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Le Secret de Patriiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiick !!!!
par Shoryuken le 9 Octobre 2007 dans Art et Culture / Ciné, DVD
22 commentaires


Anti-chronique du film "Un Secret" de Claude Miller. Un film avec Patriiiiiiiiiiiick !!!

Il y a de cela bien longtemps, quand je n’étais qu’une gamine timide qui ne suçait encore que son pouce, j’avais une grande et unique passion dans la vie : Patriiiiiiiiiiiick ! J’avais tous ses albums, je découpais frénétiquement ses photos dans Jeune et Jolie, en remplissais des classeurs entiers, embrassais baveusement les posters de lui qui couvraient chaque centimètre carré de ma chambre. J’ai assisté à beaucoup de ses concerts, hurlant à m’en péter les cordes vocales et pleurant toutes les larmes de mon corps. C’était le temps béni de l’innocence, celui des idoles de papier et de l’amour inconditionnel.

Puis le temps a passé. J’ai grandi, évolué et changé.
Aujourd’hui, je baise en mattant des pornos gores et j’écoute du death metal.

Pourtant, une partie de moi reste attachée à ces souvenirs d’idiote à peine pubère. Comme s’il y avait en eux quelque chose d’éternel et de beau. C’est peut-être ce qui m’a poussé à aller voir le dernier film en date de Claude Miller qui met en scène la belle Cécile de France et un Patriiiiiiiiiiiick plus séduisant que jamais.

L’histoire, c’est celle de François et de sa famille. Enfant maigrelet et intimidé par un père qui ne voit pas en lui le fils parfait qu’il est, François s’invente un grand frère imaginaire, doué, beau, fort et camembert. Jusqu’au jour où, adolescent, il apprend la vérité sur sa famille et se rend compte que son imagination rejoint étrangement la réalité…

Je pourrais en dire davantage mais je préfère m’arrêter là et vous incite à ne pas lire de synopsis, sans quoi vous perdriez beaucoup de l’intérêt du film.


Je dis rien : je me suis casséééééééé la voiiiiiiiiiiiix

Si le bouquin de Philippe Grimbert dont est adapté le film a été – parait-il – un best seller, il n’est pas dit que le long-métrage connaitra le même succès. Et plusieurs raisons à cela.

La première, c’est la réalisation très « mou du gland » d’un Claude Miller visiblement apathique. Je ne connais pas toute la filmographie du bonhomme mais ce que j’ai vu de lui était autrement plus intéressant d’un point de vue purement esthétique : l’excellent et multi-césarisé Garde à Vue et les très bons Mortelle Randonnée et Betty Fisher. J’espérais retrouver ici la griffe qui faisait, en partie, l’intérêt de ces films : je n’ai trouvé qu’une mise en scène stérile, lente, faussement contemplative mais vraiment chiante. La photographie fait cruellement défaut, l’inertie de la caméra est agaçante ( je me suis plusieurs fois demandé si Miller n’était pas sous morphine quand il tournait ) et certains « leitmotivs » visuels sont tellement gros qu’ils en viennent à gâcher le film ( la propension à filmer à travers des vitres sales, des fenêtres, des miroirs ou encore ce jeu de regards fuyants ).


Et tu chantes, chantes, chantes, ce refrain qui te plait
Et tu tapes, tapes, tapes, c'est ta façon d'aimer …


La seconde, c’est l’histoire. Ou plutôt la façon dont elle est découpée et dont la trame est dévoilée. Je n’ai pas lu le livre de Grimbert. Je ne juge donc pas là-dessus. Ce que je critique ici, c’est le travail concernant le scénario et le développement de l’histoire. Donc pas la peine de m’envoyer de l’anthrax si vous avez adoré le livre et que vous n’appréciez pas le fait que je dise du mal se son passage en pellicule. Si la narration par temporalité est intéressante, elle est, à mon gout, trop hachée. On passe des années 80 aux années 30, puis début 40, avec un épisode dans les années 50 pour revenir 20 ans plutôt et retourner en 80. Non pas qu’on s’y perde mais ce côté « je vous balade dans le temps » est assez fatigant. Certains découpages n’ont pas lieu d’être et auraient gagné à être traités d’un seul coup, nous évitant ainsi plusieurs fausses ellipses temporelles. Autre détail important : la narration en voix off. Le texte est parfois beau ( musicalité, simplicité et éloquence des mots ) mais perd en saveur à cause de la lecture traînarde et peu convaincante d’un Mathieu Amalric pourtant bon. Dernier point, et pas des moindres : c’est long. Vraiment long. Miller semble se répéter, tarde à développer et dénouer une trame dont l’intérêt est trop rapidement éventé. Du coup, j’avais plus souvent le regard braqué sur ma Breitling que sur l’écran…


Patrick, c’est ton pistolet ou tu es simplement content de me voir ?

Y a-t-il quelque chose pour rattraper ce film ?, vous demandez-vous, fébrilement. Eh bien oui ! Deux choses : les acteurs et une partie de l’histoire.

Les acteurs principaux sont franchement bons, à commencer par Patriiiiiiiiiiiick qui campe un père de famille au caractère bien trempé mais blessé au plus profond de lui. Magnétique, beau, émouvant et surtout très convaincant, c’est sans doute sa prestation qui m’a laissé le meilleur souvenir. A ses côtés, il y a Cécile de France. Alors elle, je l’aime et je la déteste. Je l’aime parce qu’elle est belle, qu’elle joue bien et qu’elle me conforte dans l’idée qu’être lesbienne, c’est cool. Mais je la déteste parce que son potentiel n’est pas pleinement exploité ici – il manque cette petite étincelle pour tout faire péter – et surtout, je la déteste parce qu’elle ouvre ses cuisses pour Patriiiiiiiiiiiick ! C’aurait dû être moi, saloooooope ! Mais je me console en me disant que les très douées Julie Depardieu ( admirable ici dans un second rôle crucial ) et Ludivine Sagnier ( fragile et élégante beauté au jeu tout en retenue ) n’ont pas non plus couché avec Patriiiiiiiiiiiick – on se console comme on peut. Donc niveau acteurs, c’est foutrement bonnard !

L’histoire, enfin. Ou plutôt l’Histoire. Car c’est bien de cela qu’il s’agit ici. Le fameux secret que tente de percer François n’est en fait qu’un « prétexte » pour dépeindre l’ordinaire d’une famille qui se brise et se reconstruit petit à petit dans la tourmente des années 30 à 50. C’est là que réside à mon avis l’intérêt du film : brosser le portrait de gens simples confrontés à leurs propres passions, à leurs choix et à leur époque. Oublier ses racines, sa culture pour sauver sa vie ? Rester fidèle mais malheureux ? Se résigner ou agir ? Autant de questions intéressantes soulevées, sans doute trop brièvement, dans ce film. Il n’en demeure pas moins que cette peinture aborde de façon plus humaine l’une des périodes les plus sombres de l’Histoire et donne à voir et à réfléchir sur la condition de l’Homme en des temps difficiles.

Péchant cruellement par une réalisation des plus neurasthéniques, par des longueurs pas possibles et par l’absence d’une réelle bande-son, ce film ne doit son intérêt qu’à une brochette d’acteurs doués et une histoire assez captivante. On oubliera donc les invraisemblances, les erreurs, le temps perdu et on se dira qu’en fin de compte, c’était pas si mal…





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