) C’est beau ! Dés le début c’est … beau. L’animation est magnifique, le transfert sur DVD est impeccable, le moindre détail dans chaque plan surchargé d'éléments graphiques est rendu à la perfection.



Le son : C’est vraiment bien, on retrouve les thèmes principaux du premier Ghost In The Shell, mais retravaillé. On replonge dans l’ambiance sans problème. Les premières minutes surprennent par leur calme malgré quelques actions à l'écran. Ensuite la bande son se réveille soudainement et le spectacle sonore se montre renversant. A la moindre fusillade, bousculade, course poursuite, le caisson de basse se voit allégrement utilisé et la spatialisation des effets arrive à surprendre. Du beau travail.

L’interactivité : Pas de quoi casser deux pattes à un canard (pauvre bête). Le menu principal du DVD est animé, classique, et ses pages secondaires fixes et muettes. Note : La jaquette du DVD est moche que ce n’est pas possible, on dirait un manga de bas étages, c’est hyper dévalorisant.

Les bonus : Un commentaire audio sympathique et instructif, mais pas trop approfondi, le tout dans la bonne humeur. Un making-of bien mais vraiment trop court, je suis certain qu’ils auraient pu en dire plus sur la conception de ce film. Et vous pouvez pleurer toutes les larmes de votre corps devant le collector japonais 2-DVD, sans aucun sous-titre, qui ne sortira sans doute jamais en France.



Le film : Après les brumes d’Avalon, Mamoru Oshî nous sort la suite de Ghost in the shell, dans lequel il nous pose des questions sur le devenir de l’humanité. Propos abscons, beauté des images. Dilemme binaire qui ne pose aucun problème tant la puissance formelle balaye les scories narratives.
Par chance, le film ne s’adresse pas qu’aux fans du premier Ghost in the Shell qui pointait du doigt les dérives de la technologie sur l’homme. Innocence en est le prolongement même si en apparence il donne plus d’importance aux questionnements métaphysiques. Dans un monde d’apocalypse, les humains, les androïdes et les hybrides tentent de vivre en paix et en harmonie, mais le désordre est provoqué par des gainoïdes, poupées cyborg qui répondent aux frustrations sexuelles et se révoltent contre ceux qui les ont fabriqué avant de se suicider. Robotisation des humains, humanisation des robots, perte de l’innocence parce que plus rien n’est innocent…



Techniquement, c’est parfait (intégration 2D/3D impeccable). La formidable densité du nombre d’éléments visibles à l’écran donne un profondeur à l’histoire, qui la rend d’autant plus crédible. L’atmosphère étrange installée durablement autour des personnages met en valeur une enquête ténébreuse qui provoque des hypothèses hasardeuses et des conclusions insolites.
Innocence est un grand film d’animation très déroutant : subversif dans le fond, révolutionnaire sur la forme. Peu importe qu’on ne pige pas une seule ligne du jargon débité par les personnages : l’intérêt d’Innocence ne réside pas dans son scénario – emberlificoté et emberlificoteur – mais dans sa forme. A défaut d’être aisément déchiffrable, ce rébus hermétique renforce le trouble, la fascination parce qu’il dégage quelque chose de conceptuel, d’impalpable, de si proche et de si lointain.



En fin de compte on peut se passer de l’analyse et apprécier tout simplement le film pour ses qualités purement esthétiques. C’est préférable tant Innocence est un rêve avant d’être un film, une expérience sensorielle avant d’être un objet matériel, une œuvre qui n’a comme défense que sa beauté envoûtante et son mystère impénétrable. Personnellement dans le genre film cybernétique le film d’animation de Mamoru Oshî est plus captivant dans son scénario et son ambiance que tous Matrix réunis, tant sur le plan de la fable philosophique ultra pessimiste, tant que sur beauté plastique par instants hypnotisante de l’animation… Un bijou beau et fascinant.

Note du DVD : 4/5




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