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Pink Narcissus : un Film de James Bidgood (1971)
par captain le 7 Janvier 2006 dans Art et Culture / Ciné, DVD
6 commentaires


Une étrange fleur vient d’éclore dans les rayons dvd de vos supermarchés favoris…elle est rose avec une grosse tige !


Pink Narcissus est un film ultra-culte dans la communauté gay. Longtemps resté anonyme, l’auteur a été identifié près de trente ans après la sortie du film comme étant James Bidgwood.

C’est qui ce mec ?


Décorateur et costumier de Théatre à sa sortie d’une école d’art new-yorkaise, James Bidgwood devient dans les années 60 photographe pour des « Pictorials », ces magazines présentant des clichés de culturistes fort dévêtus, pour la plus grande joie des gays de l’époque pour qui les publications émoustillantes se comptaient sur les doigts d’une main (ce qui tombe bien vu que l’autre main était déjà occupée).

Cependant, alors que ses collègues se cantonnaient à photographier de jeunes musclés en minishort ultramoulants, James se démarque par ses mise en scènes féériques et nimbées de paillettes, stylisées et kitsch, inspirées des comédies musicales hollywoodiennes.
C’est bien simple : Pierre et Gilles lui on TOUT piqué.



De 1965 à 1970, Bidgood réalise de petits bouts de film, sans argent, dans son propre appartement, comme ça, pour la joie, c’est un hobby comme un autre et c’est pas plus con que de faire des napperons au crochet comme ma grand-mêre.
Sauf qu’à la difference de James, ma grand-mêre n’utilise pas la broderie au crochet pour mettre en scène ses fantasmes les plus fous !

En effet, le montage de tous les rushes réalisés pendant cinq ans a permis à James de sortir (anonymement) en 1971 son seul et unique long mêtrage, Pink Narcissus, le film dont au sujet duquel on cause, là.

C’est quoi ce film ?

Pour simplifier, nous dirons que James s’est trouvé une muse en la personne du jeune Bobby Kendall, un éphèbe de son entourage, qu’il nous montre sous tous angles pendant 70 minutes, dans une succession de tableaux chatoyants et psychédéliques.



Bobby est loin d’être moche, et l’on comprend l’obsession de Bidgood à son égard. Cependant, pour éviter au film de n’être qu’un long plan séquence sur la plastique du jeune modèle, Bidgood s’emploie à le métamorphoser en une succession de personnages bariolés et fétchistes : tour à tour toréro en culotte moulante, jeune paysan mexicain, esclave des mille et une nuits ou sultan oriental, gigolo ou homme d’affaires, Bobby Kendall reste l’éternel amant de lui-même puisqu’il joue pratiquement tous les rôles.

Et puis imaginez des décors truffés d’accessoires phalliques, de dorures kitsch, de pierres précieuses en plastique et de néons clignotants,
(et vous savez déjà tous comme je ne peux pas résister dès qu'on parle de trucs en plastique électriques lumineux et multicolores !)

Ajoutez à ça de ravissantes séquences d’animation image par image (mention spéciale à la scène où bobby fait l’amour avec un Papillon), des filtres colorés sur l’image, des superpositions et transparences et tout un tas d’effets visuels artisanaux, poétiques et bizarres,voire d’authentiques moments de surréalisme...qui ne sont pas sans évoquer certaines bandes de Kenneth Anger, de Stan Brakhage, ou de Norman McLaren pour les animations.

Mélangez le tout dans un shaker et vous obtiendrez un film fétichiste, complètement halluciné et d’un érotisme flamboyant (même si, je vous vois venir bande de vicelards, on ne voit somme toute que très peu de bicoulis à l’air libre…)


Le DVD est complété par un documentaire touchant et drôle ou une bande de folles d’âge mur évoquent avec humour leur découverte du film, et l’impact qu’il a eu sur leur vie et la culture gay en général.
James Bidgood lui-même apparaît dans ce supplément, en sympathique petit vieux tout ce qu’il y’a de plus honorable.

En conclusion, ce DVD est une véritable friandise pour l’œil si vous aimez le cinéma expérimental des années 60 (ou les jolis garçons en futal de lycra – voire les deux ).

Par contre,heu… Epileptiques s’abstenir !





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