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"Volver" de Pedro Almodóvar
par foliefurieuse le 26 Avril 2006 dans Art et Culture / Ciné, DVD
17 commentaires


Almodovar revient aux sources de ses premiers films des années 80 et début des années 90 avec "Volver" un film plein de couleurs et d'humour.

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En ces temps là j'étais à Madrid, avec ma sœur; on se promenait dans le centre, on rigolait, on faisait la fête et, un jour, un samedi, j'ai dû mal à me souvenir, je vois la magnifique affiche de "Volver" dans un arrêt de bus. Affiche d'ailleurs qui continue avec la trajectoire artistique des affiches des films à lui qui ressemblent à celui là, comme "Que he hecho yo para merecer esto?" ou "Mujeres al borde de un ataque de nervios". Ça me donnait déjà un très bon présage. J'ai pris ma sœur par le bras et je l'ai emmené prendre des entrées pour le soir même. Dans la même semaine, le vendredi, alors que j'étais déjà de retour à Compostela j'ai proposé a un ex de venir la revoir avec moi, et donc je l'ai déjà vu deux fois!

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Almodovar revient aux sources de ses premiers films des années 80 et début des 90 avec "Volver" donc, un film plein de couleurs et d'humour qui pourtant raconte l'histoire d'un tragique labyrinthe de romances entremêlées et compliquées du passé du personnage principal, Raimunda, incarné par Penelope Cruz.

Il reprend trois de ses actrices classiques. Carmen Maura (Irene), Penelope Cruz (Raimunda) et Chus Lampreave (la tante de Raimunda et soeur de Irene, mère de Raimunda.) Cette dernière (Chus) a un personnage très court mais c'est une claire référence à ses autres films protagonistes par le monde des femmes. Il incorpore aussi des nouveautés comme Blanca Portillo ou Lola Dueñas. Comme il est coutume chez ce grand directeur d'actrices, leur interprétation est sans failles même celle de la jeune Yohanna Cobo qui fait avec "Volver" un de ses premiers grands films.

"Volver", qui en espagnol signifie "Retour" n'est pas un titre quelconque. "Volver" vient après "Hable Con Ella" et "La Mala Educacion", deux films très axés sur le monde masculin, comme le plus vieux "La Ley del Deseo". Donc c'est d'abord un retour au thème du monde féminin comme on l'avait vu avec le récent "Todo sobre Mi Madre" ou "Mujeres al borde de un ataque de nervios" et tant d'autres. Le deuxième retour, est je pense le plus attendu de n'importe quel enthousiaste almodovarien. C'est le retour de la grande et unique CARMEN MAURA. Retour qui me parait pourtant aussi excitant que ce qui se laissait présager dans toutes les previews, critiques avant la sortie du film. Certes son personnage est important, mais notre belle Carmen n'apparait que dans la seconde moitié, et elle n'a pas tellement de dialogues comme j'attendais.

Et enfin, ce retour est aussi le retour d'Almodovar dans le monde de son enfance à Castilla-La-Mancha dans un village perdu au milieu de la sécheresse de cette zone de l'Espagne. Un retour dans le monde de sa famille qui selon lui a été une impulsion désespérée qui lui est survenue après la mort de sa mère qui l'a beaucoup marqué, c'et lui même qui l'a dit dans son journal de tournage.

Effectivement, ce film a un important composant autobiographique. Non pas dans l'histoire elle même, mais dans les personnages secondaires, et dans l'ensemble de la philosophie des personnages principaux inspirés de membres de sa famille.

Pour ce qui est de la mise en scène et mise en ambiance du village, c'est vraiment très bien réussi. C'est tel quel la réalité de ces villages paumés au milieu de l'Espagne, c'est brillamment exprimé dans le film. Les scènes d'enterrement, la peur des rumeurs chez les voisins, l'hypocrisie, tout ça est bien présent, toujours à la sauce Almodóvar, la sauce épicée et pleine d'humour, et de surprises.

Question dialogues/script pas de doute là dessus, on revient et en mieux, au sens de l'humour, aux expressions et même aux gestes(!) typiquement Almodovar. Les dialogues sont prenants et pleins d'humour et de détails frappants excellents à découvrir. (J'en profite pour dire que voir ce film en VF est un crime, et j'en profite pour crier haut et fort: NON AUX DOUBLAGES!! CINEMA=CULTURE remember?)

La photographie, elle, m'a vraiment surpris. La direction artistique est la meilleure de tous ses films. Surtout pour les extérieurs. Les intérieurs sont toujours au top chez Almodóvar et ça n'a pas changé. Il y a toujours le fameux jeu de montage avec les conversations téléphoniques (portrait + background kitch qui va avec les vêtements du personnage d'un coté du téléphone et pareil pour celui qui est de l'autre côté). Mais les extérieurs là il faut vraiment dire chapeau! C'est les meilleurs prises de vue extérieures, les meilleurs panoramiques de tous ses films: le désert de Castilla-La-Mancha, les éoliennes, tout est vraiment bien pris par la caméra, avec des couleurs travaillées et tout ce qu'il faut.

Finalement, on va parler (ou pas...) de l'histoire. Et vous vous demanderez bien sûr pourquoi je mets ceci à la fin. Normalement on met l'histoire au début, c'est plus normal, mais dans l'univers Almodovar, l'histoire du film c'est secondaire. Il ne faut pas faire attention à l'histoire d'abord, elle passe toute seule, il faut se concentrer sur d'autres choses. Chez Almodovar il faut repérer la gesticulation (qui est TOUJOURS la même dans tous ses films), les regards, l'usage des mots, les scènes par séparé, les expressions, repérer les petites surprises qui vous font sursauter à n'importe quel moment du film, même aux moments les plus sérieux ou plus dramatiques. J'ai toujours pensé et toujours dit, que on pourrait parfaitement enjoy seeing un film d'Almodóvar en pièces avant le montage. Il faut se laisser emporter par le charme. L'histoire je vais vous en dire deux mots juste, c'est un typique labyrinthe de romances d'histoires de famille typique chez lui. Mais je vous en dirais pas plus. Le film vient de sortir, et je ne vais pas vous priver la chance de le voir entièrement sans savoir déjà de quoi il parle exactement. Je vous le recommande, c'est un bon film, avec tout ce qu'il faut pour pouvoir rester 190 minutes envouté par les mots et les gestes de ces grandes actrices.

FF




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