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Sauvez les baleines : allez au cinéma !
par Shoryuken le 11 Octobre 2007 dans Art et Culture / Ciné, DVD
20 commentaires


Anti-chronique du film documentaire "Un Jour Sur Terre" d'Alastair Fothergill. Attention, spoilers !

Y’a des fois, on va au cinéma en se disant qu’on fera une bonne action. Par exemple, quand on va voir un film gore, on sponsorise la banque du sang. Quand on va voir un film français, on aide le tiers-monde. Et quand on va voir un film écolo, on file un coup de pouce à Dominique Voynet. Seulement y’a des fois où on se dit qu’après s’être fait enflé au cinéma, ben on a pas envie de se la jouer Mère Térésa. C’est ce qui s’est passé pour Un Jour Sur Terre, l’énième docu qui doit nous faire comprendre que notre planète va bientôt crever.

Vous savez tous à quoi ressemble un documentaire animalier ou axé sur la nature : on prend de belles images de bébés phoques dans l’immensité blanche de l’Arctique ou de baobabs s’élançant à l’assaut des cieux africains dans la lumière d’un soleil couchant et on nous parle de leurs caractéristiques. Ben c’est à peu près pareil ici, sauf qu’on a un pseudo fil conducteur : on part du Pôle Nord avec maman ours qui doit manger après deux mois d’hibernation sinon elle va clamser. Elle part chasser du phoque avec ses petits bébés ours qui la suivent en trottinant de façon trop kawaï. Mais maman ours est dans la merde : la banquise a foutu le camp et avec elle, les phoques. Résultat, elle risque bien de mourir. Et les bébés ours aussi. Coupure, image suivante. On débarque dans la taïga. On suit quelques trois millions d’élans qui vont en pèlerinage pour brouter la nouvelle herbe de je sais plus quelle région. Au passage, on montre un bébé élan qui se fait bouffer par un vilain loup. Re-coupure, re-plan suivant. Là, on s’éloigne encore davantage du pôle et on arrive en Namibie pour suivre les pérégrinations d’une bande d’éléphants. Tempête de sable, attaques de vilains lions et happy-end dans une flaque d’eau. Nouvelle coupure, nouvelle image. Ce coup-ci, on est en Equateur et on suit maman baleine et bébé baleine. Bébé baleine s’amuse dans les eaux chaudes mais maman baleine est inquiète : il faut quitter les eaux équatoriennes pour les immensités glaciales des mers du Sud. C’est parti pour un voyage de X milliers de bornes ! Je vous passe les zèbres, les piafs dans l’Himalaya, les dauphins ainsi que les gentilles otaries qui se font bouffer par le vilain requin blanc et j’en reviens au nounours polaire qui erre sur ce qui reste de banquise. La bestiole nage des heures durant avant d’aller s’échouer sur une plage caillouteuse peuplée de morses visiblement pas jouasses de voir arriver cette grosse boule de poils. Le quadrupède, affamé, essaie bien de croquer du morse mais ne parvient qu’à se ramasser des coups de défenses. Il s’allonge alors et meurt.

Rideau.

Voila, j’ai spoilé, je suis un salopard. Mais je le vis bien.

Le minimum pour un docu de ce type, c’est de nous en mettre plein les mirettes. A ce niveau là, c’est gagné pour Alastair Fothergill et ses collaborateurs. Faut dire qu’avec pas moins de quarante équipes de tournage réparties sur vingt et uns pays, on était en droit d’attendre du très grand ! Et on l’a eu ! Certaines prises de vues sont tout simplement époustouflantes et vous foutent littéralement la chair de poule tant c’est beau. Mais y’a un hic, et de taille : c’est répétitif et long. Le tout manque cruellement de dynamisme. On sait que la Terre est une superbe planète – et ça se vérifie encore ici – mais de là à se contenter d’une béate contemplation, je dis non. Non ! Le tout aurait gagné à être beaucoup plus énergique. Mais qu’on ne s’y trompe pas : ça reste très bon.


Deux gentils nounours, c'est jamais que deux pantoufles fourrées en devenir...

Le second point positif du film, c’est sa bande originale. Taillée sur mesure par un George Fenton en grande forme, celle-ci est massivement symphonique ( enregistrée par l'orchestre philharmonique de Berlin ) mais offre également quelques passages d’électro-pop finement arrangée et de pop éthérée absolument superbe. Mais là où elle est le meilleur, c’est dans les envolées lyriques. A tomber ! Je vais d’ailleurs me la procurer.

Ça, c’était les bons côtés du film. Les mauvais, c’est la narration en voix off et le ratage complet du message.

La narration en voix off est assurée, pour la version française, par Anggun. Mais si, souvenez vous ! Anggun, c’est cette jolie asiatique qui polluait les ondes radios il y a quelques années avec sa chanson De la neige au Sahara. Bref. Ici, elle plante à elle seule la moitié du film. Sa narration est monotone, amorphe et niaise comme pas possible. Le script, déjà foireux à la base, n’en sort pas vraiment pas grandi. Vous vous dites que c’est un détail mais quand vous devez supporter ses inepties pendant une heure trente, ça joue dans la balance.

Mais ce qui enterre vraiment le film, c’est le message. Ou plutôt l’absence de réel message. Pendant plus d’une heure on se fait bourrer le mou avec des "pauvre nounours, il meurt de faim" ou "pauvre éléphant, il lutte contre la tempête dans le désert". On se dit qu’au final on aura des réponses, des solutions pour empêcher les nounours de mourir. Ben non, que dalle. Le film, non content de sombrer bien souvent dans une vision absurde et manichéenne du règne animal ( les gentils animaux pour lesquels on a de la sympathie ( ours, élans, gazelles ) contre les vilains animaux qui tuent les gentils ( loups, requins, lions )) n’apporte rien au problème qu’il soulève sporadiquement ( réchauffement, fonte des glaciers… ). Un laïus moralisateur aurait été malvenu ( quoique… ) mais un peu plus d’engagement aurait donné au film l’intérêt qui lui fait cruellement défaut. Je comprends parfaitement le parti pris de ne se focaliser que sur la beauté des choses au détriment d’un discours alarmiste et effrayant mais se contenter d’images bien léchées c’est, à l’heure actuelle, insuffisant. Donc très gros ratage à ce niveau là.

Conclusion pour les feignasses qui n’ont pas lu ce qui précède : le film est une réussite visuelle, la bande son est magnifique mais le tout est mou, sottement contemplatif et n’amène fondamentalement rien aux problèmes écologiques que nous connaissons tous. Néanmoins, on s’émerveille des splendeurs de la nature et on se dit que, finalement, on devrait faire quelque chose pour préserver la planète. Il ne tient qu’à nous d’agir…

http://www.unjoursurterre-lefilm.com
http://www.greenpeace.org/france
http://www.savetheearth.org
http://www.wwf.fr




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